Ex nihilo Neil

12 juin 2026

L'appel des dieux anciens

 

Evey Drayton, étudiante à l'université Miskatonic, est victime d'une étrange amnésie qui ne lui a laissé aucun souvenir des trois derniers mois. Elle rencontre le professeur Everhart et ensemble, ils vont se lancer à la poursuite d'un mystérieux artefact qui va les mener tout au bout de la Terre, et peut-être même au-delà...

Voilà, on est d'accord, le résumé évoque des images de chapeau feutre, d'anciennes statuettes poussiéreuses et de vieilles ruines perdues au milieu du désert, avec une pointe de Lovecraft, bref : ça sent le pulp. C'est normal, on est dans la suite de Call of the Sea, qui avait marqué en proposant une version tropicale très colorée du mythe lovecraftien. Call of the Ancient Gods part dans la même direction artistique, avec des visuels chatoyants, des décors plus variés et un duo de protagonistes archétypaux mais que j'ai trouvés plutôt attachants.  

Après R'lyeh et les Profonds, nous partons cette fois à la découverte 
de Pnakotus et de la Grande Race de Yith, un aspect moins battu et rebattu
du mythe de Cthulhu, qui donne lieu à des décors grandioses.


Alors oui, les cinématiques font un peu cheap et les animations pourraient être plus impressionnantes, mais le studio fait au mieux avec ses moyens limités, et franchement j'ai passé sept heures très agréables. Les décors sont splendides, notamment la partie fantastique avec une cité de Pnakotus où la majesté le dispute à la magnificence (même si ceux qui ont lu Dans l'abîme du temps savent que tout n'y est pas rose). 

Attention toutefois, certaines énigmes sont un peu taquines, et je me suis méchamment gratté la tête quelquefois (souvent en concluant d'un « mais je suis trop c...! », mais parfois aussi « Non mais ça c'est débile ! »). Y aura-t-il un troisième épisode qui viendrait apporter une conclusion, pourquoi pas à l'époque moderne ? Il reste nombre de pans du mythe de Cthulhu à explorer, je serai curieux de voir ça.

10 juin 2026

L'humilité

 

Je n'ai jamais parlé de Street Fighter ici, étonnant. J'aime beaucoup Street Fighter, c'est toujours une leçon d'humilité. Parfois c'est moi qui la donne, souvent c'est moi qui la prends.

Pour ceux que ça intéresse, la scène a eu lieu au Manga Café de la rue Primo Levi, près de la BNF, un endroit plutôt cool avec des mangas, des bornes d'arcade en accès libre et des boissons à volonté.  

08 juin 2026

L'arnaqueur

 

Je savais pas trop quoi faire pour aujourd'hui, j'étais d'humeur ambitieuse, alors j'ai fait un Swindle, et franchement je le trouve plutôt réussi.

Si vous n'êtes pas très versé dans le lore Transformers, Swindle est un membre des Combaticons, une équipe de la faction des méchants spécialisée dans la guerre. Pour faire simple, les Combaticons (dont j'ai déjà parlé plusieurs fois puisque je suis en train de collectionner leurs figurines en version Age of the Prime) sont des soldats, et chacun correspond à un archétype qu'on peut facilement raccorder aux tropes des films américains sur le Vietnam. 

Brawl est une brute épaisse, Vortex un psychopathe, Blast Off un intellectuel désabusé, Onslaught un officier tacticien, et Swindle... ben Swindle c'est le combinard, le petit malin, celui que vous allez voir pour dégotter un paquet de cigarettes ou du whisky de contrebande. De fil en aiguille, il est devenu un contrebandier, un receleur, un tenancier de casino, bref un arnaqueur. Pas étonnant qu'il soit devenu un chouchou des fans au fil des années et de ses différentes versions en comics. 

J'ajoute que c'est le seul Combaticon que j'avais enfant, et regardez, 
il est encore bien conservé.

