Ex nihilo Neil

08 mai 2026

On croise les doigts

 

Il y a quelque temps déjà, la sœur de Bij lui a offert une balade en montgolfière, mais la météo n'a pour l'instant pas été favorable, donc on retente le coup ce week-end.

On croise les doigts très fort, mais si tout va bien lundi on se sera baladé au-dessus des montagnes suisses. Bon week-end à vous. 

06 mai 2026

Paleo : l'héritage

 


Je vous ai déjà parlé de Paleo ? Oui, je sais, trop souvent. Vous savez que j'aime beaucoup ce jeu coopératif dont pas une partie ne se déroule comme vous l'espérez, et qui parvient à raconter des événements sans un mot. Mais il manquait quelque chose à Paleo : une raison d'enchaîner les parties. Problème que j'ai résolu, en toute modestie.

Ça faisait un moment que j’envisageais de bricoler une campagne pour Paleo, qui permettrait d'enchaîner plusieurs parties avec un lien entre elles. Je devais composer avec la volonté du créateur Peter Rustemeier, qui a clairement expliqué que chaque partie était indépendante : à la fin, la tribu réalise sa fresque qui célèbre les grands moments de son existence, puis sombre dans l'oubli en laissant ce témoignage pour la postérité. C'est joli, c'est poétique, mais ça ne m'arrange pas, alors j'ai fouillé le livret de règles de fond en comble, et j'ai ressorti deux mécaniques généralement oubliées ou sous-exploitées.

  • La première, ce sont les « variantes », des modifications de règles qui permettent de monter ou diminuer le niveau de difficulté du jeu (genre « vous commencez avec des ressources en plus », ou « vous pouvez choisir vos personnages en piochant deux cartes au lieu d'une »...).
  • La seconde, ce sont les « exploits », équivalents des succès d'un jeu vidéo, qui consistent à finir une partie en réalisant des conditions particulières (aucun jeton Crâne, ou six cartes Idée sur le râtelier, etc.).

 

La petite famille Wookie of the Year, venue 
tester la campagne à la maison. Enfin, le fils, les autres sont en réserve...

J'ai ainsi conçu un système de gemmes que vous accumulez en fin de partie si vous gagnez (+ 2 gemmes) ou si vous réalisez un exploit (+ 1 gemme), et que vous pouvez consommer entre les parties pour débloquer des bonus plus ou moins permanents (souvent inspirés des variantes, mais pas que). Le tout assorti d'un cheminement avec des tirages au sort de modules pour varier un peu les plaisirs. Ainsi la difficulté croissante des parties (liée aux modules à tirer) est compensée par les bonus débloqués au fur et à mesure. Ça donne un sentiment de progression, un côté random avec les tirages des modules, et ça maintient gentiment la tension. 

Le tableau du cheminement après les tirages au sort. 
Notez qu'en partie 6, il va falloir affronter les loups et 
le tigre à dents de sabre, ça va être folklo...

 

Nous avons testé ça ce week-end et ça marche plutôt bien (si vous avez des joueurs motivés, mais justement, on a invité la petite famille Wookie of the Year, comme ça on pouvait se relayer de temps en temps). Je suis très content du résultat, il me reste à l'affiner pour l'extension Une nouvelle ère, mais j'ai hâte de lancer ça avec mes neveu et nièces.

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Sinon, une vraie actu sur Paleo, c'est la sortie de Paleolino, un jeu coopératif pour enfants qui semble se passer dans le même univers préhistorique. Je ne sais pas du tout ce que ça vaut, objectivement ça a l'air très différent (c'est vraiment juste « inspiré de ») et vraiment destiné aux bambins de 5 ans, mais bon, faut voir. Son créateur Marco Teubner avait aussi signé une adaptation de L'Âge de pierre pour les plus jeunes, donc il s'y connaît en casualisation de jeux allemands un peu costauds.

04 mai 2026

Quelques films plus ou moins vieux

La semaine dernière était calme de mon côté, j'en ai profité pour aller un peu au ciné rattraper mon retard.


 Project Hail Mary (Projet Dernière chance), 
Phil Lord et Chris Miller, 2026

La Terre est en danger : une nuée de micro-organismes est en train de manger le soleil, le seul espoir est de lancer une expédition vers une étoile lointaine pour comprendre le phénomène, et c'est Ryland Grace, biologiste pas très courageux de son état, qui se retrouve à porter sur ses épaules le poids de la survie de l'humanité.

