05 octobre 2011

Magique, l'assemblée !

Il y a bien des lunes, j'ai participé à un fanzine. Ça s'appelait Bière & Bretzel, ça parlait de jeux de rôle et, comme 99 % des fanzines, ça a capoté au deuxième numéro. Pour ce second opus, qui ne vit jamais le jour, j'avais rédigé un article imaginaire sur une réunion de magiciens. Comme je viens de retrouver ce long texte que j'avais illustré, je vous le propose. Soyez indulgents, je n'étais pas encore journaliste professionnel, et c'était en 2003. Je pense que ça prendra bien trois notes, parce que c'est long... Vous pouvez toujours vous éclater à retrouver toutes les références, j'en ai mis des caisses.


MAGIQUE, L’ASSEMBLÉE !

Cette année, c’est dans un château isolé des contrées du Rêve, du côté du mont Kadiphonek, que s’est déroulée le Grand Convent des magiciens, sorcières et nécromants (GCMSN). Bravant la froideur hivernale (en janvier dans le coin, le mercure atteint gentiment les – 180 °C), notre vaillant reporter Neil, en sa qualité de mago piteux, est parti interviewer quelques-unes des grandes figures de cette noble corporation qu’il vaut mieux caresser dans le sens du poil.

La première chose qui surprend le néophyte est la majesté du château de l’hôte. L’architecte du lieu était probablement un grand rêveur (à ce niveau, on entre dans la maçonnerie onirique de pointe). Les envolées du bâtiment semblent défier toutes les lois de la physique, voire de la logique : sommet dix fois plus large que la base, tours se dressant dans tous les sens, donjons en pagaille (les sorciers aiment avoir LEUR donjon privé, même en déplacement), et c’est heureux : chacun a encore en mémoire l’incident de l’an dernier entre Saroumane le Blanc et Elric le Nécromancien, dont les dégâts ont par bonheur été limités à trois réalités alternatives entièrement annihilées.
Une fois à l’intérieur, on est saisi par l’atmosphère chaleureuse. Les magiciens sont trop souvent considérés comme d’austères praticiens peu enclins à quelque vie sociale que ce soit. C’est un tort : eux aussi aiment à se réunir et rire un peu entre potes de même condition. Notons d’ailleurs que cette année marque une évolution dans le cours de la GCMSN, avec l’invitation de jeunes éléments prometteurs, que l’on devine ravis de rencontrer leurs illustres aînés.

Après avoir laissé ma cape et mon bourdon (rappelons que la loi Grima de 1954 interdit le port du bâton dans les lieux publics) à l’elfe élémentaliste préposée au vestiaire (une charmante hôtesse portant un badge « Hi, my name is Deedo » et remplissant agréablement un T-shirt « I ♥ GCMSN »), je pénètre dans le cyclopéen hall du château, noir de monde. Magiciens, enchanteurs, élémentalistes, sourciers, mages, archimages, ultramages, sorcières, oracles, nécromants, invocateurs, révocateurs (au cas où les invocateurs boiraient un peu trop), prêtres (dans un coin, à part : on ne mélange pas les torchons et les serviettes) et même une liche, assez bien conservée pour son âge.

Les oreilles attentives, l’œil affûté, je guette les célébrités en m’avançant dans la foule. Chez les magiciens, les célébrités se distinguent par le caractère (mauvais), le chapeau (que personne n’ose leur demander d’ôter) et la cour d’obséquieux qui rampent alentour.
Progressant dans ce panier de crabes, j’intercepte quelques conversations : ici, une sorcière aux cheveux de feu raconte comment elle est parvenue, une fois, à détecter son propre groupe ; là, un mago compte le nombre de fois où il a transformé deux guerriers minables en une paire de bananes parlantes. Les collègues écoutent, amusés, intrigués, parfois admiratifs, parfois condescendants. Deux jeunes sorcières – une rouquine plutôt mignonne et une blonde plutôt boulotte –, vêtues comme l’as de pique, pouffent en évoquant une éventuelle utilisation personnelle du sort bananesque sur un certain « Xander ». Comme je m’approche d’elles pour leur demander ce qu’elles pensent de la soirée, je bouscule un grand personnage brun, demi-elfe, vêtu de noir et jaune et manifestement pété comme un coing. « Qu’ess’tu fous là, tâ, dégage avant que j’te fasse découper par mon drags ou boulotter par mes soldats… »
Je m’éloigne donc, reconnaissant l’archiprêtre de la Négation Wismerhill, réputé peu conciliant (et plus upgradé qu’un perso AD&D niveau 140), et m’approche du gros regroupement signalant invariablement à tous les connaisseurs de la chose événementielle la présence d’un buffet. Car quoi qu’on dise des magiciens, il est un fait rarement contesté : ils ne refusent jamais, au grand jamais un repas gratuit. Ils auraient même tendance à l’imposer. Je reconnais là une bonne partie (en fait, la totalité) du personnel enseignant de l’université de l’Invisible, y compris leur étrange mascotte simiesque et susceptible, pour l’heure très occupée à noyer dans le punch un imbécile l’ayant traitée de sin… d’anthropoïde. Une sorcière blonde essaie désespérément de le libérer des bras noueux de l’animal :
« Mais lâchez-le ! Il ne pensait pas ce qu’il disait, il est idiot… N’est-ce pas Jean-Pierre ?
— Oui, Samantha, glouglougloub… je suis idlougolougloug…
— Oook ! »