 

05 juin 2026

Lol de rire

 

Document d'archive : moi riant devant une comédie française d'un autre temps.
(saurez-vous la reconnaître ?)

Ça faisait longtemps que je n'avais pas conseillé une chaîne YouTube, alors parlons aujourd'hui de Rigolo, l'émission du duo Calmos sur la chaîne du même nom. Déjà parce que le thème de l'émission me parle tout particulièrement, puisqu'il s'agit des comédies françaises. J'ai grandi devant Louis de Funès et les Charlots, puis les Audiard, les Inconnus et les Nuls, et sans succomber à une naïve nostalgie qui me ferait croire que tous ces films sont géniaux, je suis tout à fait partant pour m'y replonger afin de les analyser avec un peu de recul.

C'est ce que propose Rigolo : une analyse d'un thème récurrent de la comédie franchouillarde, partant souvent d'un film précis mais débordant largement, avec une vraie réflexion pour pousser un peu plus loin que le simple « c'était drôle mais ça a mal vieilli » (ce qui n'est d'ailleurs pas toujours vrai). 

Ainsi L'Homme-orchestre permet-il de questionner le trope du « comique de droite » à la de Funès et Clavier, Le Grand Blond avec une chaussure noire interroge la place de la musique dans la comédie et Les Visiteurs se penche sur l'intemporalité d'un film. Sans jamais être chiant ou pontifiant, ne vous y trompez pas : c'est très drôle, rythmé, habilement référencé et parfois même émouvant (l'émission sur Jean-Pierre Bacri m'a un peu cueilli sur la fin). Si le sujet, ou même le cinéma en général vous intéresse, je conseille donc vivement le visionnage de ces (pour l'instant) seize émissions.

 

 

En plus la dernière vient de sortir, sur la meilleure comédie française de tous les temps. Enfin, de mon époque en tout cas.

03 juin 2026

Les chevaliers du ciel

 

On raconte qu'à force de vivre ensemble dans l'amour et le même appartement, les couples développent parfois une forme de télépathie. Il se trouve que c'est assez vrai pour nous. Et ça tombe bien, parce que dans Sky Team, il s'agit de se coordonner pour poser un avion de ligne sans parler, et c'est pas évident.

On avait repéré Sky Team depuis longtemps, et pour cause : un jeu coopératif à deux, ça semble idéal pour égayer nos soirées d'hiver. En plus le principe est assez simple : chacun tire ses quatre dés, caché derrière un écran, et il faut les placer à tour de rôle sur un très joli plateau de jeu pour générer différentes actions nécessaires à un atterrissage sans heurt : rétablir l'assiette, activer les réacteurs, ouvrir les volets, sortir les trains d'atterrissage, etc. Le tout en évitant les autres avions, les montagnes, puis plus loin dans l'aventure en gérant le carburant, les fuites, le vent arrière, les pistes enneigées, les stagiaires incompétents...

La boîte n'est pas très grande et le matériel est plutôt simple, élégant et fonctionnel,
tout ce qu'on aime.

On commence juste le jeu mais c'est déjà très agréable, quoiqu'un poil stressant par moment, et ça met notre télépathie à rude épreuve. Mais on ne peut pas dire que ça fasse mentir la boîte : immersif, sensations fortes, on y est !

29 mai 2026

Dernières lectures

 J'ai lu des trucs dernièrement. Parlons-en.


