Ex nihilo Neil

08 juillet 2026

Premiers films des vacances

J'ai pas mal de films qui m'intéressent cet été, alors on va commencer à parler de ceux que j'ai vus récemment. Y a du bon, du moins bon, du décevant, bref c'est le cinéma quoi.


 Obsession, Curry Barker, 2026

On commence par ce qui est sans problème le meilleur film que j'ai vu ces dernières semaines, et le meilleur film d'horreur depuis des années. Obsession part d'un postulat très classique, le « vœu qui tourne mal », mais réussit à brasser tout un tas de thématiques très modernes sur le patriarcat, l'emprise, les concepts d'incel et de nice guy, le tout en mettant tous les potards du trouillomètre sur 11. C'est flippant, c'est parfois aussi hyper drôle, mais c'est quand même surtout flippant, et on en sort pas tout à fait indemne (surtout quand on rentre à la maison et qu'on retrouve sa moitié, totalement inconsciente de la folie qu'on vient de traverser, et chez qui on se met à guetter le moindre symptôme de folie). 


 

 Disclosure Day, Steven Spielberg, 2026

Un nouveau Spielberg, c'est toujours un peu la fête, surtout quand il revient à ses premières amours, les extraterrestres. Mais là... Pour une fois, je me retrouve entièrement dans la critique vite fait du Joueur du grenier : ce film n'a aucun sens en 2026. Il prétend parler de la vérité, de la difficulté à faire passer un vrai message au monde, de la nécessité de garder un esprit ouvert... et au final il dégage juste, au mieux, un sentiment de naïveté confinant au délire. Le scénario est inepte, les personnages font n'importe quoi et les effets spéciaux sont franchement limites, mais le vrai problème c'est le message final : il y a trente ans, à l'époque de X-Files, quand on se faisait gentiment frissonner en se disant que le gouvernement ne nous dit pas tout, ça aurait déjà été un peu daté. Mais aujourd'hui, à l'époque de la post-vérité, de Trump et de l'IA, il est complètement absurde que le duo Steven Spielberg et David Koepp (pourtant excellent scénariste de plein de films cultes) nous propose un truc pareil. Ce film est une anomalie inexplicable. Et en plus on s'y fait bien chier.


 

 Supergirl, Craig Gillespie, 2026

J'attendais beaucoup de cette suite du Superman de James Gunn, que j'avais bien aimé, et auquel il devait venir faire contrepoint. Alors que Clark Kent est positif et croit en l'Humanité, car il a grandi dans une famille aimante au sein d'une bonne vieille ferme du Kansas, sa cousine Kara a vu les conséquences de la destruction de Krypton : elle a vu sa civilisation s'étioler, sa mère mourir et son père l'expédier dans l'espace. D'où un personnage plus intransigeant, plus punk... au début. Car le film commence bien, avec une Supergirl perpétuellement bourrée qui essaie de rabrouer une gamine en quête de vengeance... mais très vite ça part sur des rails bien connus et pas très intéressants, qui ressemblent quand même beaucoup à du sous-Gardiens de la galaxie (de James Gunn !). Avec en plus des scènes avec Lobo qui ont vraiment l'air d'avoir été tournées ailleurs et ajoutées à l'agrafeuse, sans qu'elles n'apportent rien au film. Le tout finit sur un vrai sentiment de gâchis, et c'est bien triste parce que je l'ai vu avec ma nièce à qui j'espérais montrer un film cool et une super-héroïne fun. C'est raté.


 Le Cuirassé Potemkine, Sergueï Eisensein, 1926

Je me suis retrouvé dans une séance spéciale qui repassait Le Cuirassé Potemkine, film culte, muet et russe de 1926, et c'était en pleine canicule ; il n'est pas impossible que j'ai un peu piqué du nez. Mais j'ai quand même saisi l'idée générale, et compris pourquoi ce film est une date essentielle du septième art : les moyens déployés sont démentiels, ça tourne sur l'eau, avec des centaines de figurants, il n'y a pas de personnage principal puisque le but est de mettre en avant la Révolution qui s'allume par le collectif, bref c'est ultra innovant. Et oui, c'est une œuvre de propagande, comme souvent les premières grandes œuvres du cinéma, mais pour un truc nettement plus sympathique que les nazis ou le Ku Klux Klan, alors on va pas râler. Et oui, il y a la scène de la poussette dans l'escalier d'Odessa, reprise dans nombre de films (dont Les Incorruptibles de De Palma), c'est culte et c'est pas pour rien.