Si ce film fait tant parler de lui, c'est pour de fort bonnes raisons : quelque part entre hard SF et vulgarisation, Project Hail Mary parvient à proposer une histoire optimiste, mettant la science en avant, malgré une multitude de trous de scénario sur lesquels on passera bien volontiers étant donné le charme de l'aventure. C'est bien fait, et ce n'est pas un hasard : le films profite du charme de Ryan Gosling, du talent de réalisateurs de la paire Lord-Miller (Tempête de boulettes géantes, La Grande Aventure Lego et les paraît-il très cool 21 et 22 Jump Street) et du scénario de Drew Goddard (qui a écrit les scripts de Cloverfield et The Martian, mais qui a aussi été impliqué dans plein de trucs cool, de Buffy à The Good Place). L'incontournable du moment, malgré quelques (sans doute inévitables) faiblesses côté sciences dures.


 

Hoppers (Jumpers), 
Daniel Chong, 2026

Vous saviez qu'un Pixar était sorti dernièrement au cinéma ? Sûrement pas, vu que personne n'a parlé de Hoppers (traduit Jumpers en français parce que Sauteurs ça faisait trop bizarre j'imagine), à part pour en dire du mal. Il faut dire que cette histoire de jeune activiste écolo transférée dans le corps d'un castor robot capable de communiquer avec les animaux présente quelques failles. Certes, c'est rigolo et bien mené, mais justement, c'est le problème principal de ce film qui perd son message en cours de route pour tomber dans l'habituelle défense du statu quo chère à Disney (mais pas forcément à Pixar) : il est fun mais n'a pas compris de quoi il parle. L'aspect radical s'effondre donc dans un bien triste « en fait, si les écologistes et les promoteurs discutaient, tout irait bien », un parti pris aussi lénifiant qu'un film de Toledano-Nakache. Ce qui tombe bien car...

 

Juste une illusion
Éric Toledano et Olivier Nakache, 2026

Les auteurs des raisonnablement cultes Nos jours heureux, Intouchables et Le Sens de la fête reviennent nous proposer une aimable comédie « sociale » où tout le monde est gentil car les problèmes systémiques n'existent pas et tout se résout par un miracle à la fin. En l'occurrence nous suivons cette fois une famille des années 1980 dont le père cadre se retrouve au chômage et le petit dernier est amoureux d'une fille qui ne le calcule pas. 

Le problème de Toledano et Nakache, c'est que ce sont de bons cinéastes : leurs films sont cool, bien rythmés, avec des acteurs attachants, des gags drôles et une ambiance douce qui fait du bien. Mais ça reste de gros centristes obsédés par « la grande réconciliation », cette certitude que si les riches et les pauvres se rencontraient, ils se rendraient compte qu'ils ne sont pas si différents que ça (c'est particulièrement visible dans Intouchables, dont c'est littéralement le message). Au mépris de la réalité la plus élémentaire, qui est que les riches sont riches parce que les pauvres sont pauvres, et qu'ils n'ont certainement pas intérêt à ce que ça change. 

Juste une illusion s'inscrit dans cette droite lignée de naïveté politique absolue, au point d'intégrer à son scénario la fameuse grande marche de SOS Racisme de 1985, et de la présenter comme un moment merveilleux d'espoir et de révolte de la jeunesse, sans aucun recul sur le sujet (instrumentalisation sans vergogne de la part du gouvernement de l'époque, mise en cause tardive de son président Tariq Ramadan et surtout échec total puisque quelques années plus tard le FN arrivera second à la présidentielle – sans même parler de l'ambiance actuelle : le film sort quand même alors que le pays est à deux doigts de retomber pour de bon dans le fascisme). Bref, un joli film totalement inconséquent, dans tous les sens du terme.

 

 

A Clockwork Orange (Orange mécanique), 
Stanley Kubrick, 1971

Il repassait lors d'une séance UGC Culte, je ne l'avais jamais vu, c'était donc l'occasion pour moi de combler une vieille lacune. Le film a la réputation d'être sulfureux, avec une violence à l'écran épouvantable. Dans les faits, vu d'aujourd'hui, il est surtout glaçant dans sa manière d'esthétiser les scènes de bastonnade et surtout de viol, très présentes au début du métrage.

