Ex nihilo Neil

14 septembre 2026

Silksong : la revanche

 

 

Ça fait quasiment un an que je suis traumatisé par Silksong. Un an que j'ai abandonné la suite de Hollow Knight, que j'avais pourtant attendue comme le Messie, face à sa difficulté et à sa fourberie qui avaient eu raison de ma persévérance légendaire et darksoulomachique. Seulement cet été, un jeune m'a chauffé, alors j'ai eu envie d'y retourner.

L'expérience fut très différente. Je ne retire rien de ce que j'avais écrit à l'époque, mais il est possible que j'ai pris le jeu dans le mauvais sens. Il est facile de se dire que si Hollow Knight était le Dark Souls de la Team Cherry, Silksong est son Bloodborne : on incarne une chasseuse, on est naturellement porté vers l’agressivité de par le panel de mouvements et de builds dont dispose Hornet... et c'est pas faux*. Mais Silksong a aussi un aspect Elden Ring : le jeu est gargantuesque !

Le mont Fay, une zone que j'avais totalement ratée lors de ma première run.
Je dirais pas que c'est dur, je dirais plutôt que ça pique.

La carte à découvrir est tout simplement immense, avec des zones entières cachées derrière un chemin tortueux lui-même planqué derrière un mur destructible que rien n'indique... Et chaque embranchement, chaque cul-de-sac, chaque gros pack d'ennemis dissimule quelque chose, une petite récompense, un nouvel outil, un quart de point de vie... Bon parfois c'est juste un boss qui bloque le chemin vers la suite, mais c'est déjà quelque chose.

Les combats, pour leur part, ont été légèrement patchés. J'ai senti la différence sur les boss du début, mais je ne sais pas ce que je dois attribuer au patch et ce que je dois à ma mémoire musculaire. Sur Aile-de-Brume, ils ont clairement nerfé les dégâts... Mais face à la Dernière Juge, qui clôt l'acte I, je l'ai battue en trois essais alors que j'avais pleuré des larmes de sang la dernière fois, sans noter de différence sur ses patterns.

Aile-de-Brume, un boss que j'avais fini par éviter la dernière fois tant j'avais souffert.
Cette fois c'est passé plutôt tranquillement...

Quant aux horribles passages de plateforme, il suffit d'y aller tranquille et sans trop de perles sur soi (parce que oui, vous allez tout perdre en mourant deux fois de suite, ne vous posez même pas la question), et d'user et abuser de la technique du déco/reco pour se téléporter au dernier banc avant de mourir. C'est peut-être pas classe mais ça tranquillise, au point que j'ai survolé sans aucune difficulté des passages qui m'avaient fait rager l'an dernier.

Le fameux passage « sans sol » du Noyau mécanique, que je craignais vraiment d'aborder
et que j'ai... first try. Littéralement. Et tranquille en plus.

Bref, je ne dis pas que le jeu est facile, faut pas exagérer, mais il est beaucoup plus abordable que je ne le pensais, si on part avec le bon état d'esprit. J'ai rattrapé en une dizaine d'heures tout ce qui m'en avait pris trente à mon premier essai, et depuis j'explore méthodiquement, par petites sessions, en me donnant des objectifs précis (tuer tel boss, remplir telle mission, explorer telle zone), et c'est... ben c'est délicieux. Parce qu'à côté l'ambiance et l'univers sont toujours aussi incroyables. 

Je n'ai pas encore fini, et je ne suis pas sûr de vouloir refaire encore le jeu deux fois pour voir toutes les fins, mais j'ai changé d'opinion : un an après la bataille, je rejoins la masse et je l'admets, Silksong est une masterclass.

* Ce serait d'ailleurs cool que la Team Cherry aille au bout du délire et fasse de Hollow Knight 3 un Sekiro, avec pourquoi pas Quirrel en héros et un gameplay « tout à la parade ». Sachant que Sekiro est mon From Software préféré, je serais très partant**...

** Pour l'instant ils vont surtout sortir un DLC gratuit, Sea of Sorrow, prévu pour d'ici la fin de l'année. Je le ferai sans doute... 

09 septembre 2026

Holland et Zendaya sont-ils appelés à régner ?

