J'ai pas mal de films qui m'intéressent cet été, alors on va commencer à parler de ceux que j'ai vus récemment. Y a du bon, du moins bon, du décevant, bref c'est le cinéma quoi.
Obsession, Curry Barker, 2026
On commence par ce qui est sans problème le meilleur film que j'ai vu ces dernières semaines, et le meilleur film d'horreur depuis des années. Obsession part d'un postulat très classique, le « vœu qui tourne mal », mais réussit à brasser tout un tas de thématiques très modernes sur le patriarcat, l'emprise, les concepts d'incel et de nice guy, le tout en mettant tous les potards du trouillomètre sur 11. C'est flippant, c'est parfois aussi hyper drôle, mais c'est quand même surtout flippant, et on en sort pas tout à fait indemne (surtout quand on rentre à la maison et qu'on retrouve sa moitié, totalement inconsciente de la folie qu'on vient de traverser, et chez qui on se met à guetter le moindre symptôme de folie).
Disclosure Day, Steven Spielberg, 2026
Un nouveau Spielberg, c'est toujours un peu la fête, surtout quand il revient à ses premières amours, les extraterrestres. Mais là... Pour une fois, je me retrouve entièrement dans la critique vite fait du Joueur du grenier : ce film n'a aucun sens en 2026. Il prétend parler de la vérité, de la difficulté à faire passer un vrai message au monde, de la nécessité de garder un esprit ouvert... et au final il dégage juste, au mieux, un sentiment de naïveté confinant au délire. Le scénario est inepte, les personnages font n'importe quoi et les effets spéciaux sont franchement limites, mais le vrai problème c'est le message final : il y a trente ans, à l'époque de X-Files, quand on se faisait gentiment frissonner en se disant que le gouvernement ne nous dit pas tout, ça aurait déjà été un peu daté. Mais aujourd'hui, à l'époque de la post-vérité, de Trump et de l'IA, il est complètement absurde que le duo Steven Spielberg et David Koepp (pourtant excellent scénariste de plein de films cultes) nous propose un truc pareil. Ce film est une anomalie inexplicable. Et en plus on s'y fait bien chier.
Supergirl, Craig Gillespie, 2026
J'attendais beaucoup de cette suite du Superman de James Gunn, que j'avais bien aimé, et auquel il devait venir faire contrepoint. Alors que Clark Kent est positif et croit en l'Humanité, car il a grandi dans une famille aimante au sein d'une bonne vieille ferme du Kansas, sa cousine Kara a vu les conséquences de la destruction de Krypton : elle a vu sa civilisation s'étioler, sa mère mourir et son père l'expédier dans l'espace. D'où un personnage plus intransigeant, plus punk... au début. Car le film commence bien, avec une Supergirl perpétuellement bourrée qui essaie de rabrouer une gamine en quête de vengeance... mais très vite ça part sur des rails bien connus et pas très intéressants, qui ressemblent quand même beaucoup à du sous-Gardiens de la galaxie (de James Gunn !). Avec en plus des scènes avec Lobo qui ont vraiment l'air d'avoir été tournées ailleurs et ajoutées à l'agrafeuse, sans qu'elles n'apportent rien au film. Le tout finit sur un vrai sentiment de gâchis, et c'est bien triste parce que je l'ai vu avec ma nièce à qui j'espérais montrer un film cool et une super-héroïne fun. C'est raté.
Le Cuirassé Potemkine, Sergueï Eisensein, 1926
Je me suis retrouvé dans une séance spéciale qui repassait Le Cuirassé Potemkine, film culte, muet et russe de 1926, et c'était en pleine canicule ; il n'est pas impossible que j'ai un peu piqué du nez. Mais j'ai quand même saisi l'idée générale, et compris pourquoi ce film est une date essentielle du septième art : les moyens déployés sont démentiels, ça tourne sur l'eau, avec des centaines de figurants, il n'y a pas de personnage principal puisque le but est de mettre en avant la Révolution qui s'allume par le collectif, bref c'est ultra innovant. Et oui, c'est une œuvre de propagande, comme souvent les premières grandes œuvres du cinéma, mais pour un truc nettement plus sympathique que les nazis ou le Ku Klux Klan, alors on va pas râler. Et oui, il y a la scène de la poussette dans l'escalier d'Odessa, reprise dans nombre de films (dont Les Incorruptibles de De Palma), c'est culte et c'est pas pour rien.
Colony, Yeon Sang-ho, 1926
Si vous avez vu Dernier train pour Busan, vous connaissez déjà l'œuvre de Yeon Sang-ho. Et cette phrase pourrait conclure cette critique, en fait. Dernier train... est et semble appelé à rester son meilleur film. Il réinventait brillamment le film de zombis en le combinant avec un huis-clos malin, des personnages bien développés et une mise en scène brillante. Colony, c'est tout le contraire : le gimmick des zombis qui évoluent et communiquent pourrait être intéressant mais est traité n'importe comment, les personnages sont des clichés sur pattes qui font n'importe quoi et la mise en scène se contredit tous les deux plans. C'est un échec total qui présente toutefois l'avantage de se jouer dans des salles climatisées. Tant mieux parce qu'il ne vous fera pas frissonner de peur.


