On suit Alex, un jeune désœuvré qui passe ses soirée à se balader avec sa bande déguisé en guignol, tabasser des sans-abris et cambrioler des maisons d'architecte en agressant et violentant tous ceux qu'ils y croisent. Rattrapé par la justice, il fait l'objet d'une procédure qui le rend allergique à la violence, et tente de retrouver sa place dans la société. Le film est cynique et amoral, parfois difficilement compréhensible (il est adapté d'un bouquin d'Anthony Burgess, un auteur post-moderne qui a notamment développé tout un vocabulaire anglo-russe) et très ancré dans les années 1970, avec ce que ça implique de cul et de papier-peint moche. Il y a également du Beethoven, beaucoup, beaucoup de Beethoven, qui aide à faire passer les longueurs inévitables vu le format et l'époque. Ceci étant dit, ce n'est pas culte pour rien : j'en suis sorti avec beaucoup moins d'appétit qu'en y entrant. Ce qui est sans doute un peu le but du film...

01 mai 2026

6 Fanart Challenge printemps 2026

 

Et voici le résultat, avec les demandes de :

  • Noné (Lucille)
  • Camomille (Chopper)
  • Le fils du Wookie of the Year (Gumo)
  • Anonyme (Saturne)
  • Wookie of the Year (Mammouth)
  • Jeunathe (Nigel)

J'envisage fortement de faire une autre planche, vu que j'ai eu d'autres propositions très intéressantes, mais je voyais bien ces six-là ensemble alors je les ai priorisés. En tout cas merci à toutes celles et ceux qui ont fait des propositions, c'était très fun une fois de plus. 

29 avril 2026

Le retour du milieu

 



Il était donc parfaitement logique que nous nous retrouvions pour découvrir ensemble la « huitième saison » de cette sitcom culte, qui fait clairement partie de mon panthéon du genre (avec The Office, Parks & Rec et Brooklyn Nine-Nine, et je compte pas The Good Place parce que son statut de sitcom pourrait être sujet à caution).

Malcolm in the Middle* est une de ces rares séries où j'estime qu'il n'y a pas un épisode à jeter. À part, à la rigueur, la septième saison, très légèrement en dessous, la série est une perle, parfaite, toujours aussi hilarante et intelligente aujourd'hui, truffée de moments marquants et de répliques cultes (dont le désormais classique « Je n'attendais rien, et je suis quand même déçu »). Alors qu'est-ce que ça vaut, Malcolm: Life's Still Unfair (Malcolm : rien n'a changé, en VF) ?

Tout le casting est de retour, à part Erik Per Sullivan (Dewey) qui a paraît-il
refusé un pont d'or et préfère se consacrer à ses études. Il a bien raison,
d'autant qu'on n'y voit que du feu, Caleb Ellsworth-Clark fait très bien le job.

Eh bien c'est pas mal du tout. On s'attendait évidemment à un carnage, et la série n'est absolument pas indispensable, mais déjà elle a le bon goût de ne durer que quatre épisodes de 25 minutes, et si elle n'évite pas le fan service, elle parvient à faire exister autant les vieux personnages que les nouveaux.

Bien sûr Hal est fortement mis en avant, et Bryan Cranston est toujours autant au taquet, mais cette saison arrive tout de même à renouveler le personnage de Malcolm en lui donnant une fille, Leah, et une dynamique plutôt sympathique avec elle. La famille a également eu un sixième enfant (annoncé dans le dernier épisode de la saison 7), Kelly, personnage non binaire incarné avec une belle énergie par Vaughan Murrae. L'intrigue (filée, pour une fois, sur toute la saison) porte sur l'anniversaire de mariage de Lois et Hal, auquel Malcolm compte bien ne pas assister. Ça déroule plutôt bien, avec plein de guest stars de l'ancienne série et des gags qui tombent à point. Hal est fou, Lois autoritaire, Reese est un connard et Francis fait son Francis, tout va bien.

Bien sûr c'est pour les fans, et je doute que des gens tombant dessus par hasard sans jamais avoir vu d'épisodes de Malcolm** l'apprécient, mais nous avons passé un bon moment, qui nous en a rappelé plein d'autres. Pas de raison de bouder son plaisir***.

Juste Malcolm en français, ce qui perd un peu de sens mais gagne en facilité d'élocution.

** Si tant est que ça existe encore, la vieille série étant sans cesse rediffusée. 

*** Par contre ça pourrait également constituer le pilote d'une nouvelle série, et là je suis moins sûr d'être partant pour vingt-six épisodes de vieilles gloires tentant un come-back... 

24 avril 2026

6 Fanart Challenge de printemps

 


 

C'est le printemps, c'est l'heure du 6fanartschallenge

Vous connaissez, il s'agit de dessiner six personnages de votre choix, venus de n'importe quel univers de fiction. Vous avez jusqu'à mardi prochain pour faire vos propositions (une par personne, ici en commentaires ou sur Facebook) et je dessinerai une sélection des choix les plus originaux. N'hésitez pas à partir dans vos délires, c'est plus rigolo.