Ex nihilo Neil

22 mai 2026

Adieu Gibert ?

 



Les Parisiens en ont peut-être entendu parler : la bouquinerie Gibert vient de se placer en redressement judiciaire, ce qui pourrait fortement impacter ma consommation de bandes dessinées car je m'y alimentais largement en ouvrages d'occasion. 

Bien sûr tout le monde accuse les jeunes, qui « ne lisent plus » (ce qui est archi faux quand j'observe ceux que je fréquente, boulimiques de lecture, mais bon, ils ne sont sûrement pas représentatifs). Je constate toutefois que les rayons « romantasy » ont explosé ces dernières années*, comme quoi il y a bien une demande. Je pencherais plutôt pour une explosion du prix des matières premières (moi qui bosse dans la presse, je confirme que le papier est plus cher qu'à une époque) et de l'offre, beaucoup trop pléthorique pour être absorbée par la population.

Reste que la fermeture définitive de la principale librairie d'occasion de la capitale m'ennuierait pas mal, j'espère qu'ils vont tenir. 

* Gibert lui-même a ouvert une boutique entièrement dédiée à ces amourettes entre vampirette sophistiquée et loup-garou rustre, c'est dire. 

20 mai 2026

Captain Zilog à la rescousse !

 

 

Bij a trouvé un truc, et je connaissais pas, alors que ça ressemblait vraiment très fort à un truc que j'aurais dû connaître. Alors j'ai enquêté. Eh ben en fait c'était normal de pas connaître.

Commençons par l'objet en question, si ça se trouve ça évoquera des choses à certains vieux lecteurs :

Il s'agit d'un gros badge qui fleure bon les années 1970.

Ce « Captain Zilog », avec son nom qui ressemble à une anagramme (mais n'en est pas une) et son design qui copie ouvertement le style DC-Marvel d'une époque, rappelle immanquablement les plagiats plus ou moins inspirés de comics des années 1970-1980. Je pensais donc tomber sur une quelconque série chelou signée Stan Lé ou Jacques Kerby. Eh bien figurez-vous que pas du tout. Captain Zilog fut en fait la mascotte de... Zilog, une très sérieuse entreprise d'électronique californienne.

Zilog a notamment conçu le Z80, un microprocesseur 8-bit qui est entré dans la composition d'une multitude de hits hardware de l'époque, dont le ZX Spectrum, l'Amstrad CPC ou encore la Master System de Sega et la Game Boy de Nintendo !  

Et Captain Zilog, me direz-vous ? Il est né en 1979 (comme moi : coïncidence ? Oui, sûrement), pour accompagner la naissance du Z8000, le tout nouveau microprocesseur 16-bit de l'entreprise, afin de lui donner un support visuel attrayant. Oui, je pense qu'on peut le dire :


Captain Zilog est un programmeur, Nick Stacey, qui se fait manger par un gros écran CRT et se voit conférer le pouvoir d'un microprocesseur qui marquera le « commencement d'une liberté nouvelle pour l'imagination humaine ». Il affronte alors le terrible Docteur Diabolicus qui tente de prendre le contrôle de Cityville. Si vous avez l'impression que j'invente, tout est archivé et dévoilé sur le blog de cet éminent collègue, c'est édifiant...

Détail tout de même intéressant : notre héros le Captain 16-bit (ce qui fait beaucoup pour un seul homme) est dessiné par rien moins que Joe Kubert, une légende des comics de l'âge d'argent qui a prêté sa plume à une multitude de super héros de cette époque, mais qui devait aussi faire bouillir la marmite les mois de vaches maigres, d'où sans doute cette commande incongrue.

Comment ce badge s'est-il retrouvé dans la cave de mon beau-père, ça, nous ne le saurons sans doute jamais (il était féru de nouvelles technologies et avait tendance à ne rien jeter, qui sait dans quel congrès d'électronique il a pu tomber dessus ?), mais c'est le genre de bricole que je garderai dans un coin. 

13 mai 2026

Conan la galère

 

Une belle revanche sur la vie. Ils ont ri de moi quand ils m'ont exilé dans ces terres hostiles pour d'absurdes motifs de rixe sur camélidés. Et me voilà désormais glorieux, chevauchant, glaive au poing, ceint de l'armure que j'ai moi-même forgée, à la tête de ma horde dont chaque membre a été conquis de haute lutte. Pourtant, les débuts ont été difficiles, oh oui.

Et c'est d'ailleurs pourquoi je n'ai jamais pu dépasser une ou deux heures de jeu sur Conan Exiles. C'est agaçant, ce jeu devrait me plaire, il a tout ce qu'il faut : de la survie, du craft, un lore riche, un univers que j'aime bien*... Chaque fois que je vois des let's play (et il y en a plein), j'ai envie de m'y replonger, je passe cinq heures à télécharger le jeu, et je craque à la fin du tuto. Je sais pas, il y a quelque chose dans la maniabilité, une austérité, un truc qui me gêne. Et puis je me fais défoncer à une vitesse...


