14 mai 2018

Joie des adaptations

Quand j'étais petit, je jouais pas mal aux jeux vidéo.

Oui, comme vous, d'ailleurs je n'ai pas trop arrêté, comme vous non plus j'imagine. 
Je lisais aussi des BD, je suivais des séries animées... j'aimais beaucoup ça.
Et si on m'avait dit "Tu sais, ils vont faire un film Boule et Bill, un film des Schtroumpfs, un film Transformers..." j'aurais probablement été enthousiaste.
Si le même "on" m'avait dit "Ils vont même faire des films adaptés de jeux vidéo, comme Super Mario Bros.", j'aurais un peu tiqué, mais je me serais dit "Boaf, dans Mario, y a quand même une sorte de trame narrative" (oui, je parlais vachement bien quand je soliloquais).

Mais si on m'avait dit "Ils vont même faire un film sur Rampage", là, je pense que j'aurais demandé à "on" de bien vouloir sortir de la maison, que ma mère m'a dit de pas parler aux inconnus et qu'il y avait sûrement un hôpital quelque part qui le recherchait.

Pour rappel, Rampage, c'est ça :



Je suis sympa, je vous mets une capture d'écran du jeu d'arcade. Moi je l'avais sur Master System, c'était encore plus moche.

Dans Rampage (que je prononçais à la française à l'époque, rampâje), vous dirigez un gros monstre (un sous-King Kong, un sous-Godzilla ou un... sous-loup-garou géant) et vous allez détruire une ville. Quand vous avez cassé tous les immeubles, vous passez à l'écran suivant, avec quasiment les mêmes immeubles à casser, les mêmes petits soldats qui vous tirent dessus, les mêmes petits bonus à attraper au vol. Vous pouvez sauter, donner des coups de poing et grimper le long des immeubles. Point.

Le seul intérêt de ce jeu, c'est qu'on pouvait y jouer à deux, ce qui permettait d'amortir la deuxième manette (vous savez, celle qui était abîmée et que vous gardiez pour les potes qui venaient le week-end à la maison). Mais même à deux c'était d'un chiant !



Et c'est donc ce jeu, largement oublié aujourd'hui, que New Line Cinema s'est mis en tête d'adapter parce que, hé, d'autres ont adapté la Bataille navale avec des extra-terrestres, alors tout est possible hein !

Eh ben vous savez quoi ? C'est même pas nul. Enfin, c'est pas génial, hein, c'est du blockbuster bas du front, sans fulgurance, sans génie, avec un The Rock en sous-régime (alors que j'aime bien The Rock)... mais c'est loin d'être une abomination genre Battleship ou Transformers. C'est juste un gros film bourrin qui sert la soupe. C'est pas insultant pour le cerveau moyen, c'est con, mais bon, ça va. 

Enfin, en ce moment y a Infinity Wars, il doit rester des cinémas qui passent Ready Player One, bientôt y aura Solo et Deadpool 2... si vous voulez voir des blockbusters, je ne vous conseille pas de mettre celui-ci en tête de vos priorités !

11 mai 2018

Tribute to... Migger


Parmi les nombreuses chroniques parlant de cinéma sur YouTube, j'ai une tendresse particulière pour celle de Migger*.
LongShot, puisque c'est son nom, parle de basket et de cinéma. Un mélange un peu étrange, que le chroniqueur justifie en expliquant que ce sont les deux principaux sujets qu'il maîtrise un peu mieux que la moyenne des gens, ce que je trouve amplement suffisant.

Le basket (le sport en général) n'est pas un sujet qui m'intéresse particulièrement, pourtant Migger parvient à allumer cette petite étincelle qui me fait briller les yeux et tendre l'oreille à chaque fois qu'il aborde un nouveau film.

Ça va du classique (Hoosiers) au navet (Space Jam), et ça couvre étonnamment plus de sujets qu'on ne le croirait. C'est surtout très documenté et très bien fichu, jamais ennuyeux, jamais pédant. La réalisation de l'émission est très sobre, Migger étant conscient de la limite de son jeu d'acteur, et sa voix calme suffit à faire passer les touches d'humour qui ponctuent le tout. Il limite au maximum les faces caméras pour se concentrer sur les films dont il parle.

C'est très intéressant et très sympathique, donc je vous laisse le découvrir si ce n'est déjà fait.





