18 mars 2016

Le donjon pas de Naheulbeuk



 En ce moment, je relis Donjon, de Sfar et Trondheim... parce qu'il n'y a pas de raisons, Donjon c'est vachement bien. 
Si par hasard vous ne connaissez pas, Donjon est une série d'heroic-fantasy assez atypique sur plusieurs points, le principal étant qu'elle s'étale sur cinq sous-séries :
- Donjon Zénith, l'histoire principale, qui raconte l'apogée du donjon (dessiné par Lewis Trondheim, puis Boulet),
- Donjon Potron-Minet, qui raconte les origines du donjon (dessiné par Christophe Blain, puis Christophe Gaultier),
- Donjon Crépuscule, qui raconte la fin du donjon (dessiné par Joann Sfar, puis Kerascoët),
- Donjon Parade, qui raconte des histoires rigolotes du donjon (dessiné par Manu Larcenet),
- Donjon Monsters, qui raconte des histoires sur des personnages secondaires de l'univers du donjon (dessiné par un invité différent à chaque album).

Bon, quant à savoir ce qu'est ledit donjon, je vous encourage à lire la BD, en commençant par où vous voulez. 
Mais un truc me gênouille aux entournures...
Prenons un épisode au hasard, tiens, Les Profondeurs (Donjon Monsters n° 9) :

Je n'ai peut-être pas assez insisté dessus, mais les dessinateurs des "Monsters" sont souvent au top de leur art.
Ici, une couverture magnifique de Killoffer...

Cette histoire commence dans la chambre d'une gamine de treize-quatorze ans, qui est au téléphone avec sa meilleure amie (en gros, hein). Elles parlent de bal, de petit copain, tout ça. Puis des soldats débarquent et massacrent les parents de la gamine. Elle en réchappe de peu en se faisant passer pour un des soldats, et comprend que leur maison a été confondue avec celle de sa copine. Elle les suit et, pour sauver les apparences, est contrainte d'exécuter sa meilleure amie (qui était en train de se faire violer par un des soldats).
S'ensuit une aventure moyennement échevelée où notre héroïne va endurer toutes sortes de supplices, apprendre à se comporter en soldat, finir par intégrer, voire prendre goût aux règles de la guerre, le tout dans une ambiance absolument pas rigolote.
Du coup ça me fait un peu bizarre de voir l'album dans les rayons "Jeunesse" de la Fnouc, et de voir sur son verso cette magnifique pastille :

Viols, meurtres et guerres : trop lol de rire !
Ne nous méprenons pas, hein, Donjon, c'est super bien, et Les Profondeurs (magnifiquement dessiné par Killoffer) est un excellent album. Mais bon sang que cette série est glauque ! 
Je me souviens être tombé sur ce même album chez un gamin d'une dizaine d'années à qui je donnais des cours de math. Sérieusement, lisez de temps en temps ce que vous acheter à vos gosses, et parlez-en avec eux !

2 commentaires:

SammyDay a dit…

C'est d'ailleurs assez bizarre que le dessin et l'histoire soient aussi décalés - autant l'histoire aurait toute sa place en deuxième partie de soirée, autant le dessin rappelle les émissions de jeunesse du samedi matin.

Ça doit être pour cela que je n'ai pas accroché plus que ça (ça et le bazar intégral pour comprendre les liens entre les personnages).

Neil a dit…

Si Sfar et Trondheim a prouvé une chose, c'est que le style de dessin et l'intrigue peuvent être totalement décorrélés. Ce décalage entre les deux est une des forces de la série, qu'on retrouve d'ailleurs dans Lapinot, autre série phare de Trondheim (je la relis aussi en ce moment, c'est dingue comme c'est à la fois très marqué "années 1990-2000", et en même temps très actuel).