Ex nihilo Neil

18 février 2026

Michel, Michel et Boby en province




Saurez-vous trouver l'erreur commune commise par ces trois stars de la chanson française ?

Eh bien oui, les plus obsessionnels de règles syntaxiques l'auront repéré, les noms de départements français composés de deux cours d'eau coordonnés avec la conjonction « et » ne tolèrent pas l'article défini. C'est-à-dire qu'on ne doit pas dire « dans le Lot-et-Garonne » mais « en Lot-et-Garonne ». De même on ne doit pas dire « le Lot-et-Garonne » mais « le département de Lot-et-Garonne ».

Alors je n'en veux pas à Michel Sardou, d'autant que je connais bien le quarante-septième département de notre beau pays pour y être né et y avoir passé les dix-huit premières années de ma vie, et je peux confirmer que les habitants mêmes ne s'y gênent pas pour dire « le Lot-et-Garonne ». En effet, dans ces collines oubliées des dieux, la bienséance syntaxique n'est pas une obsession (survivre aux meutes de loups, aux épidémie de dengue et aux attaques des clans gersois et autres barbares landais occupe déjà bien les journées).

Je n'en veux pas non plus à Michel Delpech, même s'il pousse l'erreur jusqu'à l'insérer dans le titre de sa chanson, car il y reprend à dessein le typique parler lédocarien cher à ses ancêtres, auxquels l'œuvre rend hommage.

Et je n'en veux pas à Boby Lapointe, car jamais je n'en voudrai à Boby Lapointe, en bon membre de la secte des fanatiques de son œuvre, la plus incroyable anomalie musicale de notre pays.

Donc en fait ce post ne sert à rien, mais bon, j'ai pas mal de boulot en ce moment, alors vous vous en contenterez, et si par hasard je vous ai mis une chanson dans la tête pour la journée, de rien. 

16 février 2026

Duel of champions


Je ne savais pas trop quoi faire alors voici un combat à mort entre les trois créatures les plus meurtrières d'Afrique. 

Notez que j'attends toujours un film sur un hippopotame tueur, genre Razorback au Kenya... Et juste quand j'écris ça, qu'est-ce qui pope sur mes radars ?

13 février 2026

Le puits aux animaux

 


Je suis un blob, né d'une fleur. Je me promène dans une vaste caverne étrange et peuplée d'animaux fantomatiques. J'ai trouvé une carte, elle indique des flammes, j'essaie de les rallier pour voir. J'explore, j'ouvre des portes, je décrypte d'étranges énigmes. J'avance. 

Animal Well est un metroidvania, genre que j'aime tout particulièrement, mais qui a parfois tendance à se la jouer hardcore, j'suis trop dark, j'te mets des pièges partout et des sauts millimétrés de bâtard que si tu les rates tu repars dix écrans plus tôt (n'est-ce pas Silksong ?). Ben pas là. Animal Well, c'est cool. Oui, il y a des passages de plateforme un peu techniques, mais sans stress. Vous ratez votre saut ? C'est pas grave, vous recommencez. Vous ne comprenez pas comment fonctionne ce nouvel objet ? Vous allez avoir mille occasions de vous y faire. Vous vous dites qu'il y a un truc bizarre ici ? Notez-le sur votre carte, vous y reviendrez plus tard, plus au clair sur comment fonctionne ce monde.


 

Parce qu'Animal Well emprunte beaucoup plus à Fez et à Tunic* qu'à Blasphemous. On est sur un jeu de plateforme mignon** qui dissimule moult énigmes cachées, qui va vous faire traverser et retraverser ses tableaux à chaque nouvelle découverte d'objet, qui va se révéler petit à petit à travers de merveilleuses épiphanies. Vous allez chercher les flammes, en chemin vous allez traquer les œufs, et peut-être que vous allez tomber sur un lapin, ou des bébés lynx en cage, ou des chiens un peu joueurs, etc. J'en suis à vingt-cinq heures de jeu et je pense encore avoir des trucs à découvrir dans ce puits sans fond, sans en regretter une seconde. 

* Deux références assumées, d'ailleurs : appuyez donc plusieurs fois de suite sur le bouton haut de la flèche directionnelle, vous verrez. Puis, laissez appuyé le bouton de saut. 

