24 février 2016

Tribute to... Umberto Eco

Je l'ai croisé une fois, dans les rues de Paris. Juste croisé, par hasard.
Non, ça n'a aucune importance, mais bon, c'est vrai.

Je n’ai pas lu grand-chose d’Umberto Eco : quelques extraits de Comment voyager avec un saumon (qu’il faudra bien que je parcoure en entier un jour) et Le Nom de la rose. Ce n’est qu’en y repensant ce week-end, en apprenant son décès entre deux parts de cake bisontin, que j’ai réalisé à quel point ce dernier ouvrage m’avait marqué. 

Le Nom de la rose est un roman. C’est une sorte de polar qui prend place dans une abbaye du XIVe siècle. Un duo de moines franciscains arrive pour enquêter sur la mort d’un des bénédictins qui tient le lieu. Je me souviens avoir parcouru l’ouvrage avec appétit. D’une part parce que l’intrigue tient en haleine, et d’autre part parce que j’avais vraiment l’impression que l’auteur qui me racontait cette histoire était plus intelligent que moi, mais essayait de me tirer vers le haut. 

Alors oui, c'est aussi un excellent film de Jean-Jacques Annaud, que je vous conseille vivement
si la lecture vous rebute. Mais le roman est évidemment beaucoup plus puissant,
puisqu'il traite les thématiques bien plus en profondeur.


Le livre est pétri d’érudition, il parle de religion, de société, de philosophie, de science, d’histoire, et il en parle de manière approfondie, savante, mais sans jamais essayer de vous perdre. Je ne dis pas qu’il est facile à lire : il y a des pages entières en latin que j’ai évidemment sautées… mais elles ne m’ont pas découragé, et leur éviction n’a pas gâché ma lecture. 
Arrivé à la fin du bouquin, j’avais la sensation magique d’être plus grand, plus cultivé, peut-être même plus intelligent. La sensation d’avoir un peu progressé dans ma vie d’être humain. 

Ils ne sont pas si nombreux, les auteurs qui m’ont fait ressentir ça. Comme ça, je citerais Alan Moore, avec son From Hell qui trace un portrait complet et exhaustif de la société anglaise du XIXe siècle à partir d’un simple fait divers. Terry Pratchett, sans doute. Et je n’en vois pas d’autres. 
Eco, tout comme Moore, c’est un auteur qui ne vous prend pas pour un acheteur de livre, mais pour un lecteur. 

Au revoir, monsieur Eco. Vous n’êtes pas encore mort pour moi, car je compte bien vous relire un jour.

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