 

Colony, Yeon Sang-ho, 1926

Si vous avez vu Dernier train pour Busan, vous connaissez déjà l'œuvre de Yeon Sang-ho. Et cette phrase pourrait conclure cette critique, en fait. Dernier train... est et semble appelé à rester son meilleur film. Il réinventait brillamment le film de zombis en le combinant avec un huis-clos malin, des personnages bien développés et une mise en scène brillante. Colony, c'est tout le contraire : le gimmick des zombis qui évoluent et communiquent pourrait être intéressant mais est traité n'importe comment, les personnages sont des clichés sur pattes qui font n'importe quoi et la mise en scène se contredit tous les deux plans. C'est un échec total qui présente toutefois l'avantage de se jouer dans des salles climatisées. Tant mieux parce qu'il ne vous fera pas frissonner de peur.

06 juillet 2026

Saint-Soixante-sept

 

Aujourd'hui nous sommes le 6 juillet, l'occasion idéale pour réveiller vos enfants avec un bon gros « SIX-SEVEN !!! » gueulé bien fort dans leur chambre à coucher alors qu'ils rêvent d'une grasse matinée.

Personnellement, je n'ai aucun grief envers cette mode qui n'est que l'énième moyen choisi par les jeunes pour se singulariser et tourner leurs aînés en bourrique. Chaque génération a le sien, celui-là n'est ni plus con, ni plus malin qu'un autre. J'ajoute que si vraiment ça vous saoule, il y a un moyen très simple de les faire arrêter : adoptez vous-même la mode. Balancez-leur du « six-seven » toutes les trois phrases, en ayant l'air d'aimer ça, vous allez voir, ça les calme très vite.

J'ajoute une petite anecdote personnelle : nous étions en Suisse il y a quelques semaines, au moment où, coïncidence totale, Guillaume Meurice dédicaçait sa nouvelle BD juste à côté*. Nous sommes donc allés faire la queue (de taille modérée, tant Meurice et ses blagues anticapitalistes trouvent assez peu d'écho dans la Confédération), et quand il a vu ma plus jeune nièce, l'humoriste a tenté vaguement de faire un six-seven pour tester s'il était en phase avec la jeunesse. Le geste fut immédiatement repris avec grand enthousiasme par la jeune fille**. De nombreux rires furent échangés, et l'individu ne fit que confirmer qu'il m'était définitivement sympathique.

Allez, dernier paragraphe : qui saura identifier où a été prise la photo qui illustre ce post ?

* BD que je trouve assez naze, par ailleurs, comme toutes les BD produites par les humoristes de La Dernière, que j'adore pourtant... Désolé, mais en BD je suis exigeant.

** La même qui considérait que, je cite, « c'est les bébés qui disent quoicoubeh ! » 

03 juillet 2026

Personnage mystérieux (bis)

 

Allez, j'ai bien aimé cette idée de dessiner un personnage mystérieux. Saurez-vous reconnaître celui-ci ? 

01 juillet 2026

La Ligue des Danois extraordinaires


  

Notre petite virée fut aussi l'occasion de se recueillir sur les grandes figures qui ont fait rayonner la culture danoise.

Le premier Danois auquel on pense, c'est bien sûr Hans Christian Andersen
l'auteur de contes immortels comme La Petite Sirène (pas celle de Disney, dans le conte elle meurt),
La Reine des neiges (pas celle de Disney, dans le conte c'est une connasse), 
La Petite Fille aux allumettes (pas celle qui met le feu aux maisons, même si franchement
elle aurait mieux fait), Le Vilain Petit Canard, etc. Un homme à l'histoire étonnante (je vous 
conseille l'émission Au bout du conte qui lui est consacrée), qui mérite bien sa statue.

Près de l'université de Copenhague (premier employeur de la ville, comme quoi le Danemark
a un bon sens des priorités), vous trouverez le buste de Niels Bohr
un des pères de la mécanique quantique, acteur d'une célèbre anecdote totalement fausse 
(racontée ici par e-Penser) et interlocuteur d'Albert Einstein lors de cet échange historique :
— Dieu ne joue pas aux dés.
— Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ?


Près de l'observatoire qui porte son nom, la statue de Tycho Brahe, grand observateur
des étoiles et de leurs mouvements, à qui on doit notamment tout un système
d'épicycles décrivant les déplacements de Mars. Un système fondamentalement faux puisque
reposant sur une base géocentrique, mais extrêmement précis et fonctionnel en termes
de description.

Et enfin, dans le jardin de la bibliothèque nous attend la statue de Søren Kierkegaard, 
philosophe dont l'œuvre parlera à chacun, bien sûr, car qui n'a pas frémi 
à la lecture de La Dialectique de la communication, ou du Concept de l'ironie
constamment rapporté à Socrate
? Non, je déconne, évidemment je n'ai jamais lu 
Kierkegaard, mais j'ai découvert que son nom veut dire « cimetière » 
(littéralement « jardin de l'église »), et c'est rigolo. Un peu.

