03 février 2016

Angoulême 2016 : BD, réveils et pancakes






Vu que je suis resté quatre jours à Angoulême, j’ai réussi à faire quasiment toutes les expos (y compris quelques-unes du off, dont je ne parlerai pas mais qui étaient très cools).
 
Expo Morris
Morris, c’est le créateur de Lucky Luke, un grand de la BD franco-belge bien connu du grand public qui connaissait les honneurs d’une exposition au Musée de la BD. Une expo simple, mais plutôt cool, qui mettait l’accent sur les spécificités du graphisme de l’auteur, notamment sa gestion originale des couleurs. Et puis dans le fond, y avait un écran qui passait des extraits des films, notamment La Ballade des Dalton, et j’adore cette chanson !


Expo Last Man
La série Last Man connaît un succès mérité : en gros, Bastien Vivès et ses potes se sont dit que c’était pas parce qu’ils étaient pas japonais qu’ils ne pouvaient pas faire un shonen, et le résultat est diablement efficace. Là encore, expo simple mais de qualité avec un Aldana grandeur nature magnifique, des designs magnifiques (ben, c'est du Vivès aussi !), des faux documentaires sur l’équipe en mode téléréalité et une zone carrément dans le noir, où on éclaire les éléments exposés à la lampe-torche.


Expo Jean-Christophe Menu
Quand on cite les auteurs publiés par L’Association, on commence en général par Sfar et Trondheim, on continue gentiment avec Satrapi, Sattouf ou Blutch, et on oublie le fondateur et l’un des plus jusqu’au-boutiste de la bande : J.-C. Menu. J’ai déjà vu le gaillard en conférence, c’est un furieux, un vrai, un pur, un qui aime l’écriture sous contrainte et exècre les compromis. Au point de se couper d’une immense partie du public avec ses positions radicales sur l'art séquentiel. L’exposition est à sa hauteur : forte, dérangeante et, au final, un peu triste.

Expo Interduck
Drôle de dispositif au Musée d’Angoulême : au 1er étage, une salle a été remplie de parodies de peintures classiques (de Dürer à Kandinsky, en passant par Léonard de Vinci ou Van Gogh) dont les protagonistes ont été remplacés par des canards à la Carl Barks… mais ce n’est qu’une partie de l’exposition. Les autres salles du musée ont été truffées de petits éléments canardesques, des fragments de poteries grecques, des peintures rupestres, des masques canaques, des sculptures égyptiennes… ça devrait être ridicule, et au final c’est plutôt cool. L’expo reste quelques mois, si vous passez par Angoulême allez y faire un tour.


Expo Shapereader
Étrange exposition fondée sur un concept sans doute génial mais incompréhensible pour moi : faire appréhender la bande dessinée aux non-voyants. Pour ce faire, les créateurs ont développé tout un « alphabet » en relief évoquant des sentiments, des sensations, des concepts (haine, tendresse, fleur…) et leur juxtaposition (avec du Braille pour les textes) permettent de reconstituer dans l’esprit les sensations esthétiques de la BD… intéressant, mais je ne suis franchement pas convaincu.


Expo Hugo Pratt
On ne présente plus l’auteur de Corto Maltese, chef-d’œuvre incomparable du neuvième art. L’expo était très belle, et très bondée. J’en retiens surtout cette incroyable citation d’Umberto Eco : « Quand je veux me détendre, je lis un essai d'Engels. Mais quand je veux m’engager, je lis Corto Maltese. »


Expo Mutants
Le musée du Papier accueillait une expo tout entière consacrée aux Mutants, album de Pauline Aubry qui évoque l’adolescence (rien à voir avec les X-Men !). L’adolescence de son auteure (née au début des années 1980), et l’adolescence en général, et ça semble très très bon. Je le lirai, à l’occasion…


Expo Otomo
Le président d’honneur de cette année, c’était Katsuhiro Otomo, créateur du mythique Akira qui a chamboulé la vision du manga et de l’animation de ma génération dans les années 1990. Cette expo était composée de 42 (42 ? Oui, 42 ; rien à voir) hommages d’auteurs plus ou moins français à Otomo, certains magnifiques (aaah, la fille à poil de Ledroit, aucun lien avec Akira mais elle est bien à poil), certains plus conventionnels (beaucoup de Kaneda à moto), tous déférents envers l’œuvre originale.


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