 


 Je l'ai dit pendant l'été, j'y reviens enfin après plus d'un mois à digérer et en parler un peu autour de moi, je persiste et signe : Spider-Man - Brand New Day est un super film et un vent d'air frais sur le morne paysage du MCU. 

Le passage de relais du plan-plan John Watts au sautillant Destin Daniel Cretton (à qui on devait déjà l'imparfait mais sympathique Shang-Chi) se ressent très fort et le Spidey du MCU virevolte enfin entre les immeubles new-yorkais devant une caméra digne de ce nom*. 

En prime le film se permet de faire enfin avancer l'intrigue du Damage Control (qui court de film en film et de série en série depuis des années sans aller nulle part) et introduit un nouveau personnage parfaitement exécuté, qui n'a jamais aussi bien été incarné à l'écran. Et je passe en mode spoiler parce que de toute façon vous avez déjà tous vu le film (sauf Sam, mais il s'en fout).


J'ai vraiment kiffé Brand New Day. Déjà, le film fait quelque chose que j'aurais aimé voir dès le troisième de Sam Raimi : il met plein de méchants sans trop s'embêter à les approfondir. Parce que les méchants des comics Spider-Man, ils sont souvent pas super fouillés. C'est pas la peine de passer une demi-heure sur les origines de Boomerang ou de Tombstone, on n'a ni le temps ni l'envie, on veut juste voir Spidey qui affronte des palanquées de vilains bigarrés en faisant des blagues, et sur ce point on est servis.

Jon Bernthal et sa gueule cassée reprennent le rôle
de Frank Castle qu'ils avaient inauguré dans la série Daredevil
 

Le film enchaîne ses deux heures et demies sans temps mort, avec un excellent rythme qui laisse juste ce qu'il faut de place à l'émotion. Les personnages invités vont du sympathique (Yelena, toujours incarnée par une Florence Pugh qui continue de jouer sur le côté Russe déprimée de son personnage) aux franchement réussis : le Punisher, dont Jon Bernthal est définitivement le meilleur interprète ever (même s'il joue un peu les faire-valoir, mais dans un film avec un ton pareil c'est le rôle idéal), Hulk, qui est enfin respecté et sert de menace crédible, et bien sûr Jean Grey, jouée par la merveilleuse Sadie Sink qui est juste parfaite.

Si on m'avait dit que la première X-Man (Woman ?) du MCU serait aussi marquante...
D'un autre côté ils ont annoncé que Rogue sera incarnée par Inde Navarrette,
la révélation d'Obsession, et ça me donne décidément de l'espoir pour les futurs films
X-Men. Plus que pour Doomsday en tout cas...

Le film introduit brillamment le concept de mutant et les dérives qui vont l'accompagner, on sent poindre le racisme qui va se mettre en place, et ça pourrait presque me donner un espoir pour la suite du MCU. Mais en toute sincérité, le casting de Robert Downey Jr. pour incarner Doom a séché une grande partie de ma foi en cet univers. Merci à Brand New Day de m'avoir au moins fait passer un bon moment**. 

* Toutefois, je souhaiterais apporter une nuance que je vois rarement : il est clair que John Watts avait l'intention de faire évoluer Spider-Man de film en film, et c'est pourquoi on ne le voit pas virevolter de toit en toit dans Homecoming et Far From Home, pour qu'il progresse petit à petit et en arrive là dans le troisième, No Way Home. Ça ou il ne sait pas filmer des trucs en l'air, c'est possible aussi... 

** À moi et aux jeunes générations, puisque mes nièces ont adoré (une est officiellement « Sadiefan », je ne suis pas sûr qu'elle garde ce qualificatif toute sa vie...), et je suis toujours content quand mes nièces aiment un film que j'ai aimé aussi.

07 septembre 2026

Comme une planète abandonnée...

 

Ça faisait quelque temps que nous n'avions pas fait un petit point & click avec Bij, les dernières vacances ont été l'occasion de nous plonger dans le récent The Abandoned Planet. Il ne réinvente pas le genre, mais il fait le taf.

Votre vaisseau spatial s'est crashé sur une planète inconnue, que les habitants ont a priori désertée (d'où le titre). Que s'est-il passé ? Comment allez-vous pouvoir repartir ? Va-t-il falloir combiner le cintre avec le chewing-gum usagé pour obtenir une clé artisanale ? Vous le saurez après cinq petites heures de jeu.

