20 octobre 2017

Les chasseurs de baston (2)

Et puis l'an dernier, Joe Madureira a annoncé un kickstarter pour Battle Chasers.

Il ne s'agissait pas de financer le relancement de la BD, hein, mais de marier les deux passions de l'auteur en transformant son œuvre en jeu vidéo original. 
Et, quelques mois plus tard, le résultat est sorti : Battle Chasers – Nightwar.



Pas de doute, c'est bien le même univers, les mêmes personnages, le même designer...


J'y ai joué. Assez longtemps pour m'en faire une bonne idée. Et... c'est une excellente adaptation du comics. 

Déjà c'est beau : les décors, les personnages... c'est du pur Joe Mad!, que les gamers connaissent déjà pour les designs de Darksiders : gros muscles, gros nichons, positions triomphantes avec des regards acérés et des doigts puissamment tendus (oui, Mad! dessine super bien les doigts, c'est pas ma faute).
Ensuite, le scénario est totalement naze : ça aussi, c'est raccord avec la BD d'origine, qui ne savait clairement pas où elle voulait aller (oh ça va, on peut se l'avoir aujourd'hui, les trois quarts des BD Image Comics du début, c'était que du graphisme, y avait rien sur le fond – sauf quand Alan Moore ou Neil Gaiman passaient faire un tour, mais ça restait rare).

En revanche, et j'en suis le premier surpris, on peut reconnaître que cet univers s'adapte finalement bien mieux en jeu vidéo qu'en comics. Finalement, « Battle Chasers », ça veut dire « qui cherchent la bagarre », une assez bonne définition de leur activité dans ce jeu.




Gully a désormais une voix, et les cheveux longs. Ah, petit conseil, mettez le jeu en anglais,
les doublages français sont assez ridicules.

 Notre fine équipe se retrouve sur une île méconnue et affrontent une nécromancienne très méchante... (je vous avais prévenus pour l'intrigue). Le jeu se décompose en trois parties :
- des pérégrinations sur une grande carte du monde avec rencontres plus ou moins aléatoires ;
- des donjons à explorer en « vue à la Diablo » ;
- des combats au tour par tour (qui constitue clairement la majeure partie du jeu, et son principal intérêt).

La mécanique des combats est assez fine, ou plutôt assez complexe puisqu'elle mêle plein de possibilités et de paramètres, avec compteur de mana, surpuissance générée avec les coups normaux, barre de burst, pouvoirs supplémentaires à débloquer, passifs de même, évidemment la prise de niveaux, les équipements à collecter ou à crafter... C'est complet et assez intéressant si on prend la peine de s'y plonger. Ce que j'ai fait.

Une scène de baston. De manière amusante, la petite Gully est le tank,
et le titanesque Calibretto le healer.


Et puis j'en ai eu marre, alors j'ai arrêté. 
Autant le jeu est un assez agréable passe-temps quand on visite un donjon en ayant le bon niveau, autant il se révèle insupportable sitôt qu'on s'attaque à un obstacle légèrement au-dessus. Les échecs sont punitifs : on perd beaucoup d'or, mais surtout on doit se retaper tout le chemin depuis l'auberge, avec les rencontres plus ou moins inévitables avec des monstres dont la puissance est parfois débilement outrancière... 

Comme en plus notre équipe est limitée à trois personnages, et qu'on ne peut changer qu'à l'auberge ou à l'entrée des donjons, que l'open world n'a d'open que le nom (le jeu sait où vous devez aller, le jeu est votre ami, écoutez le jeu et NE DÉVIEZ PAS DU DROIT CHEMIN !), la frustration en cas d'échec est un peu trop forte pour moi. J'accepte ça d'un Dark Souls*, pas de Battle Chasers, faut pas déconner.

Surtout que je doute, connaissant les vertus de scénariste de l'ami Joe, que la fin vaille le coup de se faire du mal.

* Que j'ai fini. Saviez-vous que ceux qui finissent Dark Souls sont de meilleurs êtres humains que les autres ? Non ? Bien sûr, puisque vous n'avez pas fini Dark Souls...

2 commentaires:

Vichenteku a dit…

** je n'ai jamais joué à aucun jeu de la série. Est-ce que cela fait de moi un sous-homme, Ô Grand Maître de la bonne pensée pure?

Neil a dit…

En effet, mais tout espoir n'est pas perdu. Continue de lire régulièrement ce blog, et tout s'arrangera ^^

Non, plus sérieusement, évidemment je plaisante avec mon petit gag récurrent sur Dark Souls, mais je maintiens en revanche que c'est une expérience assez fascinante en termes de jeu, si l'occasion se présente il est vraiment intéressant de la tenter (avec de la patience, du calme et un peu de résignation). Mais c'est rude sa mère la race de sa grand-mère...