22 août 2016

Vas-y au vasa !

Connaissez-vous l'histoire du Vasa ?


Mais non bande de nouilles ! "Vasa", c'est le nom de la dynastie des rois de Suède.
Pour info, la dynastie actuellement au pouvoir est celle des Bernadotte.



C'est une anecdote bien connue des amateurs d'histoire maritime, moins du grand public...

En 1626, le roi de Suède Gustave II Adolphe ordonna la construction d'un bateau gigantesque, à double rangée de canons, pour appuyer la guerre qu'il menait alors contre son cousin le roi de Pologne (oui, pendant la guerre de trente ans, les Suédois guerroyaient contre les Polonais, c'est la vie).


Gustave II Adolphe, dit "le Grand", ou encore "l'autre con" par son cousin Sigismond III, roi de Pologne.


Le projet était très ambitieux, le navire s'annonçait titanesque et les meilleurs ouvriers avaient été mobilisés en conséquence. Un expert avait été débauché des Pays-Bas pour la construction, et son décès prématuré n'a pas ralenti le chantier (détail amusant, c'est sa femme qui reprit les rênes de la maîtrise d’œuvre). Essentiellement parce que Sa Majesté Gustave poussait au cul, visitait régulièrement le chantier et y allait de ses petites requêtes supplémentaires que personne n'était en position de lui refuser.

Comme tous ceux ayant eu affaire à ce type de management l'auront deviné, le Vasa fut fini à temps, quitta le port le 10 août 1628 sous les vivats et... bascula pour couler comme un caillou à peine trois cents mètres plus loin.
L'histoire fit bien sûr grand bruit et tout Stockholm résonna bientôt de rumeurs de malédictions, de traîtrises, de sabotage polonais, etc.

Une maquette du machin. Gros bateau, entre le galion et la caraque, paraît-il...

Une enquête eut lieu, et les Suédois étant un peuple sérieux, elle fut promptement menée. On écouta les survivants, le constructeur, des témoins de la scène (qui ne manquaient pas, le naufrage ayant eu lieu à cent vingt mètres du rivage), et on conclut à une triple culpabilité : le chef de chantier (mort), l'amiral de la Marine royale et le roi lui-même. Fort logiquement, l'affaire fut donc enterrée et le Vasa rejoignit les légendes du vieux port, et hormis quelques cinglés équipés d'une cloche de plongée, rien ne semblait devoir perturber la vie des crabes qui avaient trouvé là une nouvelle HLM.

L'histoire, étrangement, ne s'arrête pas là. Bien des siècles plus tard, en 1961, le gouvernement suédois décide de renflouer le Vasa. On le retrouve, on monte d’invraisemblables échafaudages et grues, on passe six câbles colossaux sous la carcasse et on la remonte doucement vers un hangar prévu à cet effet. Là, on dégage l'intérieur, on fait doucement sécher le vieux bois et, quand ce travail de fourmi est terminé, on édifie un musée à la gloire du vieux bâtiment malchanceux.

Le musée du Vasa est dédié au bateau. Et il le contient littéralement. C'est hallucinant.

Et voilà comment les hontes d'hier peuvent devenir les fiertés d'aujourd'hui.

2 commentaires:

Victor von Jul a dit…

Merci pour cette tranche de l'histoire suédoise que je ne connaissais pas. C'est exactement le genre de trucs qu'il m'intéresserait de visiter :P

N'empêche, voir le bousin sombrer le jour de son lancement à même pas 300m du port, devant tout le monde... Ca a pas dû être évident de s'en remettre, moralement parlant. Et bonjour la honte, quoi ! :D

Unknown a dit…

On l'a vu aussi c'est vrai qu'il est époustouflant