 

29 juin 2026

Balade à Copenhague

Le croirez-vous, les températures sont redevenues vaguement acceptables, et j'ai donc réussi à dédier quelques neurones à la sélection des photos et la rédaction des légendes relatant notre séjour à Copenhague. 

Il y aurait beaucoup plus de choses à dire, surtout que j'étais avec quelqu'un qu'on peut facilement qualifier de « passionnée » de la famille royale danoise, mais je vais me limiter aux lieux principaux et à quelques anecdotes, en évitant de trop en dire sur « l'église où Frederik X et Mary se sont mariés », « l'église où ils ont baptisé leurs jumeaux », « l'église où ils ont enterré le prince consort », etc.

 

On démarre avec la vue la plus classique de Copenhague : le quartier de Neuhavn
(le « nouveau port »), avec son canal, ses bateaux à voile
et ses bâtiments aux façades colorées spécifiquement pour attirer les touristes, 
un peu comme certaines fleurs qui attirent les pollinisateurs. Et ce n'est pas
une blague : le quartier était très peu sûr à une époque, mais quand il a commencé à se gentrifier
personne ne voulait venir s'y installer à cause de sa réputation ; les bailleurs ont alors eu l'idée de mettre
de la couleur pour égayer le coin, et ça a marché. 

Le palais d'Amalienborg, lieu de résidence du couple royal (mais pas en ce moment). 
Là on n'en voit qu'un quart, le palais étant constitué de quatre corps de bâtiment identiques se
faisant face. J'ignore totalement qui est cette touriste qui semble si heureuse de découvrir
le lieu de vie de ses chouchous.

Classique des classiques, la statue de la Petite Sirène, hommage à l'œuvre d'Andersen.
Elle est en fait assez excentrée et dans un recoin pas exactement propice aux jolies photos, 
mais facile à repérer : c'est là où des dizaines de touristes manquent de se rompre le cou 
pour prendre le cliché.

L'étonnant quartier de Nyboder, et ses maisons basses aux murs jaune safran. Il s'agit 
en fait d'un quartier résidentiel qui avait pour fonction d'abriter les familles du personnel
de la Marine danoise.
Notez que la couleur est si typique que si vous parlez à un Danois du « jaune Nyboder »,
il comprendra immédiatement à quoi vous faites allusion.

Le Rosenborg, où sont entreposés les joyaux de la couronne,
et son jardin royal en contrebas, où l'on trouve de nombreuses variétés de roses, entre autres.
Notez que la photo est prise depuis la terrasse de la Cinémathèque, accessible gratuitement,
où vous pourrez découvrir toutes les facettes du cinéma danois comme les drames naturalistes 
de Lars von Trier, les drames humains de Thomas Vinterberg, 
ou bien sûr les drames sociaux de Per Fly.

Christiansborg, ancien palais royal que la famille régnante a laissé au peuple
après s'en être fait construire un mieux (une sordide histoire d'incendie lié à une
cheminée en bois... ce n'est toujours pas une blague). Aujourd'hui il abrite le Parlement,
ce qui est quand même sacrément cohérent pour un don au peuple. Notez la tour qui est accessible
gratuitement et offre une très belle vue de la vieille ville, et jusqu'à la Suède par temps clair.

L'hôtel de ville (Rådhuset), au premier plan. Le bâtiment à gauche, qui ressemble,
c'est juste un hôtel. Vous noterez l'absence assez prononcée de relief, le point culminant du pays
plafonnant à 170 mètres au-dessus de la mer.



L'entrée de Tivoli, improbable parc d'attractions situé en plein milieu de la ville, 
avec manèges et tout le bazar, ouvert depuis 1843 ! Il paraît même qu'il a fortement
inspiré Walt Disney pour son futur Disneyland, alors qu'il le visitait dans les années 1950. 

Un des toits de la Glyptothèque Ny Carlsberg, curieux musée qu'on pourrait vaguement assimiler à un
Louvre danois, si son histoire n'était pas nettement plus rocambolesque.
La brasserie Carlsberg a été fondée par Jacob Christian Jacobsen, qui l'a nommée ainsi en hommage 
à son fils Carl et en référence à la source utilisée pour le brassage qui jaillissait sur une « colline » 
de 30 mètres de haut, qu'en bon Danois il considéra comme une montagne (Berg en allemand).
Une fois la fortune de la famille assurée, le bon fils (Carl, donc) commença à collectionner toute sorte de 
choses (antiquités égyptiennes, grecques, romaines, sculptures, peintures... 
c'était la mode à l'époque) et finit par décider
de montrer tout ça au bon peuple dans un lieu dédié. D'où la Glyptothèque.

