Ex nihilo Neil

09 janvier 2015

Bienvenue dans les limbes


Pendant les vacances, je cherchais un petit jeu tranquille pour me détendre au coin du feu entre deux lectures, et je me suis rappelé Limbo, que mon amie Marion m'avait montré il y a bien longtemps. Comme il était à 2,30 euros sur Steam, je n'ai pas hésité longtemps.

Cette saloperie va vous faire flipper et courir pendant un bon moment au début du jeu.
Limbo est techniquement un jeu de plates-formes/réflexion. Vous dirigez un petit garçon aux actions limitées : il peut marcher, sauter (pas bien haut), pousser et tirer des objets genre caisses ou interrupteurs. Vous vous réveillez dans une forêt mystérieuse et le but est... d'avancer. Le jeu ne contient aucun texte (en dehors de l'écran titre), tout passe par le gameplay et les décors. Et sur ce point on n'est pas volé.

L'ambiance est tout simplement sublime. Pas de musique, mais des bruitages puissants, un noir et blanc tout en subtilité et des cadrages astucieux. Notre personnage a une tendance au décès prématuré assez affolante, mais les check-points sont nombreux et judicieux, et vous avez autant de vies que vous voulez.

Une ambiance festive de tous les instants.
Bon, le jeu commence à être vieux (2010, quand même), et il est assez connu aujourd'hui, je ne vais pas vous faire le test complet, sachez juste qu'il mérite sa réputation de perle du jeu vidéo indépendant. Difficile juste ce qu'il faut, magnifique, il plaira notamment aux fans de Portal, dont il est sans doute un des plus beaux héritiers (oui, ce n'est pas évident comme ça, mais c'est clairement la puissance narrative de Portal que l'on retrouve dans Limbo). Testez-le, si ce n'est déjà fait !

Limbo, Arnt Jensen, Playdead, 2010

08 janvier 2015

Monde de merde

Je vis à Paris depuis un peu plus de dix ans. Et depuis un peu plus de dix ans, je sais qu'un jour ou l'autre, je vivrai un attentat.
Je connais un peu la situation politique du monde, et l'histoire de ma ville. Je savais que ce n'était qu'une question de temps. 

Mais rien ne prépare à ça.

Au début j'ai cru à une blague, comme je l'avais fait pour le 11 septembre. Bon sang, même ce matin, en voyant la tête de Cabu avec écrit "Mort pour la liberté" dessous, j'ai l'impression que c'est une blague !
Ils ont tué Cabu. Ils ont tué Charb. Wolinsky, et Tignous. Bernard Maris. Deux policiers. Et quatre autres personnes. 
Quand ils ont annoncé un rassemblement à République hier soir, je me suis demandé si j'irais. Et puis j'ai réalisé que ne pas y aller était simplement impossible. Apparemment on était trente-cinq mille à Paris, et cent mille dans toute la France. Parfois j'aimerais participer à des réunions aussi importantes pour des choses positives.

On vit dans un monde de merde, et le rire et l'espoir qu'il suscite nous permettent d'y survivre. Jamais je ne l'ai aussi bien perçu qu'aujourd'hui.


05 janvier 2015

Asymétrie de merd...



Alors attention, Limbo, ce n'est pas un jeu genre Carmageddon où on tue des gosses en leur roulant dessus, hein. Limbo, c'est un petit jeu indépendant absolument sublime dont je reparlerai la prochaine fois.




02 janvier 2015

Lectures au coin du feu

Bonjour à tous et bonne année 2015. Je vous la souhaite très heureuse (d'autant que je connais beaucoup de gens pour lesquels 2014 a été assez rude). Personnellement j'ai quelques projets, mais peu concernant le dessin, j'espère que ça ne vous décevra pas trop. Le blog reste quelque chose d'important pour moi, je ne le lâcherai pas, mais il n'y a pas de retour des "Neil TV" prévu, par exemple (ça prend beaucoup de temps, je ne suis pas sûr de pouvoir le gérer).

Bon, et sinon comme je suis rentré quelques jours dans mon Sud-Ouest natal, et qu'il n'y a pas grand-chose à y faire à part bouquiner devant la cheminée, je vais vous parler des œuvres que j'ai feuilletées pendant mes vacances.



