Ex nihilo Neil

28 janvier 2026

Tournoi de puzzles

 

Le saviez-vous ? Bij et moi (enfin, surtout Bij, mais moi aussi un peu quand même) on adore les puzzles. Au point que le week-end dernier, nous avons rejoint sa sœur pour un séjour familial et un petit tournoi local organisé près de Pontarlier, dans le Doubs.

Eh ben on s'en est plutôt bien sorti, puisque Bij et sa sœur ont fini premières dans la catégorie 1 000 pièces, et Bij et moi troisièmes dans la catégorie 500 pièces. C'était cool et ça nous a permis de passer un beau week-end à la neige, que demander de plus ?

Le puzzle de 500 pièces, que nous avons fini trente secondes après
la sœur de Bij et sa coéquipière.

 
Le puzzle de 1 000 pièces, que les frangines ont terminé en 2h03.

26 janvier 2026

Le mal habite au 4

 

 

Ça y est, conformément à la tradition millénaire depuis cinq ans, j'ai fait mon Resident Evil de l'année, et cette fois ce fut le quatrième opus, considéré comme un des meilleurs de la série et comme un des meilleurs jeux vidéo tout court d'ailleurs, tant il a réinventé le genre du survival horror en ajoutant une grosse composante action. Et c'était effectivement super.

Dans RE4, vous incarnez Leon Kennedy (le héros du deuxième), flic très spécial envoyé pour sauver la fille du président des États-Unis qui a été enlevée par une secte maléfique qui fait des expériences secrètes dans la cambrousse espagnole, et... oui, on va pas se mentir, le scénario c'est vraiment pas le point fort des Resident Evil. Enfin, d'un certain point de vue, parce que c'est objectivement hilarant de nanardise. Le héros solitaire et plus ténébreux qu'un sac de charbon, la greluche à sauver (qui a été nettement améliorée dans le remake*, dans l'original c'était vraiment une gourde qui passait son temps à hurler), l'agente spéciale Ada Wong qui débarque de nulle part en prenant la pose, le rigolo de service Luis qui meurt après rédemption tandis que le héros lui allume sa clope... et je ne parle même pas des méchants.

Vous allez en buter, du péquenaud hispanique.

Bref, chaque cinématique est un grand moment de rigolade**. Le reste du jeu est toujours nickel, avec de l'action, de la « réflexion » (jamais bien méchante), des clés à trouver pour ouvrir des passages en slalomant entre les zombis / paysans / créatures fongiques, des boss avec des points faibles évidents (visez les yeux, en général ils sont très gros, orange et pas du tout sur le visage, c'est facile), et plein d'armes différentes (mais je m'en sors généralement avec un pistolet, un fusil à pompe et un fusil de sniper, c'est largement suffisant).

 

Ah oui, y a lui aussi, le marchand qu'on croise à tous les coins de couloir, 
y compris dans les endroits les plus incongrus.
 

Vous avez peut-être remarqué que dans les jeux modernes, on se donne beaucoup de mal pour justifier toutes les petites contingences de gameplay dans l'intrigue. Eh bien Resident Evil, pour sa part, n'en a rien à braire. Les gars de chez Capcom assument complètement que vous jouez à un jeu vidéo, que vous savez que vous jouez à un jeu vidéo et que vous n'avez pas besoin de tout justifier. Donc oui, y a des quêtes secondaires où il faut détruire des médaillons bleus planqués un peu partout, y a du tir au pigeon pour gagner des bonus, y a un marchand qui se téléporte, y a des corbeaux qui dropent des émeraudes quand on les tue, et plein d'autres absurdités qu'on ne va pas s'emmerder à expliquer. Et c'est pas bien grave.

En tout cas voilà qui conclut mon rattrapage de la série (car le remake du 1 n'est pas ouf, et le 5 et le 6 sont considérés comme les canards boiteux de la série). Enfin, pour l'instant. Le 9 (Requiem) sort dans un mois, et je sais déjà que je le ferai un jour***.  

* Oui, car je joue aux remakes, qui sont sublimes, et en mode facile, parce que j'ai vraiment pas envie de me faire suer.  