Les jardins de la bibliothèque, un bel endroit très calme situé entre la mer et le Christiansborg.

 

26 juin 2026

En danois, canards se dit ænder

Je pensais faire un joli post avec mes photos de Copenhague du week-end dernier, mais figurez-vous qu'il fait 40 °C à l'ombre et que je suis en train de décéder, donc je traiterai tout ça plus tard (après mon décès, je suppose). 

En attendant, une petite anecdote qui nous est arrivée dans la célèbre Strøget, la rue commerçante principale de la ville (prononcez streuillètt). L'histoire prend place dans la boutique Faraos Cigarer (que l'on peut traduire sans trop prendre de risques par Les Cigares du pharaon, il ne vous étonnera donc pas qu'il s'agisse d'une boutique de BD). Je savais déjà que les pays scandinaves étaient très fans des histoires de canards (Don Rosa est quasiment un héros national en Finlande, notamment).

Bij : Ah ouais, le mur de Picsou ! Impressionnant.
Moi : Tu n'es pas encore allée au sous-sol, c'est ça ?

 
Ça, c'est un mur de Picsou.

Et dans un coin, comme si de rien n'était, une petite photo dédicacée de
Carl Barks. Les vrais savent, et les Scandinaves sont tous des vrais.

22 juin 2026

Elle s'appelle Ariel...

 

Ce week-end, nous sommes partis vers le Nord pour diverses raisons indépendantes de la canicule, mais du coup c'était pas plus mal. Je débrieferai ce joli voyage plus tard, on est rentrés un peu tard hier soir... Bon courage pour cette horrible semaine qui s'annonce, n'oubliez pas à qui nous la devons.

(le capitalisme) 

19 juin 2026

Tempête de cerveaux

 

Bureau de la direction de l'Empire Disney

 
—    Bonjour tout le monde. Fawn, vous nous apportez des cafés mon petit ? Vous êtes gentille. Alors, de quel grand succès on va faire la suite ?
—    Alors moi j'avais pensé à faire un remake live de Taram et le chaudron magique, parce que...
—    Je t’arrête tout de suite, on ne fait des remakes que des succès commerciaux, sinon aucun intérêt. 
—    Oui non mais Taram y aurait un vrai intérêt artistique, vu que l’original était plein de défauts, donc ce serait intéressant de produire une version plus conforme à l’esprit des Chroniques de Prydain de Lloyd Alexander et…
—    Blablabla, nerd alert ! Tu sors ! Les autres, c’est quoi le prochain projet ?
—    On fait un remake live des 101 Dalmatiens ?
—    T’as quel âge ? Non, je m’en fous, tu sors aussi. 
—    Patron ? J’avais une proposition un peu disruptive, je ne sais pas si ça vous dit…
—    Disruptif, c’est bien ça, je t’écoute Steve.
—    Je m’appelle p… peu importe. On pourrait peut-être… ne pas faire une suite ?
—    …
—    Genre une nouvelle IP ? Une création originale, un truc inédit ? Pour les nouvelles générations ?
—    Mouais… t’as un concept ? Un pitch ?
—    Alors oui, j’ai reçu un super roman avec tout un univers à base d’invertébrés, où il y aurait un peuple des mollusques, un peuple des arthropodes, un peuple des méduses, un peuple des vers, et…
—    Complètement con. Une autre idée quelqu’un ?*
—    On pourrait raconter un conte de fées qu’on n’a pas déjà raconté ? 
—    Super disruptif !
—    Non mais on le raconte de manière moderne. Genre Jack et le haricot magique, mais en fait les géants ils sont sympas, et c’est la rencontre de deux cultures, et…
—    Tu as déjà tenté ça, Nathan, et on l’a déjà mis à la corbeille. Bon, vous savez quoi, j’en ai marre, j’ai rendez-vous dans un quart d’heure avec une piscine en or remplie de cocaïne, alors vous allez me pondre de suite une idée géniale et lucrative sinon je vous vire tous sans préavis !
—    …
—    …
—    Euh… on pourrait… ce serait l’histoire d’une fille…
—    Oui ?
—    Une lycéenne, et elle découvre qu’en fait c’est une sorcière !
—    Oui ?
—    Et elle découvre tout un monde parallèle de sorciers, où la magie existe. Et elle va se rendre compte que dans le monde normal elle était bizarre mais que dans ce monde-là, elle est l'élue. 
—    Génial ! Vous m’emballez tout ça, c’est notre prochaine IP. Et vous me remettez un titre adjectif, là, comme Tangled et Frozen, les gens ils aimaient bien ça !
—    Ok patron…


(le patron sort)


