Ex nihilo Neil

02 juin 2023

Ostéopathie, pauve Juliette... heu...

 

 

J'ai tellement douillé ! Et c'est pas fini apparemment, mais au moins j'arrive à me tenir debout sans pleurer.

31 mai 2023

Tribute to Bolchegeek

 

J'en ai déjà souvent parlé mais comme on vient de m'offrir son livre, je me fends d'un petit post sur Benjamin Patinaud, alias Bolchegeek, sans doute le youtubeur pop-culture le plus intéressant du moment (en tout cas en attendant que Karim Debbache revienne aux affaires, ce qui va peut-être arriver puisqu'il quitte l'équipe du JdG pour des « projets persos »).

Comme son pseudo l'indique, Bolchegeek analyse les produits de la pop-culture avec un certain angle politique, et c'est à la fois très fouillé et très intéressant. Son nouveau livre, Le Syndrome Magneto (aux éditions du Diable Vauvert, elles aussi assez anglées politiquement), porte sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : les méchants. Et notamment cette étonnante manie qu'ils ont à vouloir bousculer le statu quo, faisant des gentils des agents de la réaction. C'est très intéressant, et je suis en train de le dévorer goulûment. En attendant je vous conseille toute sa chaîne, et aussi les émissions qu'il écrit et réalise pour le site de L'Humanité, tout aussi riches et passionnantes.

Bolchegeek arborant son livre en proférant son fameux cri : « Mais ils ont pris
de la drogue les développeurs ?
 »
Ah, la la, qu'est-ce qu'on rigole !


26 mai 2023

La Ligue des rongeurs extraordinaires

 

En regardant le dernier Ces dessins animés-là qui méritent qu'on s'en souvienne sur les animaux dans la fiction, j'ai eu envie de revoir Basil, détective privé, ce qui m'a remis en tête un vieux concept auquel j'avais pensé il y a bien longtemps.

J'avais remarqué que les œuvres comme Bernard et Bianca, Basil ou Tic et Tac – Rangers du risque semblaient partager une diégèse commune (oui parce que les univers partagés, les fans n'ont pas attendu le MCU pour fantasmer dessus). On peut ajouter à la liste des films comme Brisby et le secret de Nihm ou Fievel et le Nouveau Monde, d'ailleurs : un monde où les animaux, en particulier les rongeurs, ont créé une communauté parallèle à celle des humains, et parviennent à communiquer avec eux dans certaines circonstances. J'aime bien ce principe, qui donne souvent des films sympas, alors pourquoi ne pas tout croiser ?

24 mai 2023

Les petites bêtes, ça m'embête... (pas)

Pour mon anniversaire, ma nièce (Elisus fabulosus) m'a offert ce petit livre
qui me réjouit grandement, car je pensais justement m'en acheter un.
Il m'a d'ores et déjà permis d'identifier moult bestioles...

 

Et on commence gentiment avec cet adorable géotrupe des bois
(Anaplotrupes stercorosus), un petit bousier dont on a croisé
des quantités dans les forêts creusoises.

Je triche un peu car nous avons rencontré ce conocéphale
bigarré (Conocephalus fuscus) dans les allées du zoo de Vincennes
l'an dernier. Mais c'est quand même une très belle sauterelle.

Ma maman m'a envoyé la photo de cette étonnante grappe d'argus
bleu céleste (Lysandra bellargus) regroupés sur un gros caca. Curieux comportement
pour un résultat que Salvador Dalí n'aurait pas hésité à qualifier
d'audacieux.

Un gros papillon de nuit croisé de jour (!) dans le Haut-Doubs :
je pense qu'il s'agit d'une pudibonde (Calliteara pudibunda), dite « patte étendue »
pour des raisons assez évidentes ici. 

Je n'avais jamais entendu parler de ce gros coléoptère
avant que des amis ne nous en envoient une photo pour identification il y a quelques
semaines, et trois jours plus tard paf, on en croise un en se baladant.
C'est un méloé « enfle-bœuf » (Meloe proscarabaeus), un gros pépère dont les élytres n'arrivent
même pas à couvrir l'abdomen, et qui ressemble
un peu à une fourmi géante.

Un classique dont plein de gens ignorent apparemment l'existence,
la limace léopard (Limax maximus). Les taches sur son dos
peuvent arborer diverses couleurs, jusqu'à un vert et orange un peu dérangeant.