** Et c'est encore mieux si vous essayez de relier l'intrigue avec celles des autres opus, tant le n'importe-quoi est grand, encore accentué par le côté très premier degré de la mise en scène. Maintenant que j'y ai joué, je réalise à quel point les films Resident Evil sont en fait des adaptations réussies dans une certaine mesure : des scénarios de nanar dans les deux cas. Sauf que les films n'ont pas un gameplay pour les sauver. 

*** D'autant qu'il semble annoncer un délire plus survival, avec une héroïne faible et démunie, ce qui change des gros bourrins genre Leon, Claire ou Jill... 

21 janvier 2026

Mouche des villes et rat des champs

 


Vous êtes une souris, de retour dans la forêt après la mort de vos parents, partis tenter leur chance à la mine. C'est l'hiver, votre ancienne maison est en ruine et votre seule famille encore vivante vient de se faire enlever par un hibou. Tout n'est-il pas réuni pour un jeu chill ?

Winter Burrow est un petit jeu « de survie », avec autant de guillemets que possible. Tous les ingrédients sont là : jauge de faim, jauge de froid, monde hostile, PNJ tristes voire désespérés... et pourtant Winter Burrow n'est pas difficile, pas du tout. On est plus sur une espèce de Don't Starve premier âge, idéal pour apprendre les rudiments du genre aux enfants, avec un patte graphique sublime de livre illustré et une belle histoire où on s'emploie à recréer du lien entre nos voisins dysfonctionnels. Bref, c'est beau comme tout, ça dure une dizaine d'heures et le seul reproche que je lui ferai est sa fin un peu abrupte. Idéal pour occuper les froides soirées d'hiver.



Vous êtes une mouche. Vous avez 80 secondes à vivre, et une liste de choses à faire avant de mourir. C'est parti.

Le concept de Time Flies est con comme la pluie, et rappelle d'ailleurs Untitled Goose Game, le plus célèbre des jeux à checklist. Vous vous baladez dans le niveau et vous interagissez avec ce que vous croisez, et parfois ça coche une des cases de votre bucket list. C'est tout bête, ça prend une heure et demie max et c'est si cool qu'on pardonne largement au jeu sa DA sur Paint (et encore, le Paint de Windows 95). Idéal pour occuper une froide soirée d'hiver, une seule, parce que c'est court.

19 janvier 2026

La tournée geek

 


Samedi dernier, j'ai été marcher en ville en suivant un parcours que je pratique assidûment depuis bien des années maintenant, et que j'appelle sobrement la tournée geek. 

Il s'agit de se tenir au courant des dernières sorties et de ne pas rater les bonnes occasions, surtout en ces lendemains de fête où tout le monde s'en va revendre aux bouquinistes ses cadeaux surnuméraires. Perso je me réserve quelques heures et je visite les échoppes dans l'ordre suivant :

