25 avril 2014

Top 5 des auteurs Disney


Comme beaucoup, j'ai énormément lu de BD Disney dans ma jeunesse, et comme beaucoup j'ai vite remarqué qu'il y avait plusieurs auteurs différents, contrairement à ce que l'invariable et contractuelle signature "Walt Disney" semblait impliquer.

Aujourd'hui les choses ont changé et les auteurs sont dûment indiqués en bas de la première page de chaque BD, mais à l'époque on ne pouvait se fier qu'à sa connaissance des styles de chacun pour les différencier. Ainsi par exemple est née la légende du "Good Artist", ce dessinateur dont on reconnaissaient immédiatement le style et dont les histoires nous faisaient particulièrement palpiter, Carl Barks. Mais il n'y avait pas que Barks qui s'identifiait au premier coup d'œil et produisait de bonnes histoires.

Je vous propose donc aujourd'hui un petit top 5 de mes dessinateurs Disney préférés (j'en aime plein d'autres, mais ceux-là sont mes chouchous). Hors Barks, donc, puisqu'il met tout le monde d'accord. 

5. Miquel Pujol 
Un des grands oubliés des lecteurs, Pujol a surtout été publié dans Super Picsou Géant (à l'origine un hors-série un peu "fourre-tout" de Picsou Magazine, qui comprenait aussi bien des histoires américaines qu'italiennes, ou même d'origines plus obscures). Pujol avait un style à mi-chemin entre l'école américaine et italienne (ce qui semble logique pour un Catalan) et il a notamment conçu plusieurs courses-poursuites incroyables prenant place dans des décors somptueux (l'Espagne de Picasso, les Alpes suisses, Hollywood). Par la suite, il a aussi dessiné les aventures de James Ding 007 (parodie de vous voyez qui avec Dingo) et de Génius pour Le Journal de Mickey. Je suis moins fan de cette partie de son œuvre, mais parmi les auteurs que j'aimerais voir réédité, Miquel Pujol tient nettement une place de choix.

4. Giorgio Cavazzano
 
Dans le monde des BD Disney, il y a deux écoles : l'américaine et l'italienne, aux styles très différents. Parmi les nuances de pure forme, les Italiens dessinent des planches en trois strips, et sont publiés en France dans le célèbre Mickey Parade. D'immenses artistes comme Romano Scarpa, Guido Martina... ont développé un univers parallèle à celui de Barks. Vous aurez remarqué que dans Mickey Parade, le méchant principal est Flairsou, Picsou a souvent plusieurs coffres, il doit repousser les assauts d'une prétendante transie nommée Brigitte, Donald devient Fantomiald la nuit, Popop est beaucoup plus présent, Mickeyville n'est pas loin (les artistes italiens dessinent autant les souris que les canards)... et le style est ultra dynamique et coloré. 
Mélangeant des centaines de références cinématographiques et littéraires (dont une parodie des Aventuriers de l'arche perdue avec Fantomiald, Daisy et Flairsou dans les rôle d'Indy, Marion et Belloq, ou encore une version stupéfiante de l'Enfer de Dante...), ces BD se lisent avec un plaisir intact encore aujourd'hui. Et parmi ces artistes, mon préféré est sans problème Cavazzano, dont le style souple et élégant sert parfaitement les histoires.



3. Cal Howard / Hector Adolfo de Urtiága
Ces deux noms ne vous disent rien ? Sachez que derrière se trouvent le scénariste et le dessinateur d'une des séries les plus hilarantes jamais parue dans Super Picsou Géant (qui méritait l'achat rien que pour ça) : L'Histoire selon Dingo. On est bien loin du style Disney de l'époque. Les intrigues sont délirantes, la mise en case explosive (avec des planches travaillées sur la hauteur que Gotlib lui-même jalouserait) et on apprend même des trucs. Enfin, faut pas tout ressortir en cours, mais pas mal de détails mentionnés dans les histoires étaient vrais. Et si je sais aujourd'hui que Pasteur a fait la Sorbonne et l'École normale, que la Joconde est peinte sur du bois et que le père de Strauss ne voulait pas que son fils devienne musicien, c'est à cette série que je le dois.  
2. Keno Don Rosa
 
J'idolâtrais Don Rosa dans ma jeunesse. Rosa, c'était l'artiste de tous les hommages à Barks : auteur de la Jeunesse de Picsou (qui restera toujours une de mes BD cultes), dans laquelle il répertorie et décortique chaque références que Barks a pu faire des jeunes années de son personnage, et les intègre à la grande Histoire, Rosa est à la fois un fan hardcore et l'anti-Barks absolu par son style. Très précis, son trait presque dénué de mouvement s'attarde sur des milliers de détails d'arrière-plan qui rendent ses planches fascinantes à parcourir. Ajoutez un talent indéniable de raconteur d'histoire et vous obtenez un auteur immanquable (les seuls défauts de ses BD sont dans les couleurs déplorables choisis par les tâcherons des éditeurs). Malheureusement, il a pris sa retraite, laissant en plan plusieurs pistes qu'il avait lancées (nous ne saurons sans doute jamais ce que sont devenues Hortense McPicsou et Della Duck).

1. Floyd Gottfredson
 
Je n'ai jamais été un fan des histoires de Mickey. En BD, la souris fétiche de Disney n'avait aucune cohérence : dans les années 1960 il vivait des aventures de science-fiction, dans les 80s c'était un détective... mais comme tout était publié en même temps on ne comprenait jamais le personnage. Mais il y a un auteur qui m'a toujours enthousiasmé, surtout quand ses histoires étaient publiées sous forme de feuilleton dans Le Journal des Mickey. Gottfredson adaptait les dessins animés Disney, et s'est vite lancé dans les grandes histoires. Il a également créé le commissaire Finot, Iga Biva et le Fantôme Noir. Je garde un souvenir ému de Mickey chasseur de baleine, ou éditeur... Des aventures plus grandes que natures, avec des personnages un peu oubliés aujourd'hui (Horace, Clarabelle...) et un style dynamique et très efficace. 

Sans vouloir faire de la pub, Barks, Rosa et Gottfredson sont actuellement réédités dans des albums luxueux (et fort chers) par Glénat. Si j'ai pu attiser votre curiosité, allez donc y jeter un coup d'œil.



1 commentaire:

vincent a dit…

Tu m'as surtout appris qui sont les auteurs de cette fabuleuse série avec Dingo, ils avaient vraiment un humour décapant. Ghengis Kahn reste une de mes préférées. Je ne sais pas si tu t'en rappelles. Ah, le petit Temujin...
Merci