* Je gage ceci dit que peu de gens l'appellent Migger mais plutôt LongShot, de même que tout le monde (même quand ils font des caméos) appelle Bénabarbe "Note Bene" ou Monté "Linguisticae".

09 mai 2018

Nénuphars et diptères

Si vous vous intéressez un peu à l'art pictural, vous connaissez sans doute Les Nymphéas de Claude Monet.


Il s'agit d'une série de peintures figurant, dans le style impressionniste de l'artiste, le jardin où il avait ses habitudes, à Giverny (en Normandie).

Quand je dis "série", je pèse mes mots, puisque le tout représente quelque 250 toiles avec toutes sortes de nénuphars en fleur, de saules, de ponts et de nids à moustiques divers.
Le moyen le plus commun pour mesurer l'ampleur de cette œuvre est de visiter le musée de l'Orangerie à Paris, où deux salles lui sont entièrement dédiées, avec de somptueux panneaux gigantesques occupant les murs arrondis.


Même moi qui ne suis pas l'être le plus sensible du monde à la mouvance impressionniste, je reconnais que ça fait son petit effet.

Mais foin de ces copies, dimanche dernier, le temps était au beau, et nous avons donc embarqué dans un train pour Giverny afin de nous rendre compte par nous-mêmes de l'intérêt de ce jardin.

Comme la moitié de l'Île-de-France, à peu près.


Eh ben c'est beau. C'est vraiment très, très beau. La partie nénuphars est magnifique, calme, ombragée. La partie jardin est stupéfiante, avec des tulipes qui n'entreraient pas dans une soupière et des couleurs à vous décoller la rétine.

Il est juste dommage que tant de monde ait eu la même idée que nous : la visite d'un jardin pareil devrait inviter au calme et au recueillement, au lieu de quoi j'ai un peu eu l'impression de faire la queue pour une attraction de Disneyland (une heure et demie de file pour acheter le billet pour les jardins, quand même !).
Et je ne vous parle pas de la taille des moustiques que cette pataugeoire attire !

Mais ça reste une visite à faire, à une heure de Paris à peine. Et le musée des Impressionnismes juste à côté vaut le coup d’œil (gratuit le premier dimanche du mois, autre source d'affluence mal anticipée de notre part), de même que le village de Giverny lui-même, joli comme tout et abondamment fourni en marchands de glaces.

07 mai 2018

C'est beau, l'expérience



Encore un immense merci à Ex Serv qui m'a fait découvrir ce jeu incroyable. Dark Souls est le genre d'expérience dont on sort forcément changé (pas toujours en bien ceci dit), et personnellement j'en suis tombé complètement amoureux.

Si y jouer vous terrifie d'avance (je ne juge pas) et si vous estimez que se taper tout le guide d'Ex Serv est une expérience réservée aux psychopathes (je ne juge toujours pas), je vous suggère les excellentes vidéos de Need Backup dans leur série Çavavite! (très bon concept du reste). Personnellement ça me fait beaucoup rire...


04 mai 2018

Elyse Elyse Elysiuuum...


Entre divers événements sportifs, ce week-end lausannois fut l'occasion de découvrir Elysium. Un jeu de plateau qui, paraît-il, rappelle Dominion, mais comme je n'y ai pas joué, j'aurais du mal à l'affirmer.

En gros, c'est du deck-building : en début de manche, vous choisissez à tour de rôle des cartes dans un ensemble de dix découvertes au milieu de la table (avec un système de ressources assez original, à base de piliers), puis vous choisissez ou non de les passer dans votre panthéon (où elles vaudront des points de victoire mais perdront leur capacités spéciales). Et on passe à la manche suivante.

C'est étonnamment sympathique, il y a plein de mécaniques originales et simples à saisir (comme l'ordre de jeu, qui change en fonction de vos choix) et l'univers graphique (à base de dieux grecs et autres colonnades) est fort agréable (même si pas très original).
Si vous avez l'occasion, jetez-y donc un œil.

Par contre, si on lit correctement la boîte, ça se prononce « Kslpssfum ».
Et encore, en considérant que L, S et U sont des lettres grecques...

30 avril 2018

Joyeux muguet


En bon gauchiste, je suis allé fêter le 1er mai dans un pays réputé pour sa politique cryptocommuniste : la Suisse. Je reviens mercredi, d'ici-là profitez bien du beau temps.

