Ex nihilo Neil

29 juillet 2026

Les films de l'été

Petite pause dans les insectes pour vous parler des nombreux films vus jusqu'ici, parce qu'il y a du vraiment bon et ce serait dommage de les rater...


 Toy Story 5, Andrew Stanton, 2026

On commence avec une valeur sûre. Alors oui, Pixar n'est pas en super forme ces dernières années, le studio est globalement plutôt sur la pente descendante, et il était peu probable qu'une quatrième suite à son premier grand succès soit un chef-d'œuvre. Et pourtant, Toy Story 5 n'est vraiment pas une catastrophe : il y a une thématique moderne et intelligemment traitée (les jouets numériques et les réseaux sociaux, sans diabolisation outrancière), des personnages toujours cool (on revient enfin un peu sur Jesse, qui a une des histoires les plus tristes de la licence) et pour une fois on suit un peu plus un humain, en l'occurrence l'adorable Bonnie. Alors d'accord, ce n'est pas Wall-e, mais ça reste un très bon film tout à fait indiqué pour l'été.


 

Jim Queen, Nicolas Athané 
et Marco Nguyen, 2026

Celui-là je ne l'avais pas vu venir, tant je ne suis pas du tout les travaux du studio Bobbypills (qui a notamment fait Les Cassos, qui a toute mon estime mais qui n'est pas trop mon délire). Quelle erreur ! Jim Queen, c'est une plongée délirante dans l'underground gay parisien, à la découverte de ses différentes tribus (gym queens, bears, twinks, drags...), avec la puissance visuelle et l'humour d'un Bill Plympton qui aurait décidé de bouffer tout South Park. C'est violent, vulgaire, extrêmement peu subtil (pour public averti, hein !) mais vraiment hilarant, très bien écrit et joyeusement foutraque. Et en l'occurrence ça marche du feu de Dieu, le film a trouvé son public, et ça fait vraiment plaisir. Vous n'avez plus qu'à en faire partie.


 

Backrooms, Kane Parsons, 2026

« Si vous ne faites pas attention et que vous no-clippez dans la réalité, vous finirez dans les backrooms, un endroit infini où vous ne sentirez plus que la puanteur de la moquette et la couleur jaunâtre des néons sur environ six cent millions de kilomètres carrés de pièces vides segmentées de façon aléatoire dans lesquelles vous pouvez vous retrouver piégé. Dieu vous protège si vous entendez quelque chose errer dans les environs, car ça vous a certainement entendu aussi. » Si vous êtes jeune, vous connaissez forcément ce texte et l'étrange photo de salle vide qui l'accompagne, et vous avez déjà vu le film. Sinon, allez le voir, parce que c'est vraiment excellent, et qu'il mérite le succès qu'il est en train de se forger au côté d'Obsession. Le renouveau du film d'horreur est là, et c'est génial.


 

Masters of the Universe, Travis Knight, 2026

J'avais annoncé, j'y croyais, j'y croyais même très fort, mais je me suis planté. Cette adaptation des Maîtres de l'univers (Musclor !) par le réalisateur de Bumblebee est un échec complet, malgré son casting, malgré ses effets impeccables. Entre volonté de rendre un réel hommage au lore (oui, ça peut sembler bizarre comme idée quand on connaît le lore de Musclor, mais que voulez-vous) et celle de faire des blagues toutes les deux minutes pour montrer qu'on ne se prend pas au sérieux, le film n'arrive à aucun moment à trouver un équilibre, perpétuellement le cul entre deux chaises. Rien ne représente mieux cet échec que le traitement du personnage de Skeletor : pendant tout le film, je me suis demandé ce que l'acteur essayait de faire en campant un grand méchant génocidaire faisant des blagues de quatrième mur nulles... puis j'ai réalisé que l'acteur en question était Jared Leto, et j'ai compris que personne n'a jamais cru dans ce projet. Un échec donc, même pas aussi bon nanar que pouvait l'être la version de 1987 avec Dolph Lundgren.


 

Kill Bill - The Whole Bloody Affair
Quentin Tarantino, 2026 (2003 ?)

Tarantino a sorti une version de Kill Bill réunissant les deux chapitres, pour quatre heures de bonheur cinéphile avec quelques scènes en plus et des petits éléments en moins. Honnêtement, je n'ai trouvé le résultat ni plus ni moins génial que dans mon souvenir, ce qui le place quand même très très haut dans mon palmarès. Kill Bill était et reste un chef-d'œuvre, au point que j'ai supporté ces quatre heures dans une salle surchauffée malgré mon traumatisme de la canicule récente. 


 

Minions & Monsters, Pierre Coffin, 2026

La canicule nous a tous poussés à commettre des erreurs. Après Jim Queen, il faisait encore chaud, alors j'ai enchaîné avec la première séance que j'ai trouvée, et c'était Les Minions. Et si je reconnais aux gars des studios Illumination un vrai talent pour l'animation, pour ce qui est de la portée et de l'intérêt de leurs films il va encore falloir bosser un peu. Parce que là, c'est davantage un film que ne l'était Super Mario Galaxy, mais pas beaucoup plus, hein... Au début il y a plein de références au vieil Hollywood et à Lovecraft, donc ça part pas trop mal, mais ça s'épuise très vite et on finit par s'ennuyer ferme. Quand je vois la qualité de l'animation et le casting de malade mental (Jesse Eisenberg, Christoph Waltz, Jeff Bridges...), j'ai quand même un gros sentiment de confiture donnée aux cochons.