—    Nick, tu nous fais quoi là ? C'est quoi cette idée de merde ?
—    Ben j’ai vu la bande-annonce de la prochaine série Harry Potter ce matin, j’ai paniqué…
—    Mais tout le monde va le voir que c’est Harry Potter avec une lycéenne !
—    Non mais c’est pas si con. Avec J. K. Rowling qui est complètement cancel, y a un public pour un ersatz de Harry Potter sans les casseroles de l’autre connasse !
—    Un truc progressiste tu veux dire ?
—    Sans aller jusque-là, un truc pas transphobe ni esclavagiste, déjà ce sera bien.
—    Mouais… On met qui à la réal ?
—    On s’en fout. Harry Potter en lycéenne, ça peut pas rater, le premier tâcheron venu fera l’affaire.
—    Voilà les cafés !
—    Ah ben parfait, Fawn, tu veux te rattraper de ton film Wish de merde là ?
—    Plus que tout au monde !
—    Eh ben t’es sur le coup du nouveau film. Comment on l’appelle ?
—    Harry Potter Wish ?
—    T’es con Régis ! Non, un adjectif qui évoque les sorcières… voyons…
—    Wicked ?
—    Cursed ?
—    Enchanted ?
—    Bewitched ?
—    Déjà pris. Hexed ! C’est pas mal, non ? Hexed !
—    Oui. Et puis comme ça les traducteurs français pourront faire n’importe quoi avec.


Regardez-moi cette traduction de titre incroyable. Bon ceci dit, en VO on a Hailee Steinfeld et Rashida Jones, c'est carrément la classe. Ça n'enlève rien au fait que j'ai vraiment l'impression que le film a été écrit par une IA (et le fait qu'il n'y ait aucun scénariste crédité sur IMDb ne me rassure pas du tout), mais bon... 

* Ah, moi j'aime bien pourtant comme idée. J'achèterais carrément un bouquin qui partirait de ce postulat. Pas vous ? 

17 juin 2026

Crise de la quarante-millaine

 

Dans le cadre de ma crise de la quarantaine, je m'autorise quelques petites folies. Mais plutôt que d'acheter une grosse Lamborghini*, je suis en train de me diriger vers un gouffre bien plus profond : Warhammer 40k.

Ça fait des décennies que j'ai envie de m'intéresser à Warhammer. Depuis que j'ai trouvé la pub pour Space Crusade dans ma boîte Hero Quest, quand j'avais 12 ans, à peu près. Mais je n'avais jamais osé pousser les portes d'une de ces nombreuses boutiques qui ont pignon sur rue dans toutes les grandes villes de France. Après avoir testé la peinture de figurine à Essen (souvenez-vous), je me suis dit que définitivement, ça me plaisait bien, mais que ça demanderait du temps, un budget...

Et puis dernièrement j'ai craqué, je suis entré dans la boutique la plus proche de chez moi, j'ai discuté avec le tenancier pendant un bon moment, et j'ai fini par suivre l'initiation à la peinture qui est proposée gratuitement dans tous les magasins. Ça m'a plu.

Il a quand même plus de gueule que ma première tentative.
 

Du coup j'envisage très prochainement d'acheter un pack découverte, quelques pinceaux et peintures, et d'attaquer une petite collection sans prétention. Je vous tiendrai au courant, pour votre plus grande joie j'en suis sûr**. 

* Essentiellement parce que je vis en proche banlieue parisienne, que je n'aime pas la vitesse et que je suis en paix avec ma virilité. 

** De toute façon, vous ne couperez sans doute pas à la folie Warhammer qui va se déclencher l'année prochaine : 2027 sonne en effet les 40 ans de la licence, nombre évidemment symbolique (Warhammer 40,000, hein !), les offres seront pléthoriques, la 11e mise à jour des règles sort tout prochainement et la série avec Henry Cavill devrait faire découvrir l'univers à tout un nouveau public. 

15 juin 2026

Personnage mystérieux

 

Je me suis retrouvé hier soir, à 22 h, sans aucun post programmé pour ce matin. Du coup j'ai fait ce personnage vite fait. Saurez-vous le reconnaître ?

12 juin 2026

L'appel des dieux anciens

 

Evey Drayton, étudiante à l'université Miskatonic, est victime d'une étrange amnésie qui ne lui a laissé aucun souvenir des trois derniers mois. Elle rencontre le professeur Everhart et ensemble, ils vont se lancer à la poursuite d'un mystérieux artefact qui va les mener tout au bout de la Terre, et peut-être même au-delà...

Voilà, on est d'accord, le résumé évoque des images de chapeau feutre, d'anciennes statuettes poussiéreuses et de vieilles ruines perdues au milieu du désert, avec une pointe de Lovecraft, bref : ça sent le pulp. C'est normal, on est dans la suite de Call of the Sea, qui avait marqué en proposant une version tropicale très colorée du mythe lovecraftien. Call of the Ancient Gods part dans la même direction artistique, avec des visuels chatoyants, des décors plus variés et un duo de protagonistes archétypaux mais que j'ai trouvés plutôt attachants.  