27 avril 2018

Avengers : ultimate crossover

En ce moment c'est dur de dessiner, mais bon on va pas se laisser aller, parlons un peu cinéma.



J'ai donc été voir Avengers Infinity War, nouvel épisode phare de l'univers cinématique Marvel. Alors est-il digne des précédents opus ? Thanos est-il un bon méchant ou un mauvais vilain ? 
Sans en dire plus je dirais que oui, le film fait très bien le taf et même un peu plus. 

Il faut comprendre que ce film est ambitieux. Très ambitieux. Il entend utiliser la quasi-totalité de l'univers développé jusque-là, c'est-à-dire une énorme quantité de personnages qu'il va falloir mettre en scène, à qui il faut donner des enjeux, des motivations cohérentes avec leur personnalité et avec l'intrigue, ajouter en prime un méchant qu'il faut nécessairement charismatique et sortant un peu des clichés habituels... 

Eh bien le film tient le coup et réussit à se montrer digne de ces ambitions titanesques (pun intended) !Mais pour plus de détails je dois spoiler, donc je vous préviens, attention, je spoile comme un cochon dès à présent !




Pour commencer, il y a des trucs que j'ai trouvés un peu faibles :
L'arc de Thor, déjà, qui commence le film en annulant complètement l'intérêt de Thor Ragnarok : tous les rescapés d'Asgard qu'on a passé un film entier à sauver ? Génocidés en guise de prégénérique. C'est un peu frustrant.
L'emploi de Peter Dinklage en nain géant était malin mais un peu raté : le pauvre a l'air tout mal à l'aise, et la déformation de sa voix casse tout le charisme de l'acteur.

La gestion des personnages féminins, comme d'habitude, est aux fraises (les filles n'affrontent que des filles parce que sinon, elles ont aucune chance, les pauvrettes... et évidemment Scarlet Witch n'est qu'un intérêt amoureux, et Black Widow ne sert décidément à rien – et elle est blonde maintenant, parce qu'on peut pas avoir deux rousses dans le même film, les gens comprendraient pas).

Par ailleurs je n'aime pas trop la performance de Mark Ruffalo dans ce film, je trouve son Bruce Banner bien en-deçà de ce qu'il était jusque-là, dommage. 


Thanos, un bon méchant. Qui l'eût cru ?

Mais il y a aussi des fulgurances. 
Déjà, dans un film où on trouve Robert Downey Jr. et Benedict Cumberbatch, je ne m'attendais vraiment pas à ce que les meilleurs échanges de dialogue reviennent à Chris Pratt et Chris Hemsworth ! 

Les relations entre personnages sont bien définies et bien campées.

Thanos est... excellent. Josh Brolin est fabuleux, le personnage arrive à être fin et nuancé tout en étant monstrueux. On arrive à comprendre son fanatisme, même si deux secondes de réflexion permettent de saisir qu'il est absurde : l'idée de Thanos, c'est de supprimer la moitié de la population de l'univers, parce que celui-ci est surpeuplé, afin d'éviter la décadence, les famines, tout ça... Mais d'où l'univers est-il surpeuplé ? L'univers est immense, c'est même sa principale caractéristique. J'ai beaucoup de peine à croire qu'il est en train de se faire surexploiter (d'ailleurs aucun univers de space opera n'a osé un concept aussi aberrant)...

Et puis il y a la fin du film. Je n'ai jamais vu ça. Je n'ai jamais vu une salle de cinéma réagir comme ça. 

D'habitude, quand je vais voir un film Marvel, la moitié de la salle au moins se casse pendant le générique, sans marquer le moindre intérêt pour la fameuse petite séquence censée annoncer le prochain épisode. Mais là, tout le monde est resté. Tout le monde guettait une lueur d'espoir.

Parce que la fin de ce film est sombre. Très sombre. Limite dépressive. Plein de spectateurs n'y croyaient pas, et les discussions à voix basse allaient bon train pendant tout le générique.
Alors je ne m'inquiète pas, hein, tout va s'arranger dans Infinity War ép. 2, comme dans tout bon crossover Marvel. Mais la vache, le film est allé au bout de son idée, cette fin est radicale et je vous gage qu'elle va rester dans les mémoires longtemps !


Qui c'est qu'on appelle ?