  1.  L'Œuf Cube Sorbonne, anciennement boutique Descartes : magasin de jeux de société très bien achalandé, dont le rez-de-chaussée amusera vos cousins fans de Mille bornes. Mais au sous-sol, on attaque les vrais jeux sérieux, ainsi que les jeux de rôle, les puzzles et autres jeux d'enquête. On y vend même quelques fanzines communautaires et de la peinture pour figurines Warhammer. Les tenanciers savent de quoi ils parlent et épier les conversations des poilus du jeu de plateau qui fréquentent les lieux est un bon moyen d'orienter ses choix, ou de déguster de savoureuses anecdotes de grosbills.
  2. Album Toys : descendez la rue Saint-Jacques et à une portée de jet de pavé, vous trouverez la boutique Album dédiée au merchandising nippon. À vous les chapeaux de paille de Luffy, les traversins Rei Ayanami (« Non mais c'est pour dormir hein... ») et les figurines hors de prix dont le bon goût fera douter vos amis de l'opportunité de vous laisser garder leurs enfants. 
  3. Album Manga : traversez la rue et vous arrivez devant une petite boutique relativement récente dédiée aux illustrés nippons. Vous y trouverez à peu près tout ce que vous cherchez, en VF cependant, mais arrêtez d'essayer de faire croire que vous lisez le japonais, ça fait rire tout le monde.
  4. Album Comics : on attaque le dur, et mon principal repère (repaire ?) depuis plus de vingt ans. Album Comics, sis à l'angle de la rue Saint-Jacques et du boulevard Saint-Germain, propose à peu près tout ce qui sort aux États-Unis directement en importation (et oui, c'est là que j'achète mes albums du Energon Universe). En prime vous trouvez aussi toutes les traductions françaises, des figurines complètement ouf (dont en ce moment un gros revival de Maîtres de l'univers et de Transformers), du merch heroic-fantasy, SF, Disney et autres à des prix prohibitifs (si vous aimez Harry Potter, vous allez kiffer)... bref, c'est le paradis, et les vendeurs sont sympas et connaisseurs. Le pivot de la balade.
  5. Aapoum Bapoum : traversez le boulevard et pénétrez rue Dante, une des allées les plus geeks de la capitale. Ici, tout est fait pour vous, à commencez par Aapoum Bapoum, bouquiniste spécialisé dans la BD. On y trouve de tout à tous les prix, sous l'inquiétant regard d'un tenancier taciturne. Ça vaut toujours le coup d'y jeter un œil.
  6. Pulp's Comics : juste en face se trouve une boutique spécialisée dans les comics, autant d'import que traduits. C'est très bien tenu, parfaitement rangé, les commerçants sont avenants et prompts à vous renseigner, bref je n'ai que du bien à en dire... si ce n'est que je préfère Album Comics, pour de stupides raisons de préexistence historique. J'y vais quand ils n'ont pas ce que je cherche en face, ça arrive, et je n'ai jamais regretté.
  7. Album BD : ici vous trouverez le franco-belge, si ces choses vous intéressent. La boutique est vaste et avenante, les vendeurs prévenants, les albums bien exposés et mis en avant et il n'est pas rare d'y trouver un artiste venu dédicacer. 
  8. Metaluna : un poil plus loin dans la rue, vous tomberez sur cette emblématique boutique portée sur le cinéma bis, avec sa vitrine incroyable et ses rayonnages serrés à l'ancienne. J'y entre rarement, tant m'a passé le goût du DVD, mais c'est un endroit iconique de la culture geek parisienne, au point qu'ils y ont tourné la fin de l'épisode 11 de Chroma.
  9. Pulp's Toys : juste en face se tient cette boutique à l'enseigne prometteuse portant sur les jouets. Malheureusement, l'époque étant ce qu'elle est, elle ne contient plus que du merch japonais ou coréen, à base de cartes à collectionner, de porte-clés et autres figurines Funko Pop! (qui sont vraiment aux geeks ce que les Tribbles sont au personnel de l'Enterprise !). Une curiosité peu intéressante actuellement, mais les modes changent et il faut rester aux aguets. Notez aussi l'existence un poil plus loin d'une boutique de mangas et de quelques bouquinistes hautement spécialisés (genre tirages de Tintin de 1924 à des prix dont vous n'avez pas idée), qui sont à mon avis de peu d'intérêt. Il est temps de quitter la rue Dante : rebroussez chemin, prenez à droite boulevard Saint-Germain et rendez-vous dans la petite rue Serpente, un peu plus loin.
  10. Boulinier : vous passerez tout près du Boulinier de la rue Saint-Michel, pour lequel vous n'aurez qu'un regard de dédain. Cette enseigne naguère florissante et prodigue de bonnes affaires a rétréci sa cible et ne propose plus grand-chose aux geeks de passage. Passez votre chemin. 
  11. Aapoum Bapoum 2 : et oui, il y en a un autre, beaucoup plus caché, et beaucoup mieux fourni. Ici aussi vous trouverez de tout à tous les prix, mais cette fois il y a aussi du manga et du comics d'import, empilés dans un capharnaüm agréable et bon enfant. Une adresse moins connue mais très intéressante.
  12. Warhammer : tant que vous êtes dans le coin, profitez-en pour baver devant la vitrine de cette boutique, ex-Game Workshop. Ils proposent d'ailleurs des soirées découverte, je n'ai pas encore franchi le pas mais je compte bien un jour tester l'aventure du wargame crypto-fasciste.
  13. Gibert - Librairie générale : si vous aimez le peuple et les livres, l'arrêt est bien entendu obligatoire dans une des plus grandes bouquineries de la capitale. Gibert est une institution, avec cinq étages de rayonnages sur tous les thèmes et les célèbres bandeaux jaunes indiquant les nombreuses occasions. 
  14. Gibert - BD : il y a plusieurs boutiques dans le coin, dont la petite dernière est entièrement dédiée à la romance de fantasy (paraît que c'est un genre à part entière maintenant), mais le geek averti doit naturellement s'attarder dans l'officine spécialisée dans la bande dessinée. BD et comics au sous-sol, jeunesse au rez-de-chaussée, franco-belge auteurisant au premier et mangas au second, vous avez de quoi attaquer bien des collections à moindres frais. Et remplir votre sac avant de rentrer tranquillement chez vous, alourdi par les résultats de votre quête. 