Mais bon, une nouvelle version Enhanced vient de sortir, portant le jeu sous Unreal Engine 5, avec des graphismes plus beaux encore, je l'ai donc une fois de plus relancé. Et j'en re-chie, mais je vais essayer de pousser un poil plus loin cette fois (au moins me faire une petite maison et quelques esclaves compagnons). On verra bien.

* Pour celles et ceux qui l'ignorent, Conan, ce n'est pas un abruti en slip de cuir qui ne fait que taper : l'œuvre de Robert E. Howard est riche et forte, ce n'est sans doute pas la plus subtile mais elle est largement digne d'intérêt (et, par ailleurs, elle se déroule dans le même univers que celui de Lovecraft, les deux auteurs ayant beaucoup correspondu... amusant).  

11 mai 2026

Ça a marché !

 

Comme quoi croiser les doigts, parfois ça marche : entre deux journées mi-figues mi-cuites, nous avons réussi à nous envoler pour couvrir l'incroyable distance séparant Château-d'Œx de Bas-Intyamon (soit 21,5 km) en à peine 1 h 30, une belle performance qui nous met à égalité avec un cycliste souffreteux. Mais bon, il faut le reconnaître, la vue était belle.

 





(Les photos sont de Bij ou de sa sœur. Les enfants sont seulement de sa sœur).

08 mai 2026

On croise les doigts

 

Il y a quelque temps déjà, la sœur de Bij lui a offert une balade en montgolfière, mais la météo n'a pour l'instant pas été favorable, donc on retente le coup ce week-end.

On croise les doigts très fort, mais si tout va bien lundi on se sera baladé au-dessus des montagnes suisses. Bon week-end à vous. 

06 mai 2026

Paleo : l'héritage

 


Je vous ai déjà parlé de Paleo ? Oui, je sais, trop souvent. Vous savez que j'aime beaucoup ce jeu coopératif dont pas une partie ne se déroule comme vous l'espérez, et qui parvient à raconter des événements sans un mot. Mais il manquait quelque chose à Paleo : une raison d'enchaîner les parties. Problème que j'ai résolu, en toute modestie.

Ça faisait un moment que j’envisageais de bricoler une campagne pour Paleo, qui permettrait d'enchaîner plusieurs parties avec un lien entre elles. Je devais composer avec la volonté du créateur Peter Rustemeier, qui a clairement expliqué que chaque partie était indépendante : à la fin, la tribu réalise sa fresque qui célèbre les grands moments de son existence, puis sombre dans l'oubli en laissant ce témoignage pour la postérité. C'est joli, c'est poétique, mais ça ne m'arrange pas, alors j'ai fouillé le livret de règles de fond en comble, et j'ai ressorti deux mécaniques généralement oubliées ou sous-exploitées.

  • La première, ce sont les « variantes », des modifications de règles qui permettent de monter ou diminuer le niveau de difficulté du jeu (genre « vous commencez avec des ressources en plus », ou « vous pouvez choisir vos personnages en piochant deux cartes au lieu d'une »...).
  • La seconde, ce sont les « exploits », équivalents des succès d'un jeu vidéo, qui consistent à finir une partie en réalisant des conditions particulières (aucun jeton Crâne, ou six cartes Idée sur le râtelier, etc.).

 

La petite famille Wookie of the Year, venue 
tester la campagne à la maison. Enfin, le fils, les autres sont en réserve...

J'ai ainsi conçu un système de gemmes que vous accumulez en fin de partie si vous gagnez (+ 2 gemmes) ou si vous réalisez un exploit (+ 1 gemme), et que vous pouvez consommer entre les parties pour débloquer des bonus plus ou moins permanents (souvent inspirés des variantes, mais pas que). Le tout assorti d'un cheminement avec des tirages au sort de modules pour varier un peu les plaisirs. Ainsi la difficulté croissante des parties (liée aux modules à tirer) est compensée par les bonus débloqués au fur et à mesure. Ça donne un sentiment de progression, un côté random avec les tirages des modules, et ça maintient gentiment la tension. 

Le tableau du cheminement après les tirages au sort. 
Notez qu'en partie 6, il va falloir affronter les loups et 
le tigre à dents de sabre, ça va être folklo...

 

Nous avons testé ça ce week-end et ça marche plutôt bien (si vous avez des joueurs motivés, mais justement, on a invité la petite famille Wookie of the Year, comme ça on pouvait se relayer de temps en temps). Je suis très content du résultat, il me reste à l'affiner pour l'extension Une nouvelle ère, mais j'ai hâte de lancer ça avec mes neveu et nièces.

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Sinon, une vraie actu sur Paleo, c'est la sortie de Paleolino, un jeu coopératif pour enfants qui semble se passer dans le même univers préhistorique. Je ne sais pas du tout ce que ça vaut, objectivement ça a l'air très différent (c'est vraiment juste « inspiré de ») et vraiment destiné aux bambins de 5 ans, mais bon, faut voir. Son créateur Marco Teubner avait aussi signé une adaptation de L'Âge de pierre pour les plus jeunes, donc il s'y connaît en casualisation de jeux allemands un peu costauds.