Après R'lyeh et les Profonds, nous partons cette fois à la découverte 
de Pnakotus et de la Grande Race de Yith, un aspect moins battu et rebattu
du mythe de Cthulhu, qui donne lieu à des décors grandioses.


Alors oui, les cinématiques font un peu cheap et les animations pourraient être plus impressionnantes, mais le studio fait au mieux avec ses moyens limités, et franchement j'ai passé sept heures très agréables. Les décors sont splendides, notamment la partie fantastique avec une cité de Pnakotus où la majesté le dispute à la magnificence (même si ceux qui ont lu Dans l'abîme du temps savent que tout n'y est pas rose). 

Attention toutefois, certaines énigmes sont un peu taquines, et je me suis méchamment gratté la tête quelquefois (souvent en concluant d'un « mais je suis trop c...! », mais parfois aussi « Non mais ça c'est débile ! »). Y aura-t-il un troisième épisode qui viendrait apporter une conclusion, pourquoi pas à l'époque moderne ? Il reste nombre de pans du mythe de Cthulhu à explorer, je serai curieux de voir ça.

10 juin 2026

L'humilité

 

Je n'ai jamais parlé de Street Fighter ici, étonnant. J'aime beaucoup Street Fighter, c'est toujours une leçon d'humilité. Parfois c'est moi qui la donne, souvent c'est moi qui la prends.

Pour ceux que ça intéresse, la scène a eu lieu au Manga Café de la rue Primo Levi, près de la BNF, un endroit plutôt cool avec des mangas, des bornes d'arcade en accès libre et des boissons à volonté.  

08 juin 2026

L'arnaqueur

 

Je savais pas trop quoi faire pour aujourd'hui, j'étais d'humeur ambitieuse, alors j'ai fait un Swindle, et franchement je le trouve plutôt réussi.

Si vous n'êtes pas très versé dans le lore Transformers, Swindle est un membre des Combaticons, une équipe de la faction des méchants spécialisée dans la guerre. Pour faire simple, les Combaticons (dont j'ai déjà parlé plusieurs fois puisque je suis en train de collectionner leurs figurines en version Age of the Prime) sont des soldats, et chacun correspond à un archétype qu'on peut facilement raccorder aux tropes des films américains sur le Vietnam. 

Brawl est une brute épaisse, Vortex un psychopathe, Blast Off un intellectuel désabusé, Onslaught un officier tacticien, et Swindle... ben Swindle c'est le combinard, le petit malin, celui que vous allez voir pour dégotter un paquet de cigarettes ou du whisky de contrebande. De fil en aiguille, il est devenu un contrebandier, un receleur, un tenancier de casino, bref un arnaqueur. Pas étonnant qu'il soit devenu un chouchou des fans au fil des années et de ses différentes versions en comics. 

J'ajoute que c'est le seul Combaticon que j'avais enfant, et regardez, 
il est encore bien conservé.

 

05 juin 2026

Lol de rire

 

Document d'archive : moi riant devant une comédie française d'un autre temps.
(saurez-vous la reconnaître ?)

Ça faisait longtemps que je n'avais pas conseillé une chaîne YouTube, alors parlons aujourd'hui de Rigolo, l'émission du duo Calmos sur la chaîne du même nom. Déjà parce que le thème de l'émission me parle tout particulièrement, puisqu'il s'agit des comédies françaises. J'ai grandi devant Louis de Funès et les Charlots, puis les Audiard, les Inconnus et les Nuls, et sans succomber à une naïve nostalgie qui me ferait croire que tous ces films sont géniaux, je suis tout à fait partant pour m'y replonger afin de les analyser avec un peu de recul.

C'est ce que propose Rigolo : une analyse d'un thème récurrent de la comédie franchouillarde, partant souvent d'un film précis mais débordant largement, avec une vraie réflexion pour pousser un peu plus loin que le simple « c'était drôle mais ça a mal vieilli » (ce qui n'est d'ailleurs pas toujours vrai). 

Ainsi L'Homme-orchestre permet-il de questionner le trope du « comique de droite » à la de Funès et Clavier, Le Grand Blond avec une chaussure noire interroge la place de la musique dans la comédie et Les Visiteurs se penche sur l'intemporalité d'un film. Sans jamais être chiant ou pontifiant, ne vous y trompez pas : c'est très drôle, rythmé, habilement référencé et parfois même émouvant (l'émission sur Jean-Pierre Bacri m'a un peu cueilli sur la fin). Si le sujet, ou même le cinéma en général vous intéresse, je conseille donc vivement le visionnage de ces (pour l'instant) seize émissions.