Les Autres Gens, c'est terminé, en tout cas la saison 1, et je dois dire que c'est pas trop tôt. Ce qui partait comme un renouveau exaltant du modèle de la BD classique s'est peu à peu transformé en un mélo ridicule et tournant en rond, avec des intrigues incompréhensibles et des personnages obsédés par leur rapport à l'argent et au cul. 
La "bédénovela" avait à la base une ambition en termes de portée politique qui s'est complètement perdue, les personnages sont paumés dans leurs petits soucis personnels et finalement égocentriques, et le message que l'auteur espérait peut-être véhiculer s'est définitivement dilué. La fin est à la hauteur de cette décrépitude, plate et sans intérêt autre que de voir d'excellents artistes au travail. Dommage, mais j'attends les prochains travaux de Thomas Cadène avec impatience, il m'a quand même tenu en haleine un bon moment.


Face à ma bibliothèque, je cherchai une bonne saga BD pour les vacances, et j'ai repris sans trop réfléchir le premier tome de Bone, de Jeff Smith. Et bien sûr j'ai tout lu jusqu'au onzième et dernier volume. Bone, c'est de la fantasy un peu délirante, avec trois personnages qui semblent issus de livres pour enfants qui se retrouvent dans un univers beaucoup plus sérieux avec une guerre couvant entre un grand méchant et un royaume à l'abandon. C'est très prenant, et ça vaut vraiment le coup de s'y replonger.
En revanche je suis plus dubitatif sur la réédition en couleurs actuellement en cours. Apparemment c'est une décision de l'auteur, mais son noir et blanc était tellement somptueux que j'ai peur qu'il gâche un peu son œuvre. Mais bon, je m'en fous, je ne compte pas le racheter en couleur, ça m'a déjà coûté un bras.


Pour Noël, à ma grande surprise, on m'a offert Seconds, la nouvelle BD de Bryan Lee O'Malley, l'auteur du génial Scott Pilgrim. Ce roman graphique n'a pas grand-chose à voir avec Pilgrim, mais il est quand même excellent. C'est une espèce de conte moderne : Katie, une chef bientôt trentenaire un peu déprimée, rencontre un esprit qui lui permet de rebooter sa vie et d'obtenir une deuxième chance. Elle va un peu trop en abuser. Définir le ton est très difficile dans le cas d'O'Malley, l'auteur ayant parfaitement digéré ses influences, de Disney à Miyazaki en passant par les Tortues ninjas et Robotech. O'Malley fait du O'Malley, c'est ce qu'il fait de mieux, et c'est très, très bon.

Autre grande surprise, dans un moment de faiblesse, je me suis pris à vouloir relire Sentaï School. La BD de Torta et Cardona fut un de mes plus gros éclats de rire des années 2000, mais je craignais de m'y réattaquer. À l'époque la mode geek et la nostalgie étaient encore jeunes, et on pouvait légitimement rire à cette accumulation de références à Goldorak ou Albator. Aujourd'hui c'est complètement dépassé. 
Eh ben croyez-le, croyez-le pas, vers le milieu du tome 2 j'ai commencé à rigoler, et je n'ai plus arrêté jusqu'à la fin. Cette série garde une fraîcheur et une force inaltérables, le ton est réellement original, les personnages ultra attachants et je commence à penser qu'elle traversera les époques. Des problèmes avec l'éditeur ont empêché les auteurs de la poursuivre (ils se sont rattrapés avec Noob, dont l'adaptation BD est limite meilleure que la série), et c'est bien triste, mais il nous reste cinq tomes flamboyants pour nous remettre.

22 décembre 2014

Pain court et océan

Hier j'étais à la messe (oui, ben flûte, hein !) et mon amie Hope m'a offert du shortbread, recette d'origine écossaise probablement inventée pour tuer les Américains. Le kouign-amann n'a qu'à bien se tenir.


Par ailleurs, je viens de terminer ce livre. J'aime beaucoup Neil Gaiman (c'est l'un des rares auteurs que j'achète dès qu'une œuvre sort, sans attendre la version poche), et c'est sûrement un de ses romans qui m'a le plus plu (mon préféré restant American Gods). 

L'Océan au bout du chemin trouverait sans problème sa place au milieu des nouvelles de Sandman ; c'est un conte enfantin à l'anglaise, reprenant plusieurs des thématiques chères à nos amis d'outre-Manche (les fées, les esprits, les nounous, la ferme...), et particulièrement plaisant à lire. Si vous avez aimé Sandman et Coraline, vous apprécierez sûrement (oui, quand j'écris "conte enfantin", c'est à prendre au sens Grimm, hein, pas Disney : ça peut être assez flippant).