28 mars 2016

Chronique du monde secret : le prix de la magie



Zaha, la sorcière romani.


Si The Secret World s’intitule ainsi, c’est qu’il vous propose de découvrir un monde secret, tout de mystères, de complots et de magie. Or, la magie, votre personnage l’emploie à tours de bras : vous êtes un élu de Gaïa, et votre immortalité est assumée par le scénario du jeu. 
Les PNJ que vous croisez, en revanche, sont souvent de simples mortels qui ont du mal à maîtriser le moindre sort. En Transylvanie, près du village d’Harbabureşti, assiégé par les vampires, vous croiserez Zaha. Bien que jeune, cette Romanichelle est la sorcière du clan des Drăculeşti. Elle vit à l’écart de son peuple, préférant l’observation réfléchie et le calme de la solitude à l’action musclée. De son ton désabusé mais résolu, elle vous parlera de plusieurs choses, et parmi ces choses elle parlera de la magie. Et de son coût.



C’est dans ces moments que ce jeu prend toute sa puissance : pour vous faire saisir le prix de la magie, Zaha vous propose une mission bien spéciale (on le sait parce qu’elle rapporte la bagatelle d’un million de points d’expérience, ce qui est beaucoup). Une mission dite « de sabotage », c’est-à-dire d’infiltration : il ne s’agit pas ici de tuer les ennemis mais de les éviter, eux et les obstacles (mines, pièges…).  

En l’occurrence, Zaha vous propose d’exécuter un rituel bien spécifique, et pour cela vous demande de trouver quatre ingrédients magiques bien précis (le sang d'un vampire aîné, le cœur d'une goule ancienne, certaines herbes rom, la canine d'une matriarche loup-garou). S’ensuit la plus abominable chasse aux trésors de votre carrière de joueur. Car quel que soit votre niveau au jeu, cette mission reste un cauchemar, puisque le but est d’éviter les obstacles, d’être rapides, alertes, et non de tuer les créatures le plus vite possible. Votre niveau de stuff n’a aucune importance : seuls comptent vos réflexes, votre sens de l’observation et votre maîtrise des contrôles du jeu. Typiquement la mission qui vous fait dire une fois achevée : « plus jamais ça ! » 
Sauf que !

Déjà, il y a le compendium caché. Oui, une pièce de lore, ces textes à collectionner un peu partout, ne peut s’obtenir que durant cette mission, lors d’une phase de plate-forme particulièrement délicate. Si comme moi vous mettez des plombes à réussir la mission la première fois, grande est la chance que vous laissiez tomber ce compendium pour passer à la suite le plus vite possible. 

Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais cette phase où il faut sauter sur ces petites plates-formes
(qui bien sûr disparaissent au bout d'un moment) est abominablement frustrante
(elle est longue, et la moindre erreur vous fait tout recommencer).

Et quelques mois plus tard, quand vous en serez à chasser les compendiums un peu partout sur la map, il vous faudra bien y retourner. Et ensuite, le succès. Car récemment Funcom a associé un succès à cette mission, qui consiste à en réussir chaque étape sans se faire repérer. Encore une belle occasion de se la retaper.

Mais c’est là que c’est génial. Car cette mission si dure, si exigeante qu’elle suffit à elle seule à faire de TSW un jeu hardcore (parlez à des joueurs du Prix de la magie, vous les verrez soupirer et lever les yeux au ciel, repensant à leur douleur), n’est pas difficile pour rien.
C’était dit dès son titre : elle vous fait mesurer le prix de la magie, elle vous fait comprendre, à travers son gameplay, la difficulté de la vie de Zaha, solitaire contrainte à endurer régulièrement ce type d’épreuves pour pratiquer son art (elle qui n’est qu’humaine, qui ne respawne pas en cas de rencontre inopinée avec un vampire ou une goule).
Et vous mesurez, en effectuant le rituel final de la mission, qui ne vous laisse aucun droit à l’erreur (vous mourez à la moindre manipulation de travers), le vrai coût du pouvoir, le prix de la magie…

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