 

 

En plus la dernière vient de sortir, sur la meilleure comédie française de tous les temps. Enfin, de mon époque en tout cas.

03 juin 2026

Les chevaliers du ciel

 

On raconte qu'à force de vivre ensemble dans l'amour et le même appartement, les couples développent parfois une forme de télépathie. Il se trouve que c'est assez vrai pour nous. Et ça tombe bien, parce que dans Sky Team, il s'agit de se coordonner pour poser un avion de ligne sans parler, et c'est pas évident.

On avait repéré Sky Team depuis longtemps, et pour cause : un jeu coopératif à deux, ça semble idéal pour égayer nos soirées d'hiver. En plus le principe est assez simple : chacun tire ses quatre dés, caché derrière un écran, et il faut les placer à tour de rôle sur un très joli plateau de jeu pour générer différentes actions nécessaires à un atterrissage sans heurt : rétablir l'assiette, activer les réacteurs, ouvrir les volets, sortir les trains d'atterrissage, etc. Le tout en évitant les autres avions, les montagnes, puis plus loin dans l'aventure en gérant le carburant, les fuites, le vent arrière, les pistes enneigées, les stagiaires incompétents...

La boîte n'est pas très grande et le matériel est plutôt simple, élégant et fonctionnel,
tout ce qu'on aime.

On commence juste le jeu mais c'est déjà très agréable, quoiqu'un poil stressant par moment, et ça met notre télépathie à rude épreuve. Mais on ne peut pas dire que ça fasse mentir la boîte : immersif, sensations fortes, on y est !

29 mai 2026

Dernières lectures

 J'ai lu des trucs dernièrement. Parlons-en.


 Les Guerres de Lucas, tomes 1 et 2, 
Renaud Roche et Laurent Hopman, Deman Édtions

Pour mon anniversaire, les copains m'ont offert ces BD qui racontent le making of des deux premiers Star Wars (les épisodes IV et V, donc... oui, les meilleurs en fait). Et franchement, c'est trop bien : déjà c'est très bien dessiné, j'adore le style employé, probablement directement à la palette graphique. Mais surtout ça raconte cette histoire, pourtant déjà abondamment documentée, sous un angle différent, en s'attachant vraiment au personnage de George Lucas, ses doutes, son caractère pas facile... Bon, c'est sans doute enjolivé, mais ça reste un pur plaisir de croiser au fil des pages des jeunes gens qui deviendront célèbres (dont Steven Spielberg et Francis Ford Coppola), de visiter le Hollywood de la fin des seventies, en plein bouleversement à l'aube de l'ère des blockbusters, et de (re)découvrir toutes ces anecdotes fameuses sur une saga culte. Il y aura sans doute un tome 3 (je vous laisse deviner de quel film il parlera), et je l'aurai.


 

 Les Cinq Ami·e·s l'échappent belle in extremis,
Fabcaro, éd. 6 Pieds sous Terre

Je suis Fabcaro depuis très longtemps, je ne prétends pas avoir lu toute sa bibliographie mais quand même un bon paquet, je m'estime donc dans mon bon droit en affirmant ceci : toute son œuvre mène à ce livre. C'est évident depuis le début, ça devait arriver, il devait, un jour, parodier un livre de la Bibliothèque Rose, et je suis vraiment, mais vraiment très content d'avoir assez vécu pour voir ça. Oui, ce n'est jamais que la recette Fabcaro (Zaï zaï zaï zaï, etc.) appliqué au Club des Cinq, aux Six Compagnons* et autres Michel, mais qu'est-ce que c'est bon ! Absurde, bête, cruel parfois, hilarant toujours. Trouvez-le en librairie, lisez la quatrième de couv', éclatez de rire et laissez-vous porter par l'envie soudaine que vous aurez de l'acheter. Vous ne le regretterez pas.

* Notez que dans la grande famille des héros à numérateur, on trouve aussi Les Trois N (de Roberte Armand), Les Quatre As (de Georges Chaulet) et Le Clan des Sept (d'Enid Blyton), ce qui fait quand même pas mal. J'aurais aimé qu'existent aussi Les Huit Tantes suisses ou L'Académie des Neuf... 

 


 Wastburg, Cédric Ferrand, éd. Folio SF

Ce livre avait l'air court et mon beau-frère me l'a conseillé, je ne peux à mon tour que vous en suggérer la lecture. Wastburg est une ville, coincée dans le delta d'un fleuve entre deux puissances rivales, avec tous les avantages (commerciaux notamment) et les inconvénients (troubles civils notamment) que ça laisse supposer. Dans chaque chapitre, on suit un membre différent de la garde municipale, plus ou moins haut placé, plus ou moins à l'aise dans son affectation, plus ou moins chanceux. Et ainsi se dessine une histoire plus grande, à base d'intrigues politiques et de magie. Une histoire tellement riche qu'un jeu de rôle a été conçu sur la base du livre, apparemment. En tout cas c'est une vraie bonne surprise, et un vrai plaisir à parcourir.

