08 avril 2016

On s'inquiète vraiment pour rien...


Tout est une question de point de vue, comme l'affirmait le philosophe Obi-Wan Kenobi.

Si on estime que nos gouvernants actuels sont honnêtes, sincères et veulent le bien du peuple qui les a élus (ce qui serait bien la moindre des choses), on peut, en tordant les événements, en s'autoconvainquant très fort, parvenir à leur porter du crédit. Peut-être pensent-ils sincèrement que le chômage peut être vaincu, qu'une loi détricotant le droit du travail va favoriser l'emploi, que la hausse de la croissance ainsi induite (peut-être) se répercutera sur les masses, par la grâce de la main invisible du capitalisme, comme ils estiment apparemment qu'elle le fait depuis trente ans (il faut quand même se mettre tous les doigts dans les deux yeux pour parvenir à voir ça comme une logique de gauche).

Si on estime que ce sont des charlots pas beaucoup plus malins que nous, juste bien nés et ayant fait les bonnes écoles, qui tentent de préserver leurs privilèges, les événements actuels prennent un tout autre sens. Il est presque amusant de les voir courir partout en criant au loup de tous côtés, pour détourner l'attention de ce qui focalise celle de leurs concitoyens.

Il me semble que la bande à François commence à réaliser que le mouvement actuel n'est pas une vaguelette. Il me semble que ça commence à leur faire peur : la preuve, ils ont déjà mis en branle l'attirail classique de diversion : on cherche des boucs émissaires (voir les discours délirants de Manuel Valls qui s'est soudain mis en tête que tout vient des salafistes – vous pouvez traduire "des Arabes", hein, c'est le but), on appelle aux débats stériles (voir Laurence Rossignol qui annonce benoitement qu'elle va résoudre le problème de la prostitution en l'interdisant), les dirigeants suggèrent aux gens qu'il est néfaste de réfléchir et qu'il vaut mieux leur faire confiance (voir les délires hallucinants niant l'intérêt de la sociologie et des sciences humaines en général)... 

Ils sont aux abois. C'est plutôt une bonne nouvelle.

1 commentaire:

Victor von Jul a dit…

Aux abois, vraiment ? A mon avis, les Panama Papers et choses dans ce genre leur font bien plus peur qu'un sitting (ou standing) improvisé place de la République. Ca peut peut-être changer (et ça doit changer, d'une façon ou d'une autre) mais voir les politiques "aux abois", je trouve que c'est un peu s'avancer. Interloqués, oui, perplexes, sûrement. Aux abois ? Pas encore, non.