21 septembre 2011

TGV sans ID


J’ai pris un Id TGV le week-end dernier.

Je déteste le concept d’Id TGV. Déjà parce que la SNCF essaie de nous faire croire que c’est un progrès de nous faire imprimer nous-mêmes nos billets. Ensuite parce que ce sont fondamentalement les mêmes TGV que n’importe quels autres. Sauf qu’on nous traite comme des débiles.

Ainsi quand vous prenez un Id TGV, vous devez passer entre deux contrôleurs qui vont « biper » votre ticket (que vous aurez donc eu l’obligeance d’imprimer chez vous, à vos frais, ou au bureau pour les plus finauds). Vous pourrez ainsi accéder à une sorte d’espace VIP, c’est-à-dire un bout de quai isolé du reste par un ruban. Pour ce que j’en ai compris, cette barrière symbolique a pour but de vous empêcher de discuter avec les amis qui auraient pu avoir l’idée folle de vous accompagner pour vous saluer, vous embrasser ou n’importe quelle autre activité terroriste. 

Bien entendu, cela permet également d’éviter cet incroyable débordement régulièrement observé : la montée de personnes non munies de billets, accompagnant leurs amis à l’intérieur du train au risque de rester coincées dans le wagon. Progrès incomparable, notamment pour les enfants voyageant seuls et condamnés par cette procédure salvatrice à se débrouiller avec leur valise de quatre-vingt-dix kilos.

Et enfin, le pompon, une fois à l’intérieur on vous sert par haut-parleur une incroyable diatribe vous exhortant à saluer votre voisin, car l’espace « Zap » est dédié à la convivialité. Vous êtes donc priés de deviser joyeusement avec vos compagnons d’infortune. Nul besoin de détailler à quel point cette suggestion est insultante (et délirante, car il ne suffit pas d’écrire « espace convivial » sur un wagon pour que la convivialité s’installe).

À noter que les malheureux ayant opté pour l’alternative, l’espace « Zen », sont pour leur part obligés de dormir et privés de discussion (là encore, on a l’impression que les concepteurs de la SNCF s’imaginent que les bibliothèques sont silencieuses parce qu’on a écrit « Silence » sur un panneau).

Seulement voilà, si vous êtes comme moi, quand vous réservez vos billets, vous n’avez encore aucune idée de l’état d’esprit dans lequel vous serez le jour de votre voyage : envie de dormir parce que la veille aura été dure ? Envie de papoter avec la jolie blonde d’à côté ? Qui peut le dire ? 

À l’arrivée, à quoi ressemble un wagon d’Id TGV ? À n’importe quel wagon de TGV. Des gens assis qui discutent comme s’ils étaient chez eux, d’autres qui essaient de dormir en s’appuyant sur les rares surfaces verticales disponibles, des jeunes qui s’assourdissent avec leur casque mal insonorisé et la moitié qui matent un épisode de Lost ou un fichier Excel sur leur ordi portable. 

Ah, si, les contrôleurs ne vous réveillent pas pour trouer votre billet. C’est vrai. Comme dans deux tiers des trains normaux.

Bref, l’Id TGV, c’est de la merde.

3 commentaires:

MageGaHell a dit…

Chaque fois que j'ai vu des wagon Id TGV, ils étaient en plus couplés à des wagon "normaux".
Le fait de devoir faire "biper" son billet pour pénétrer dans l'espace entre ruban de police génère évidemment un attroupement cocasse sur un quai exigu. Remarquez, c'est un peu le même devant l'unique poinçonneuse fonctionnelle du quai (celle qui vous demandera de retourner 63 fois votre billet pas IDTGV).
Bien évidemment, avec le sens de l'organisation célèbre de la SNCF, les wagon non-IDTGV sont après ceux IDTGV sur le quai (ça vous fait donc 2 agglomérats "d'usagers" à franchir si vous avez refuser d'être traité comme une colonie de vacance pour môme, ça vous apprendra).

Sur la naïveté de la SNCF, il y a également l'existence de voiture "silence" (j'ai vu ça en première), que rien ne distingue des autres, et les petits autocollant représentant des portables éteints/en train de dormir.
S'ajoute à ça (parfois), une annonce incitant les gens (qui n'écoutent pas, ils rangent leurs bagages) à passer leurs appels sur la "plateforme" entre les wagons.
Seul 0.1% des gens doivent réellement le faire. Et je dois être le seul à éteindre complétement mon téléphone dans un TGV (et au restaurant, et au cinéma,...).

Toujours est-il qu'en vieil aigris (parisien depuis trop longtemps en plus), je trouve les voyages en TGV de plus en plus agaçant. De plus en plus, je me laisse tenter par la bourgeoise première classe, dans l'espoir de voyager plus tranquillement au milieu de retraités, d'avoir une prise électrique pour mater de l'anime/de la série comme un gros geek et de pouvoir peut être déplier mes jambes. Bien évidemment, ce ne sont que de vaines illusions.

Oud a dit…

Euh.... moi j'ai pris l'idTGV le we dernier. Bon je ne le prends pas souvent.

Je suis d'accord c'est mesquin de nous faire imprimer ns-mêmes nos billets.

A part ça, je n'ai pas eu droit au ruban de police, les gens font du bruit comme un tgv normal classique. De préférence, si tu veux dormir, je recommande de prendre un place au niveau inférieur qui est moins passant vu qu'il y a systématiquement( des culs de sac. Le truc que j'ai apprécié, c'est qu'il y a avait un groupe sympa ds le wagon bar : 1 chanteuse, un guitariste et un percussionniste (avec une cagette sncf). C'est un petit plus que j'ai bien apprécié. Donc j'ai plut^to une bonne opinion de l'idtgv.

Neil a dit…

Toi, tu as pris le TGV Est, celui qui descend vers Lyon, Grenoble, Marseille... Mais les Id TGV n'ont pas forcément deux niveaux, loin de là.

Par contre, j'ai effectivement remarqué que ce TGV-là, celui à deux niveaux, bénéficiait d'un personnel réellement sympathique. Je l'ai pris souvent ces deux dernières années, les barmen sont polis, efficaces et souvent drôles, les chefs de cabine font leur boulot sans être trop soulants. Et d'après ce que tu dis, ils mettent même de la musique au wagon-bar maintenant.

En fait, j'ai vraiment l'impression que cette ligne-là a fait l'objet d'un brief intensif par la SNCF. Parce que sur Paris-Strasbourg, Paris-Bordeaux ou Paris-Limoges, c'est autre chose (là, je suis mesquin, Paris-Limoges, c'est pas un TGV ^_^).