Il se cache (c'était le seul moyen de le prendre à peu près correctement,
sinon il se carapate vraiment très vite), mais ne peut dissimuler sa
fabulosité : le carabe doré (Carabus auratus), dit « jardinière »,
qui a le plus souvent des reflets verts mais dévoile
ici toute la chatoyance de ses couleurs structurelles cuivrées.

(plusieurs des photos présentées ici sont de Bij, merci à elle)

22 mai 2023

Le pouvoir du jeu

 

Et c'est ainsi que, tandis que le soleil brillait sur les collines du Haut-Doubs, j'ai pu m'initier aux joies de Dune Imperium (très bien), Bunny Kingdom (très bien), Shamans (mon beau-frère est une crev il faut aimer les jeux de traîtrise), Paper Tales (très bien) et quelques autres. Un bien beau week-end.



19 mai 2023

L'Ascension du Haut-Doubs

 

Pour ce week-end de l'Ascension je suis dans le Doubs pour célébrer l'anniversaire de ma belle-sœur (et de son mari, et de leurs deux filles, ils ont fait un moyenne pondérée et ça tombe aujourd'hui, en gros). Du coup pas de post, je vous retrouve lundi.

17 mai 2023

SF, fantasy et fantastique

 J'ai vu des films...

Guardians of the Galaxy, vol. 3, James Gunn, 2023

Je l'ai déjà dit, je n'attends plus grand-chose du MCU, et je partais battu d'avance voir ce film (surtout après le Christmas Special qui était franchement en-dessous de ce à quoi nous avait habitués James Gunn). J'avais tort et raison.

J'avais tort parce que ce troisième volume est bon. Il est même un peu plus que bon, c'est une vraie, digne conclusion à la trilogie des Gardiens de la galaxie, qui restera sans doute dans les mémoires comme un des arcs les plus solides de tout le MCU. Les personnages sont forts et bien campés, c'est drôle quand ça veut être drôle, triste quand ça veut être triste, dérangeant juste ce qu'il faut (le design des « copains d'avant » de Rocket relève du pur jus à cauchemar, et pourtant ils finissent par apparaître mignons), on a un caméo fort agréable de Nathan Fillion (acteur fétiche de Gunn) et le méchant est tout particulièrement réussi, surtout après la catastrophe Kang. Tout n'est pas parfait, mais ça fait du bien.

J'avais raison parce qu'il ne faut pas s'illusionner : ce film n'est pas la suite du MCU, c'est juste le baroud d'honneur de James Gunn qui s'en va après avoir signé chez la concurrence. Aucune chance que ce heureux hasard se répercute sur la suite de la licence : un miracle par an, c'est déjà beaucoup.



Suzume, Makoto Shinkai, 2023

Je n'ai pas vu d'autres films de Shinkai, qui semble être considéré comme le nouvel enfant prodige de l'animation japonaise (mais j'ai beaucoup entendu parler de Your Name et des Enfants du temps), je ne peux donc pas trop retracer la place de Suzume dans sa filmo. Mais le moins qu'on puisse dire c'est que ça m'a donné envie de me pencher dessus.

Suzume est un énorme bazar, un scénario délirant qu'on a sans cesse envie de rattacher à d'autres grands artistes, mais quand même surtout aux œuvres d'Hayao Miyazaki. Peut-être à cause des quarante milliards de références au studio Ghibli qui parsèment le film. C'est l'histoire d'une jeune lycéenne en jupe plissée (ok, j'ai déjà lu des mangas, ça me va) qui va parcourir le Japon avec son amoureux transformé en chaise (euh... ok) pour fermer des portes à travers lesquelles une grosse bestiole menace de passer (très bien) tout en pourchassant un chat qui parle (classique) et en rencontrant plein de gens formidables qui vont lui ouvrir l'esprit au passage (attends, je relie tout ça... wtf ?). Au début on trouve que c'est assez bateau et que ça en fait des caisses, mais... les personnages sont tellement à fond, le rythme est tellement bien mené qu'on finit par entrer dedans et par les rejoindre dans leur délire. Et c'est jouissif.



Donjons & Dragons – L'Honneur des voleurs,
John Francis Daley et Jonathan Goldstein, 2023

Mon histoire avec Donjons & Dragons au cinéma remonte au 11 septembre 2001 : j'étais en train de regarder la VHS du film, que j'avais louée au vidéoclub (je suis tellement vieux), et c'est en faisant une pause que j'ai découvert les images des deux tours (et je ne parle pas d'un crossover avec Le Seigneur des anneaux). Inutile de dire que ça m'a passablement traumatisé.