 

Le cœur vibrant de la ville.

 

16 janvier 2026

E pluribus unum

 


J'ai récemment vu la série Plur1bus, dont tout Internet parle en ce moment (enfin... les critiques de séries en tout cas), et c'est vachement bien. 

Sans trop spoiler, l'humanité capte un message venu des étoiles qui va modifier une très large part de ses représentants, leur conférant une conscience collective. Est-ce le début d'une nouvelle ère de bonheur et de félicité, ou la fin de l'humanité ? 

La série est tout le contraire d'une série d'invasion à la V, elle est calme, lente, se focalise sur peu de personnages. En outre elle est assez osée dans sa réalisation : il y a peu de dialogues, des séquences entières sont dans d'autres langues*... bref, c'est intéressant, ça soulève plein de questions subtiles sans en avoir l'air, l'acting est excellent et on retrouve bien la patte de Vince Gilligan, l'auteur de Breaking Bad et Better Call Saul (une bonne partie est d'ailleurs filmée à Albuquerque). Un petit événement à ne pas manquer, même si on a un peu le temps avant la saison 2, apparemment... 

* Oui, c'est très osé pour une série moderne, où tout doit être expliqué trois fois pour que les gens puissent suivre l'épisode sans lâcher leur smartphone.  

14 janvier 2026

Who you gonna call?


 

Vous êtes face à la bombe. Des câbles en sortent d'un peu partout, tous identiques, et de l'autre côté du talkie-walkie, votre partenaire doit couper le même que vous. Vous sentez la tension ? Bon, rajoutez des petits animaux mignons et une ambiance gentiment cartoon. Vous sentez la tension qui reste exactement au même niveau ?


 

Nous avions découvert Bomb Busters lors du salon d'Essen, l'an dernier, et ça sentait déjà le futur hit. Sans surprise, il a emporté le Spiel des Jahres (le grand prix du salon) 2025, et il faut reconnaître que c'est un des jeux coop familiaux les plus funs auxquels j'aie joué. Vous avez devant vous un certain nombre de câbles, représentés par des petites languettes de carton. Sur chaque languette, un chiffre. Le but : déterminer lequel de votre adversaire a la languette avec le même nombre, et où elle se trouve sur son petit présentoir. Le jeu mêle logique, stratégie et rigolade, avec juste le degré de tension pour s'amuser sans s'engueuler. Les parties dépassent rarement la demi-heure, et ne se répètent jamais grâce à un système de missions ajoutant plein de petite variations stimulantes. Une pépite que je conseille sans hésiter.

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Ah sinon fin 2025, le grand Peter Rustemeyer présentait une nouvelle mini-extension de Paleo, que je me suis fait rapporter d'Essen par une connaissance. Cette fois pas de module mais de nouvelles cartes Secret (ce qui est finement sous-entendu par le nom de l'extension, The New Secrets), qui apportent un peu plus d'aléatoire dans un jeu qui n'en manquait déjà pas. On a testé, c'est très cool, tuer le bébé mammouth reste vivement déconseillé, il est possible de recruter des cuisiniers qui buffent notre tribu et on peut même apprivoiser un bébé lion (ce qui est une très mauvaise idée dans la vraie vie mais très cool ici).