** Enfin, mignon... y a des trucs bizarres, parfois. Limite cauchemardesques. Mais vraiment, ce n'est jamais difficile, c'est juste que vous n'avez pas encore compris comment faire. 

11 février 2026

Votre blog a vingt ans, que le temps passe vite...

 



Croyez-le ou non, mais ce blog vient de fêter ses vingt ans ! Incroyable, mais vrai, le 10 février 2006, je postai le premier article, qui se contentait d'annoncer que je lançais un blog. 

Est-ce que j'imaginais à l'époque que je le tiendrais encore deux décennies plus tard ? Sans doute pas. Ma vie était bieeeeeen différente en 2006, et il m'est arrivé bien des choses depuis. J'ai évolué, le blog pas beaucoup dans la forme, mais pas mal dans le fond. Bien sûr il ne touche pas des milliers de personnes, chaque post est lu par une quarantaine de fidèles à tout casser, mais je suis content d'avoir su préserver ma petite bulle personnelle dans les eaux tourmentées du web.

Je ne sais pas si je serai encore là dans vingt ans (sur le blog ou sur cette Terre, si tant est qu'elle sera encore vivable), mais j'en profite pour toutes et tous vous remercier infiniment de votre fidélité. J'espère que mes bêtises continuent de vous intéresser, de vous faire découvrir des choses ou à défaut de vous distraire deux minutes trois fois par semaine. Moi ça me fait du bien, et ça n'a pas l'air de faire du mal à grand-monde, alors je continue. 

09 février 2026

Andor : encore !

 


Nous avions prévu de regarder la saison 2 d'Andor avec un ami (que je ne désignerai que par son initiale, O) mais ce lâcheur nous a fourbement abandonnés sans nous prévenir. C'est pourquoi nous ne l'avons finalement visionnée que la semaine dernière. Bon Dieu que c'était bien.

C'est définitif, Andor est dans le top 3 qualitatif de tout ce qui peut être raccordé à Star Wars, avec L'Empire contre-attaque et la série Clone Wars (de Tartakovsky). Tout le reste, c'est du jardinage, comme dirait l'autre. 

Andor raconte la création de la Rébellion, sans faux-fuyants, sans romantisme inutile, sans se voiler la face. Oubliez l'épique space-fantasy, on est dans les dossiers noirs de la Résistance, avec la paranoïa qui s'ensuit, avec la solitude des agents de terrain réduits à suivre des ordres peut-être obsolètes, avec des politiques qui tentent de gratter trois voix au Sénat pour qu'une loi inique ne passe pas, avec les milliers de héros anonymes qui font ce qu'ils peuvent en sachant qu'ils ne verront sans doute pas la fin de ce qu'ils combattent.

Il y a beaucoup de personnages et l'acting est globalement incroyable,
au point que je n'en vois pas un à mettre au-dessus des autres.

En plus de ses thématiques terriblement actuelles*, la série se permet des fulgurances de mise en scène**, une vraie structure de série intelligente avec des ellipses pensées et réfléchies, des personnages d'une richesse insoupçonnée, sans jamais le moindre sabre-laser. Arrivés au bout, nous n'avons pas résisté à l'envie de revoir Rogue One***, dont la série est techniquement un préquel, et nous avons été stupéfaits par la parfaite fluidité, la cohérence absolue entre les deux œuvres, qui s'enchaînent impeccablement, au point qu'il est presque impossible a priori de dire laquelle dérive de l'autre.

Andor est non seulement un chef-d'œuvre, mais un chef-d'œuvre important, qui a quelque chose à dire d'essentiel aujourd'hui. Ne ratez pas cette série, et n'oubliez pas qui est l'Empire, et qui est la Rébellion. 

* Le discours de Mon Mothma au Sénat s'applique tellement à la situation de post-vérité dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui qu'il en est glaçant.  

** On a notamment un épisode entier d'Andor sans le personnage-titre, ce qui est très, très rare dans une série, et qui démontre clairement que le showrunner Tony Gilroy a eu les coudées franches. 