Pff, ces moldus ! Un peu plus loin, mais toujours au buffet (il est très grand, ce buffet ! La réception aurait coûté très cher si l’esclavage était interdit !), une chansonnette est reprise par plusieurs convives très en forme :
« Mais le hérisson, lui, ne s’fait jamais mettre… »
— Gytha Ogg, descends tout de suite de cette table ! Tu n’en as pas marre de te donner en spectacle ? »
Je m’approche pour découvrir, à l’épicentre de la joyeuse assemblée, trois sorcières, dont deux sur la table. La première est une dame un peu forte, que l’on devine plusieurs fois grand-mère, tenant un verre que l’on ne peut s’empêcher de trouver bizarrement plein et essayant vainement de se souvenir de la suite de la chanson. La deuxième, qui la soutient par le bras, est une jeune fille en tenue noir et rouge dont la très longue et très rousse chevelure est retenue par un bandana. Ajoutons qu’elle est manifestement aussi pintée que sa collègue. La troisième enfin, en bas de la table, les considère toutes deux d’un air sévère, tapant du pied.
« Oh, allez, Esmé, c’est pas tous les jours qu’on rigole ! Et puis, c’est agréable de voir que la jeunesse n’oublie pas les traditions ! », s’exclamait la grosse en désignant la plus jeune. La troisième, glaciale :
« Bien, excusez-nous mademoiselle Inverse, mais nous allons devoir partir. Je ne suis même pas sûre qu’elle tiendra sur son balai !
— Hé, non, Nounou Ogg, vous allez pas me laisser seule avec les sœurs Halliwel ? Elles sont pas drôles, elles savent même pas boire ! »

9 commentaires:

SammyDay a dit…

Pas mal du tout.

Jean-Pierre et Samantha, c'est les pies ki piaff, ou c'est une référence qui m'a échappée ?

Joli, le Tim Bombardier.

Neil a dit…

Merci :-)
Je ne connaissais pas les Pies Ki Piaff, j'ai écouté la chanson, je n'arrive pas à comprendre pourquoi ils y citent Samantha et Jean-Pierre, mais ils ont sûrement la même référence que moi (que tu dois avoir aussi, mais je laisse planer le doute).

J'ai fait un Tim Bombardier moi ? Je crois pas, il n'y a que deux références à ASP Explorer dans les dessins, ses deux magiciens les plus connus.

Allez, un dessin offert à qui trouvera toutes les références.

Sam a dit…

OK je me lance (image 1):

Mélusine
Le grand stroumph
Le pingouin
Folken d'Escaflowne
Gargamel
orko
Baba la voyante (Dragonball)
Dr Strange (de dos?)
Je ne sais quelle version du roi des singes du "voyage en Occident" qui a inspiré Dragonball

Sam a dit…

Toujours image1, le vieux au centre: Dallben dans (Taram et le chaudron magique)!

Sam a dit…

Image 2:
Rincevent et le Bagage
Un esprit de Princesse Mononoke
Le chat d'Alice
Gillian le magicien (Jayce et les Conquérants de la lumière)

SammyDay a dit…

Bon alors Samantha et Jean-Pierre, c'est plus clair dans cet ordre-là (j'ai quand même pas mal honte... Ça doit être un coup d'Endora).

Et quand au Tim Bombardier, j'ai mélangé le gob d'Asp et l'enchanteur du Sacré Graal. Donc tu as bien fait un Tim l'enchanteur (dessin 2).

Et pour compléter Sam :
dessin 1 (de gauche à droite) :
-Maléfique
-Dr Strange
-le Grand Schtroumpf
-Sun Wukong
-Baba donc
-Gigi !
-Folken
-le magicien de Taram et le chaudron magique : Dallben
-Mélusine
-Le pingouin
-Morgoth (évidemment)
-Orko

SammyDay a dit…

Et pour le dessin 2 :
- Tim l'enchanteur et la bête de Caerbanog
-Le Fourreux (la quête de l'oiseau du temps)
-un Moumine ?
-Falzar
-Le chat de Chester
-Rincevent et son bagage (qui poursuit Clochette ?)
-Miss Tick
-Gillian
-Sook ?
-Nounou Ogg

Me manquent les deux du bas...

Neil a dit…

Pas mal du tout.
Bon, le Moumine est en fait un Chibi Totoro, mais à part ça c'est presque tout bon. Sauf le Pingouin, qui n'aurait rien à faire dans une convention de magiciens, et effectivement il manque les "deux du bas".
Mais bien joué.

SammyDay a dit…

Et évidemment tu ne donneras pas la solution...