 


 Transformers t. 5 – Generation One,
Robert Kirkman, Dan Mora, Jorge Corona, 
Mike Spicer et Sarah Stern, Skybound ed.

Last et least (mais surtout parce que v'là le niveau des autres œuvres au-dessus), le tome 5 de la nouvelle série TF est déjà sorti (un peu en avance chez Album). On change de dessinateur, le style tout en vigueur de Jorge Corona laisse la place au trait plus sage mais plus ample de Dan Mora. Les deux ont leur (grand) mérite, et même si j'avais développé une forte affection pour Corona, ce basculement coïncide logiquement avec le début du deuxième arc de la saga. Deuxième arc qui commence dans un relatif statu quo, et finit avec de gros changements côté Autobots, qui devraient avoir de grandes répercutions pour la suite. Je ne suis pas fan de toutes les décisions prises (notamment cette incapacité chronique à laisser les morts morts !), mais je suis curieux de voir où ça va. Ah, et il y a Miles Mayhem qui commence déjà à semer la merde, ce qui est prometteur pour la série MASK qui commence le mois prochain.

 

27 mai 2026

Oook ?

 

Une saletée de fée a fichu le boxon dans la bibliothèque de l'université de magie ! En tant que bibliothécaire attitré, je me retrouve à devoir ranger tout le bazar, à remettre chaque livre sur son étagère, dans l'ordre, de manière cohérente : les précis de combat dans Guerriers, les compendiums d'herboristerie dans Alchimie et les trois tomes de The Witch and the Accidental Love Potion dans les romances !

La semaine dernière nous sommes tombés sur un jeu sur lequel était métaphoriquement écrit « Pour Bij et Neil, love ! » Librarian (sous-titré Tidy Up the Arcane Library) va droit au but : vous êtes enfermés dans une bibliothèque, il y a environ trois mille livres au sol devant vous, il faut les reclasser. Simple, basique, tout au plus quelques sorts à débloquer pour vous faciliter un peu la vie mais pas de narration cachée, pas d'enquête mystérieuse, non non, juste du rangement, un working sim magique.  

Quand j'écris « environ trois mille », ce n'est pas non plus une exagération !
3 072, exactement.

Si vous aimez ce genre de trucs, c'est merveilleux. Les titres de bouquins sont marrants (même si j'aurais aimé un peu plus de références à des grands classiques du genre comme le Necronomicon, le Necrotelecomnicon, Le Roi en jaune et autres Fantastic Beasts), on se découvre vite des catégories préférées (les ouvrages sur l'archerie et les mathématiques dans notre cas, allez savoir pourquoi) et on finit par connaître les lieux comme notre poche. C'est un genre bien particulier de jeu, mais c'était le pied, et on l'a torché en environ treize heures, en se relayant, sans voir le temps passer. Ils annoncent des DLC, on les attend de pied ferme.
 


25 mai 2026

Fermeture pour cause de copains

 

Ce week-end il fait beau, le lundi est férié et les copains sont dispos (avec même un bonus venu du Pays basque), autant vous dire que je ne suis pas sur mon écran à vous bricoler une super note de blog. J'espère que vous profitez aussi de ce dernier week-end à rallonge.

22 mai 2026

Adieu Gibert ?

 



Les Parisiens en ont peut-être entendu parler : la bouquinerie Gibert vient de se placer en redressement judiciaire, ce qui pourrait fortement impacter ma consommation de bandes dessinées car je m'y alimentais largement en ouvrages d'occasion. 

Bien sûr tout le monde accuse les jeunes, qui « ne lisent plus » (ce qui est archi faux quand j'observe ceux que je fréquente, boulimiques de lecture, mais bon, ils ne sont sûrement pas représentatifs). Je constate toutefois que les rayons « romantasy » ont explosé ces dernières années*, comme quoi il y a bien une demande. Je pencherais plutôt pour une explosion du prix des matières premières (moi qui bosse dans la presse, je confirme que le papier est plus cher qu'à une époque) et de l'offre, beaucoup trop pléthorique pour être absorbée par la population.

Reste que la fermeture définitive de la principale librairie d'occasion de la capitale m'ennuierait pas mal, j'espère qu'ils vont tenir. 

* Gibert lui-même a ouvert une boutique entièrement dédiée à ces amourettes entre vampirette sophistiquée et loup-garou rustre, c'est dire.