The Odyssey, Christopher Nolan, 2026

Je n'attendais rien de L'Odyssée de Nolan, et je ne serai sans doute même pas allé le voir si ma nièce n'avait pas insisté. Et d'ailleurs on a bien failli ne pas y arriver : les séances étaient complètes, ça a déjà été une épopée en soi pour réussir à s'installer dans une salle. Mais ça aurait été dommage de rater ce qui est sans doute le meilleur film de Christopher Nolan ! Sans rire, j'ai trouvé ça incroyable : non seulement il adapte très fidèlement l'œuvre, mais il apporte un vrai regard, une vraie idée, un vrai message derrière. Je m'attendais à de longues scènes contemplatives, mais non, le film avance bon train pendant ses trois heures que je n'ai pas vues passer, il met en valeur son casting trois étoiles sans en faire des caisses (à part peut-être pour Robert Pattinson dont le personnage est un peu agaçant), la bande son est tout bonnement incroyable, et on est sortis de là complètement euphoriques, au point qu'on a saoulé tout le reste de la famille pendant le repas qui a suivi... Pour l'instant c'est peut-être bien mon film de l'année, en tout cas de l'été. Et pourtant la concurrence est là.

27 juillet 2026

Papillons de la Vanoise

C'est la gloire : deux jeunes lecteurs (bon, ok, des enfants de lecteurs) m'ont envoyé deux splendides photos de papillon prises dans le parc national de la Vanoise. 

Un sublime machaon (Papilio machaon)...

... et un magnifique apollon (Parnassius apollo). Notez qu'il s'agit de deux
des plus grands papillons observables en France, puisqu'ils peuvent atteindre
9 cm d'envergure !

 Merci aux enfants de Camomille et Jeunathe pour ces superbes photos.

24 juillet 2026

Film d'horreur pour orthoptères

 

C'est lors d'une innocente promenade à Tours que nous sommes tombés sur un étrange insecte bicolore qui volait bizarrement. En nous approchant pour mieux l'observer, nous avons compris qu'il s'agissait en fait d'une guêpe transportant une sauterelle.

Si vous portez les lunettes rose des naïfs fans de naturopathie, vous imaginez peut-être qu'il s'agit d'une attendrissante scène d'accouplement interespèce, mais désolé, c'est en fait à une scène de film d'horreur que vous assistez.  


La guêpe en question, en l'occurrence une isodonte mexicaine (Isodontia mexicana), est en fait en train de ramener cette pauvre sauterelle verte dans son nid. Là, elle va bien la tasser avec un peu d'herbe, pondre dedans, boucher le trou, puis s'en aller avec le sentiment du devoir accompli.


Les larves se nourriront de l'orthoptère avant de devenir nymphes, puis de s'envoler à leur tour. Détail amusant : dans mon petit manuel d'observation, cette guêpe est littéralement décrite comme chassant les sauterelles, c'est presque la seule info qu'ils donnent dessus. Ça laissait peu de doute pour l'identification.


 The end. Bye bye grasshopper.

22 juillet 2026

Mirifique miride sur fond viridien


Un miride strié du chêne (Rhabdomiris striatellus), petite punaise aux jolies couleurs. On en avait déjà croisé un à Amsterdam, vous ne serez pas surpris d'apprendre que celui-ci fut vu à Copenhague, on reste dans le Nord.

Notez qu'il n'est vraiment pas gros, vu qu'il se balade présentement sur mon t-shirt, dont on voit quand même sacrément bien la trame à ce niveau de zoom. Ce n'est pas un insecte particulièrement rare, mais je trouvais le contraste de couleur amusant. 

20 juillet 2026

Dec-tic-tic-tic


Une très belle dectique verrucivore (Decticus verrucivorus), grosse sauterelle que Bij a surprise dans les Alpes. Notez qu'il s'agit d'un mâle, comme l'indique l'absence d'ovipositeur sur le cul au bout de l'abdomen.

Si vous trouvez son nom bizarre, sachez qu'en anglais c'est wart-biter, ce qui veut dire rigoureusement la même chose : mangeuse de verrue. Pourquoi ? Eh bien parce qu'il fut apparemment un temps où on utilisait cet orthoptère pour lui faire, littéralement, mordre les verrues. Ainsi le petit dépôt de sucs gastriques de l'animal « brûlait » la verrue, sans doute au moins aussi efficacement que l'imposition des mains d'un rebouteux. 

17 juillet 2026

Elle est drôlement poilue cette abeille, non ?


Une anthophore à pattes plumeuses (Anthophora plumipes), qui a été assez difficile à photographier en plein cœur du Jardin botanique de Copenhague. Il y en avait plein mais elles bougeaient très vite et étaient très occupées à butiner d'une fleur à l'autre pour se gorger de nectar et de pollen.

Il s'agit d'une abeille solitaire toute mignonne, qu'on trouve un peu partout en Europe et dont j'ai trop envie de serrer très fort une peluche à son image. 

15 juillet 2026

Papillon raciste

 

Et on commence cet été des bestioles 2026 avec ce joli moiré blanc-fascié (Erebia ligea), qu'on appelle aussi le grand nègre hongrois, et du coup c'est compliqué de choisir un nom préféré parce que ça revient quand même à choisir entre blanc fasci(ste)é et grand nègre... Bref, on va dire que c'était une autre époque, hein. 

Vous le croiserez en montagne, et j'en profite pour signaler que les photos de cet été seront de Bij ou de moi (mon nouveau téléphone étant bien meilleur appareil photo que son prédécesseur).