29 novembre 2017

L'Antarctique, c'est chic

La semaine dernière, j'ai joué à Conarium, un titre qui certes se prête aux jeux de mot subtils, mais qui fait surtout référence au « conarion », autre nom de la glande pinéale, un bout de cerveau qui fut un temps considéré comme le siège de l'âme (et qui ressemble un peu à une pomme de pin, d'où son nom).

Je vous ai dit que c'était en vue à la première personne ? Ben c'est en vue à la première personne.


En gros, Conarium est un walking simulator lovecraftien. Au début on pense qu'on va avoir peur, mais en fait c'est surtout une balade narrative vaguement angoissante, avec quelques énigmes pas bien méchantes (ou parfois juste incompréhensibles, mais bon, « si vous n'avez pas la solution, Internet l'a »), dans des ruines sous la surface de l'Antarctique. Et si vous connaissez un peu l'univers de Lovecraft, vous savez ce qu'on trouve sous la surface antarctique. 

Tadaaaaa !!! Les Elder Things, toujours dans les bons coups.


Alors d'accord, vous allez me dire : « Ça fait pas peur, ça surprend pas puisque ça parle de trucs que tous les fans connaissent (et ce sont sans doute surtout des fans de Lovecraft qui joueront à ce jeu), c'est quoi l'intérêt ? »
Eh bien c'est tout con, mais ce jeu est magnifique ! La direction artistique est somptueuse. Lovecraft a souvent inspiré les designers, mais la petite équipe turque de Zoetrope s'est déchaînée et nous offre une des visions les plus inspirées que j'aie jamais vue, en particulier pour tout ce qui concerne l'architecture des Elder Things (les « Choses Très Anciennes » dans la langue de Gilles Roussel). 
On retrouve là brillamment illustré un leitmotiv des textes de HPL : l'effet sidérant de l'ampleur de l'architecture cyclopéenne, des sculptures difformes, des caractères cryptiques relatant sans doute d'anciennes et hideuses prophéties (ou la recette de la Bouillabaisse Très Ancienne, hein, en fait on n'en sait rien)... c'est beau, peut-être un poil long ('paraît qu'il se finit en quatre heures, perso j'en ai mis sept, mais bon...) et sincère dans son objectif (et je ne pense pas me tromper en imaginant que les développeurs ont déjà joué à The Secret World). 

Après, c'est quand même à réserver aux fans de Howard Phillips. Mais si vous voulez découvrir cette ambiance mi-effrayante, mi-merveilleuse, c'est un bon point d'entrée.


J'ai pas de race alors je remets une vieille image que tout le monde a oubliée.

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