29 juin 2016

La promenade des Anglais




La semaine dernière, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne a choisi de quitter l'Union européenne.

Ça faisait un bail que ça couvait, mais apparemment ça a surpris tout le monde. J'ai été assez étonné de voir les réactions d'ébahissement, de tristesse, de déception… Je ne mesure sans doute pas bien l'ampleur du geste.

Pourtant, en ce moment, il me semble que la France et plus largement le monde occidental sont dans une phase de transition : les nouvelles technologies de partage de l’information permettent désormais au peuple d’être de plus en plus au fait de comment fonctionne le monde. Pour tous les partisans du droit des peuples à décider de leur avenir, c'est un moment extraordinaire.

Le peuple a accès au savoir critique. Réalisez bien : c'est V pour Vendetta en vrai ! En mieux même, puisque ce n’est pas d’un individu isolé et surhumain que vient la libération mais d’une technologie impersonnelle, et par là-même du peuple lui-même. 
Internet a libéré l'information, pour le meilleur et pour le pire. Désormais, on peut s'attendre à tout. De nouveaux concepts vont émerger, de nouvelles communautés vont voir le jour, des communautés d'idées et non fondées sur un principe arbitraire du genre couleur de peau ou lieu de naissance. Désormais, on peut parler de tout, se renseigner sur tout, se former sur tout.
Et c’est dans ce contexte que les Britanniques ont décidé de quitter l'Europe. Je ne suis pas un expert du sujet européen, loin s’en faut. Mais pour ce que j’en vois, il me semble que l'UE et sa gestion sont, a minima, extrêmement discutables. Et qu’elles ne le sont guère, discutées. Et quand on essaie de remettre un peu de démocratie là-dedans, quand on demande son avis au peuple concernant l’Europe et que celui-ci a l’audace de ne pas être d’accord avec les dirigeants, on roule son avis en une petite boulette de papier et on fait comme si on ne lui avait rien demandé. C’est à peine une métaphore, et ceux qui se souviennent du traité de Lisbonne savent comment ces affaires se passent.

Donc je ne trouve pas inintéressant qu'un des peuples de l'Union ait décidé de la quitter. Le Brexit pourrait bien enfin lancer dans tous les États membres le débat populaire sur l’Europe qui fait tant défaut. L’Europe est comme beaucoup de choses : une grande idée, capable du pire comme du meilleur. Pour l’instant, elle ne respire pas la réussite. Je suis curieux de voir la suite.

Quant aux Anglais, ils ont perdu Terry Pratchett et n'en sont pas morts : j'estime donc qu'ils sont indestructibles.

2 commentaires:

Sam a dit…

D'après les retours qu'on en a en France, il semblerait que la population connue pour s'informer par les médias modernes (les citadins et les jeunes) aient votés à + de 60% pour le "remain". La réaction de l'Europe ne correspond pas à ton dessin, c'est plutôt: "bon courage et n'espérer pas profiter du marché commun sans les obligations en termes de régulations qu'il impose", voire: "on va enfin pouvoir avancer maintenant que vous n'êtes plus là pour nous bloquer, ciao"

Sam a dit…

Ouch il faut vraiment que je me relise avant de publier...