09 octobre 2015

La maison du Parlement... de Bretagne

Donc, le Parlement de Bretagne.
Déjà, d'où est-ce que la Bretagne a un parlement ? C'est que the fuck ce bordel ?
Eh bien à la grande époque de la monarchie que nous regrettons tous, plusieurs provinces françaises avaient leur propre parlement au sein duquel étaient discutées les différentes propositions de loi générées par l’État français, c'est-à-dire le roi.

En gros, l'idée était de déterminer si tel texte de loi était raccord avec la culture locale. Ainsi, en Bretagne, c'était pas trop dans la culture locale de payer de nouvelles taxes et impôts, par exemple. Donc à chaque nouvelle proposition, les parlementaires se réunissaient, buvaient du cidre et du chouchen, pissaient sur la proposition de loi et celle-ci repartaient tranquillement en estafette pour Paris (ou Versailles, selon les époques).


Le palais a brûlé en 1997, mais sa restauration est assez impressionnante.
Détail amusant : le rez-de-chaussée servait en fait de prison (ce qui me semble peu judicieux, mais bon, ça justifie l'usage de granite, moins joyeux et plus dur à creuser). Un grand escalier en façade permettait d'accéder au balcon du premier étage où se déroulaient les assemblées.
Sur la grande place devant le palais, on trouvait bien sûr une statue du roi de France.
Et puis un jour, Louis XIV remarqua que cet agencement plaçait les parlementaires au-dessus de lui (j'imagine en outre que les Bretons ne se gênaient pas pour le faire remarquer, vu leur subtilité coutumière), il a donc gentiment proposé qu'on supprime escalier et balcon. Ainsi fut fait.

L'intérieur du palais est à peine chargé.
Aujourd'hui le palais du Parlement est toujours utilisé... comme palais de justice. Il abrite en effet la cour d'appel de Rennes, qui a vu défiler les procès de Dreyfus (une petite affaire qui a vaguement défrayé la chronique à la fin du XIXe siècle) et plus récemment d'Outreau.   


Alors, oui, la présence d'un immense Christ en croix dans un bâtiment de la République peut surprendre.
Mais quand la décision fut prise d'utiliser le lieu comme palais de justice, il a fallu choisir entre éliminer
toutes les références religieuses des décors (soit une bonne moitié) ou conserver ces pièces sublimes.
 


Sur cette photo où l'on voit la salle de la cour d'assises, on notera la présence d'un grand écran de projection qui sert vraisemblablement aux experts pour leurs démonstrations. Selon la guide, il permet également de dissimuler le fort peu républicain blason parsemé de fleurs de lis, afin de ménager les sentiments des accusés.
J'imagine assez bien la scène...
- Monsieur, nous savons que la période n'est pas facile pour vous, aussi nous avons dissimulé ce blason de lis d'or sur champ d'azur, symbole de la monarchie comme vous le savez, afin que vous n'ayez pas l'impression d'être jugé par la botte arbitraire d'un despote tyrannique, mais bien par la République française, digne et impartiale.
- Gné ? Chuis accusé d'avoir piqué un scooter, kesstuféchier ? 


Gnihi, on dirait un nichon !
Bon, sinon on a aussi visité le musée de Bretagne (vu que dimanche, il pleuvait). Et c'est très, très beau. Un musée moderne, intéressant, architecturalement très sympa, vivant... Non, vraiment, ça vaut le coup.

L'occasion de vérifier que oui, c'est vraiment une vraie expo !


Et en prime le musée contient une médiathèque qui... ben qui pète la classe quoi ! Regardez ça, on est dimanche après-midi (certes il pleut, mais quand même !), et c'est plein de jeunes ! Ça lit, ça fait des recherches sur le net, ça fouine, ça feuillette des BD, ça joue même à la console (oui, il y a des espaces avec des consoles de jeux !), bref, on dirait une vraie vie culturelle ! Franchement, ça donne envie.

1 commentaire:

SammyDay a dit…

Ah, les Champs libres, c'est l'antre de la culture... mais mise en valeur par la ville. Pas comme d'autres...