*** Dont j'avais parlé à sa sortie ici, et je ne changerai pas une virgule à ma critique de l'époque. Rogue One reste, malgré ses défauts, le meilleur film Star Wars après L'Empire contre-attaque

06 février 2026

Extraits de carnet

 



J'ai enfin réussi à me remettre à écrire, à la faveur d'influences heureuses et d'une lichette de temps libre, et ça me fait du bien. 

Je suis parti sur la suite de mon roman, peut-être sous forme de nouvelles, je ne suis pas encore sûr, mais mon carnet se remplit rapidement de croquis de personnages (surtout féminins puisque, comme l'a noté une amie lectrice, « les mecs prennent cher dans tes histoires »). Il s'agit essentiellement de versions plus âgées de personnages de mon roman. Les gamines d'hier sont devenues des jeunes femmes, avec toujours autant de caractère. On verra ce que ça donne.

04 février 2026

Shakespeare et chimères

 

Je voulais voir Avatar 3 (de guerre lasse), mais à mon grand étonnement c'était encore complet, des mois après la sortie. Ça doit vouloir dire que c'est bien. Du coup je me suis reporté sur le film dont toute la critique parle en ce moment, Hamnet.


 Hamnet, Chloé Zhao, 2026

Si on veut le résumer froidement, Hamnet raconte la vie de couple de William Shakespeare, comment il rencontre sa femme, comment ils ont trois enfants, comment ils en perdent un et comment ce drame lui inspire Hamlet. Ce résumé serait juste, mais passerait complètement à côté du film.

Hamnet est un film sur le deuil, c'est un film long, lent, et très sincèrement pendant la majeure partie du métrage je me suis un peu ennuyé. Certains passages sont à la limite de la parodie de mélo romantique, les acteurs jouent à fond les ballons, la réalisation qui s'attarde beaucoup sur les visages m'agace un peu, bref ça peut parfois être un poil trop pour le spectateur cynique. Puis il y a les quinze dernières minutes, ce moment de grâce qui m'a séché sur place et mis les larmes aux yeux. Au point de reconsidérer tout le film et de me demander si je ne venais pas de voir un chef-d'œuvre. 


 Les Chimères de Vénus, Alain Ayroles, Étienne Jung 
et Thierry Leprévost, éd. Rue de Sèvres

Dans un tout autre genre, le troisième et dernier tome des Chimères de Vénus vient de sortir. Il s'agit d'une série dérivée de la saga du Château des étoiles d'Alex Alice, dont j'avais parlé ici. Une série dérivée scénarisée par Ayroles !

J'avais lu ces albums à l'époque, et je dois reconnaître que je les avais moyennement appréciés. À ma grande honte, je comprends que je les ai méjugés sur une sotte comparaison graphique, le style de Jung pouvant sembler un peu fade à côté des fresques sublimes d'Alice. J'avais tort à tellement de niveaux que je ne sais plus où me mettre, alors j'en parle ici pour vous assurer que si, vraiment, c'est génial, ça vaut le coup. 

Déjà parce que le style de Jung est en fait très raccord avec l'ambiance Belle Époque de cette aventure où France et Angleterre tentent de se partager Vénus, planète luxuriante peuplée de dinosaures. C'est beau, habile et tout à fait adapté.

Ensuite parce qu'Alain Ayroles, évidemment ! Celui qui reste un de mes auteurs préférés se saisit de cette ambiance pulp en érudit, comme il a pu le faire pour le conte de fées (Garulfo), le roman de cape et d'épée (De cape et de crocs), le roman picaresque (Les Indes fourbes), le roman gothique (D), le roman épistolaire laclosien (L'Ombre des Lumières), bref, il applique sa méthode consistant à raconter une bonne histoire truffée de références jamais gênantes*, teintée d'analyse marxiste de la société, avec des personnages attachants malgré leurs défauts, chacun évoquant un archétype tout en le contournant habilement. C'est une petite merveille, en léger décalage et pourtant parfaitement intégrée dans la saga du Château des étoiles. Remarquable !

* Il y a une blague sur la corne des iguanodons ! Pour les trois fans de paléontologie du XIXe qui la comprendront ! j'adore !