Depuis il y a eu d'autres films encore plus pourris (mais qui n'ont pas déclenché de catastrophes géopolitiques globales, accordons-leur ça), jusqu'à ce L'Honneur des voleurs, qui sort auréolé de bons échos. Mérités : c'est super bien. J'ai dû le voir en VF, car j'accompagnais mon neveu et ma nièce*, et même là c'était bien. Drôle, malin, référencé sans être lourdingue, bien écrit, bien joué (y a notamment Sophia Lillis, dont j'avais déjà parlé ici, et qui confirme son statut d'actrice à suivre), c'est un authentique bon film de divertissement qui réjouira autant les fans de JdR (qui reconnaîtront plein de situations bien connues) que de fantasy (qui n'y verront que du feu et passeront un excellent moment).

* Et non, ce n'était pas pour entendre les performances de Seb et Fred du Grenier, qui doublent deux morts-vivants à moment donné. Et heureusement, vu que c'est pile la scène où j'ai dû accompagner mon neveu jusqu'aux toilettes, donc je l'ai ratée !


Les Trois Mousquetaires – D'Artagnan,
Martin Bourboulon, 2023

Comme le rappelait Fabien Campaner dans sa regrettée émission On va faire cours, il sort en moyenne une adaptation cinéma des Trois Mousquetaires tous les cinq ans. Que vaut la dernière, dont on nous rebat les oreilles qu'il s'agirait du renouveau du film d'action français ? Ben y a du bon, et du moins bon.

Déjà, le bon : c'est beau. La photographie, la mise en scène (avec des combats plutôt bien chorégraphiés et bien filmés), l'étalonnage... tout ça a quand même la classe, et pas à rougir face à un blockbuster américain. Les décors et les costumes sont eux aussi très chouettes, ça ne fait jamais « GN pouilleux dans l'univers des Lames du cardinal ». Mais à côté de ça, les dialogues oscillent entre le « un peu inspiré » et le « franchement nul », débités par des acteurs eux aussi en porte-à-faux permanent. Personnellement, je n'ai jamais compris la hype autour de Vincent Cassel, dont je n'ai jamais trouvé le jeu convaincant, même dans La Haine. Romain Duris, il est bon quand il est très bien dirigé, et là c'est moyen. Tout le reste est à l'avenant, ce qui fait que j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans. L'histoire prend de grosses libertés avec l'œuvre originale, mais comme à la base il s'agit d'un shônen à l'intrigue cousue de fil blanc, ce n'est pas trop grave. 

Par contre ça se prend un peu trop au sérieux, et l'humour est à la ramasse, ce qui est un problème pour une œuvre pensée comme un feuilleton léger et divertissant, où on suit des joyeux paillards qui tuent sans vergogne pour un mot de travers**. C'est triste à dire, mais ma version préférée reste la parodie avec les Charlots par André Hunebelle (1974), qui est sans doute très conne, mais au moins me faisait mourir de rire gamin. Pas sûr que cette version-ci enchante autant de monde.

** Si vous ne devez lire qu'un Alexandre Dumas dans votre vie, aucune hésitation, c'est Le Comte de Monte-Cristo. Laissez les aventures de d'Artagnan à votre petit frère. 


Weird: The Al Yankovic Story,
Eric Appel, 2022

La véritable histoire d'Alfred « Weird Al » Yankovic, compositeur de génie qui bouleversé le monde de la musique dans les années 1980. Enfin, en gros...

J'avais été complètement hypé par la promesse de ce film : un pastiche de biopic hollywoodien, prenant la forme non pas d'un documenteur (à la Spinal Tap) mais bien d'un récit de vie, d'un artiste lui-même connu pour ses parodies. Un artiste qu'en plus j'apprécie beaucoup : Weird Al, connu notamment pour ses clips parodiant Bad de Michael Jackson (Fat) et Like a Virgin de Madonna (Like a Surgeon). Parce que Yankovic, avec sa coupe improbable et son accordéon, il en a signé beaucoup d'autres, des parodies. 

Et on se retrouve avec un Daniel Radcliffe qui se donne à fond dans ce vrai faux rôle à Oscar, interprétant Weird Al comme si c'était Freddie Mercury. Un numéro étonnant et subjuguant, pas aussi délirant qu'on aurait pu le croire (puisqu'il s'agit d'un pastiche sérieux, à la Starship Troopers si vous voulez : un spectateur un peu distrait pourrait y croire), mais très sympathique, avec en prime une galerie de caméos étonnants (dont Lin-Manuel Miranda en chirurgien, Rainn Wilson en Dr Demento et Weird Al lui-même en producteur).