Ah ben il va marcher beaucoup moins bien, forcément.


The Abandoned Planet est un jeu où l'on évolue tableau par tableau, sans scrolling (à la Myst, si vous voulez), avec des gros pixels et de belles couleurs pétantes. Il n'est pas particulièrement difficile, et si vous avez déjà pratiqué le genre vous allez même trouver au début qu'il a un côté « mon premier point & click ». Ce n'est que dans sa seconde moitié que quelques énigmes nous ont un peu résisté. 

On sent que le studio (Dexter Team Game) débute encore (c'est son deuxième jeu), mais qu'il crève d'envie de bien faire. On devine d'ailleurs qu'ils ont joué à Tunic pendant le développement : l'héroïne du jeu trouve assez tôt un carnet qu'elle conservera tout le reste de l'aventure, et qui contient la réponse à de nombreuses énigmes pour peu qu'on décrypte ses informations (et qu'on pense à le consulter). Un système malin et très satisfaisant. Plus que le déplacement de tableau en tableau à l'aide de flèches de direction, pas toujours très intuitif... 

Ajoutons qu'il y a également un scanner, qui permet de scanner, ce qui dans mon barème personnel octroie instantanément trois points bonus à n'importe quel jeu. 

Le jeu est par ailleurs disponible en français (l'interface, pas les doublages)
et plutôt bien traduit. Notez qu'il s'agit d'un épouvantable jeu woke, puisque 
l'héroïne est une femme noire. Horreur. Malheur.

Résultat : on n'est pas sur un chef-d'œuvre du genre, l'intrigue est très classique et ne soulèvera pas de grands questionnements philosophiques de la part du joueur, mais pour passer le temps en soirée après une bonne journée de rando, c'est parfait.

02 septembre 2026

Éclipse totale des yeux


Cet été, nous avons partagé une petite semaine avec la famille Wookie of the Year (et Sam), et c'était trop cool, on a chassé l'éclipse espagnole, le poï'z béarnais au coucher du soleil ainsi qu'une quantité absolument délirante de moustiques dans le gîte qu'on avait loué près d'Orthez. Ce dernier point s'explique peut-être par la présence de scutigères véloces, des myriapodes assez flippants qui hantaient la maison la nuit, et qui sont connus pour manger les araignées (prédateurs naturels des moustiques). 

Une vision de l'enfer, qui en outre a un petit côté « où 
qu'il est le cucul où qu'elle est la têtête ?
»
(pour info, là, la tête est en bas).

 

Je n'avais jamais croisé moi-même de scutigères, c'est quand même assez impressionnant, surtout quand elle « plane » au mur dans un silence étrange. Car si on la dit véloce, ce n'est pas pour rien : la bête est rapide. Ceci dit elle devrait vous laisser tranquille, sauf si vous l'emmerdez (ce qui relèverait franchement du masochisme) : elle craint la lumière et n'a vraiment aucune raison de s'attaquer à un humain. Si vous voulez quand même tenter votre chance et en attraper une à pleines mains, sachez que sa morsure est assez cruelle et qu'en outre, elle est venimeuse.

 

31 août 2026

Éclipse totale du cœur

 



En 1999, il y avait eu une éclipse totale en France, que j'avais ratée. J'étais resté dans le Sud-Ouest et avais observé la version partielle avec le masque à souder de mon père. C'était impressionnant, mais pas non plus incroyable. Cette année, les copains étaient motivés, alors on est parti de notre gîte béarnais pour une épopée jusqu'aux environs de Burgos, en Espagne. Des amis d'amis astronomes amateurs avaient repéré le spot idéal, et on a pu profiter de l'événement aux premières loges.



Tout ce qu'on raconte est vrai : c'est une expérience extraordinaire. La nuit en plein jour, la température qui dégringole, l'ambiance crépusculaire (qui ne peut pas ne pas me faire penser à Dark Souls 3, mais bon, ça c'est moi)... Après un été caniculaire, se retrouver devant un tel spectacle avec un groupe d'amis avait un petit parfum de fin du monde douce-amère... mais finalement le soleil est réapparu et la vie a pu reprendre.