 Les Guerres de Lucas, tomes 1 et 2, 
Renaud Roche et Laurent Hopman, Deman Édtions

Pour mon anniversaire, les copains m'ont offert ces BD qui racontent le making of des deux premiers Star Wars (les épisodes IV et V, donc... oui, les meilleurs en fait). Et franchement, c'est trop bien : déjà c'est très bien dessiné, j'adore le style employé, probablement directement à la palette graphique. Mais surtout ça raconte cette histoire, pourtant déjà abondamment documentée, sous un angle différent, en s'attachant vraiment au personnage de George Lucas, ses doutes, son caractère pas facile... Bon, c'est sans doute enjolivé, mais ça reste un pur plaisir de croiser au fil des pages des jeunes gens qui deviendront célèbres (dont Steven Spielberg et Francis Ford Coppola), de visiter le Hollywood de la fin des seventies, en plein bouleversement à l'aube de l'ère des blockbusters, et de (re)découvrir toutes ces anecdotes fameuses sur une saga culte. Il y aura sans doute un tome 3 (je vous laisse deviner de quel film il parlera), et je l'aurai.


 

 Les Cinq Ami·e·s l'échappent belle in extremis,
Fabcaro, éd. 6 Pieds sous Terre

Je suis Fabcaro depuis très longtemps, je ne prétends pas avoir lu toute sa bibliographie mais quand même un bon paquet, je m'estime donc dans mon bon droit en affirmant ceci : toute son œuvre mène à ce livre. C'est évident depuis le début, ça devait arriver, il devait, un jour, parodier un livre de la Bibliothèque Rose, et je suis vraiment, mais vraiment très content d'avoir assez vécu pour voir ça. Oui, ce n'est jamais que la recette Fabcaro (Zaï zaï zaï zaï, etc.) appliqué au Club des Cinq, aux Six Compagnons* et autres Michel, mais qu'est-ce que c'est bon ! Absurde, bête, cruel parfois, hilarant toujours. Trouvez-le en librairie, lisez la quatrième de couv', éclatez de rire et laissez-vous porter par l'envie soudaine que vous aurez de l'acheter. Vous ne le regretterez pas.

* Notez que dans la grande famille des héros à numérateur, on trouve aussi Les Trois N (de Roberte Armand), Les Quatre As (de Georges Chaulet) et Le Clan des Sept (d'Enid Blyton), ce qui fait quand même pas mal. J'aurais aimé qu'existent aussi Les Huit Tantes suisses ou L'Académie des Neuf... 

 


 Wastburg, Cédric Ferrand, éd. Folio SF

Ce livre avait l'air court et mon beau-frère me l'a conseillé, je ne peux à mon tour que vous en suggérer la lecture. Wastburg est une ville, coincée dans le delta d'un fleuve entre deux puissances rivales, avec tous les avantages (commerciaux notamment) et les inconvénients (troubles civils notamment) que ça laisse supposer. Dans chaque chapitre, on suit un membre différent de la garde municipale, plus ou moins haut placé, plus ou moins à l'aise dans son affectation, plus ou moins chanceux. Et ainsi se dessine une histoire plus grande, à base d'intrigues politiques et de magie. Une histoire tellement riche qu'un jeu de rôle a été conçu sur la base du livre, apparemment. En tout cas c'est une vraie bonne surprise, et un vrai plaisir à parcourir.

 


 Transformers t. 5 – Generation One,
Robert Kirkman, Dan Mora, Jorge Corona, 
Mike Spicer et Sarah Stern, Skybound ed.

Last et least (mais surtout parce que v'là le niveau des autres œuvres au-dessus), le tome 5 de la nouvelle série TF est déjà sorti (un peu en avance chez Album). On change de dessinateur, le style tout en vigueur de Jorge Corona laisse la place au trait plus sage mais plus ample de Dan Mora. Les deux ont leur (grand) mérite, et même si j'avais développé une forte affection pour Corona, ce basculement coïncide logiquement avec le début du deuxième arc de la saga. Deuxième arc qui commence dans un relatif statu quo, et finit avec de gros changements côté Autobots, qui devraient avoir de grandes répercutions pour la suite. Je ne suis pas fan de toutes les décisions prises (notamment cette incapacité chronique à laisser les morts morts !), mais je suis curieux de voir où ça va. Ah, et il y a Miles Mayhem qui commence déjà à semer la merde, ce qui est prometteur pour la série MASK qui commence le mois prochain.