19 mai 2017

En marche (mais dans quel sens ?)

Bon, ça y est, la pression est un peu retombée après cette campagne présidentielle complètement folle (mais sans doute la plus intéressante depuis longtemps, vu qu'elle a vu l'ancien système imploser et une foultitude de gens s'intéresser à la politique), on peut commencer à regarder l'avenir.

L'avenir, à court terme, c'est donc Emmanuel Macron, homme "ni de droite ni de gauche", donc de droite, fermement ancré dans la logique capitaliste très libérale qui fait tant de bien à notre pays et au monde en général depuis quelques décennies maintenant.

Qu'est-ce que ça va donner ? Sincèrement, je n'en sais rien, mais je ne suis pas super enthousiaste. Il annonce plein de réformes qui auront essentiellement pour but de flinguer le droit du travail, ce qui me semble discutable sur le fond comme sur la forme. Surtout qu'il assume totalement vouloir passer les lois rapidos et discrétos pendant l'été, quand personne n'est là pour râler, sur le mode "oui oui, on sait que personne n'en veut, mais bon, eh, si les gens savaient ce qui est bon pour eux, ils auraient pas voté pour nous, hein ?" Une candeur qui force l'admiration.

Je vois tout de même une raison d'être optimiste : Macron est jeune. Je ne fais pas de jeunisme aveugle, hein, mais en tant que tel, il semble notamment assez éloigné des obsessions facho-racistes des générations précédentes. Macron pense en homme d'affaires, il croit au rêve américain (quand bien même les Américains eux-mêmes n'y croient plus), au self-made-man... En ce sens, il semble moins enclin que les autres à considérer tout individu vaguement bronzé comme un fainéant congénital voleur de travail. 

En clair, le nouveau président ne va peut-être (peut-être) pas forcément sombrer dans les excès sécurito-islamophobes délirants des Sarkozy, Hortefeux, Valls et consort. Certes, les conditions de vie des banlieusards ne vont sûrement pas s'améliorer (pour les raisons économiques sus-citées), mais au moins seront-ils peut-être (peut-être !) moins pointés dans les médias comme les ignobles ennemis de la Belle Nation Française.
Et du coup, si pendant cinq ans on arrête d'expliquer en permanence aux électeurs que tous leurs malheurs viennent de l'existence de personnes à la peau un peu plus brune (comme c'est le cas quasi officiellement depuis 2002, arrivée de Sarko au gouvernement), peut-être bien qu'ils arrêteront de le croire et seront moins enclins à voter FN la prochaine fois. Peut-être !!!

C'est un maigre espoir. Mais bon, on n'en a pas des masses non plus, hein...

1 commentaire:

SammyDay a dit…

Je serais également pessimiste après juin - on sait jamais.