20 octobre 2017

Les chasseurs de baston (2)

Et puis l'an dernier, Joe Madureira a annoncé un kickstarter pour Battle Chasers.

Il ne s'agissait pas de financer le relancement de la BD, hein, mais de marier les deux passions de l'auteur en transformant son œuvre en jeu vidéo original. 
Et, quelques mois plus tard, le résultat est sorti : Battle Chasers – Nightwar.



Pas de doute, c'est bien le même univers, les mêmes personnages, le même designer...


J'y ai joué. Assez longtemps pour m'en faire une bonne idée. Et... c'est une excellente adaptation du comics. 

Déjà c'est beau : les décors, les personnages... c'est du pur Joe Mad!, que les gamers connaissent déjà pour les designs de Darksiders : gros muscles, gros nichons, positions triomphantes avec des regards acérés et des doigts puissamment tendus (oui, Mad! dessine super bien les doigts, c'est pas ma faute).
Ensuite, le scénario est totalement naze : ça aussi, c'est raccord avec la BD d'origine, qui ne savait clairement pas où elle voulait aller (oh ça va, on peut se l'avoir aujourd'hui, les trois quarts des BD Image Comics du début, c'était que du graphisme, y avait rien sur le fond – sauf quand Alan Moore ou Neil Gaiman passaient faire un tour, mais ça restait rare).

En revanche, et j'en suis le premier surpris, on peut reconnaître que cet univers s'adapte finalement bien mieux en jeu vidéo qu'en comics. Finalement, « Battle Chasers », ça veut dire « qui cherchent la bagarre », une assez bonne définition de leur activité dans ce jeu.




Gully a désormais une voix, et les cheveux longs. Ah, petit conseil, mettez le jeu en anglais,
les doublages français sont assez ridicules.

 Notre fine équipe se retrouve sur une île méconnue et affrontent une nécromancienne très méchante... (je vous avais prévenus pour l'intrigue). Le jeu se décompose en trois parties :
- des pérégrinations sur une grande carte du monde avec rencontres plus ou moins aléatoires ;
- des donjons à explorer en « vue à la Diablo » ;
- des combats au tour par tour (qui constitue clairement la majeure partie du jeu, et son principal intérêt).

La mécanique des combats est assez fine, ou plutôt assez complexe puisqu'elle mêle plein de possibilités et de paramètres, avec compteur de mana, surpuissance générée avec les coups normaux, barre de burst, pouvoirs supplémentaires à débloquer, passifs de même, évidemment la prise de niveaux, les équipements à collecter ou à crafter... C'est complet et assez intéressant si on prend la peine de s'y plonger. Ce que j'ai fait.

Une scène de baston. De manière amusante, la petite Gully est le tank,
et le titanesque Calibretto le healer.


Et puis j'en ai eu marre, alors j'ai arrêté. 
Autant le jeu est un assez agréable passe-temps quand on visite un donjon en ayant le bon niveau, autant il se révèle insupportable sitôt qu'on s'attaque à un obstacle légèrement au-dessus. Les échecs sont punitifs : on perd beaucoup d'or, mais surtout on doit se retaper tout le chemin depuis l'auberge, avec les rencontres plus ou moins inévitables avec des monstres dont la puissance est parfois débilement outrancière... 

Comme en plus notre équipe est limitée à trois personnages, et qu'on ne peut changer qu'à l'auberge ou à l'entrée des donjons, que l'open world n'a d'open que le nom (le jeu sait où vous devez aller, le jeu est votre ami, écoutez le jeu et NE DÉVIEZ PAS DU DROIT CHEMIN !), la frustration en cas d'échec est un peu trop forte pour moi. J'accepte ça d'un Dark Souls*, pas de Battle Chasers, faut pas déconner.

Surtout que je doute, connaissant les vertus de scénariste de l'ami Joe, que la fin vaille le coup de se faire du mal.

* Que j'ai fini. Saviez-vous que ceux qui finissent Dark Souls sont de meilleurs êtres humains que les autres ? Non ? Bien sûr, puisque vous n'avez pas fini Dark Souls...

18 octobre 2017

Les chasseurs de baston (1)

Oyez oyez, chers lecteurs, approchez, asseyez-vous autour du feu, écoutez donc la geste que je m'en vais vous conter. C'est l'histoire de Joe Madureira, dessinateur de génie devenu designer médiocre, et de son œuvre, revenue d'entre les morts. Installez-vous confortablement... c'est parti !

Image Comics, une certaine idée de la classe.


Nous sommes en 1998, et l'éditeur Image Comics n'a que quelques années à son compteur. Ce franc-tireur qui s'est constitué en réaction face aux poussiéreux Marvel et DC publie des BD innovantes et sortant des sentiers battus. De jeunes et talentueux auteurs ont enfin la possibilité de donner libre cours à leur talent et de développer des intrigues d'un genre nouveau, par exemple avec de la baston et des gros nichons, mais aussi parfois du sexe et de la violence. 

Au sein d'Image Comics, on trouve une maison de publication particulière, WildStorm, tenu par le (vraiment) talentueux Jim Lee. Et au sein de WildStorm, on trouve un label mystérieux : Cliffhanger.

Ouais, c'est un peu compliqué, alors je vous ai fait un diagramme de Venn.


Le but de Cliffhanger est de proposer une carte blanche à de jeunes auteurs mégatalentueux, en les laissant libres de briser les carcans éditoriaux et produire les explosions graphiques dont ils ont toujours rêvé. Parmi eux, on trouve l'élégant J. Scott Campbell, qui avec son Danger Girl va réaliser une sympathique parodie de films d'espionnage (avec des gros nichons, hein, n'oublions pas les fondamentaux !), Umberto Ramos qui va créer Crimson, une histoire de vampires urbains assez anecdotique mais qui, au moins, sortira à l'heure... et Joe Madureira, jeune prodige exfiltré de chez Marvel. 

Joe Mad! dans toute l'incarnation de son charisme.


A l'époque, Mad! (comme il signait) n'a que 24 ans, mais son style flamboyant est déjà très marquant. Fortement inspiré par la vague manga, il choisit pour son intrigue un univers « arcane-punk » (magie et technologie) avec golems de guerre, paladins badass, fillette à gantelets de force et magicien « tortuegénialesque ». Battle Chasers est né. La légende...

Battle Chasers était une série hallucinante pour les jeunes adultes que nous étions alors. Hyper dynamique, avec des angles de vue hallucinants, des personnages tout en masse et une mise en couleurs signée Liquid! (un collectif de coloristes rarement égalé dans leur style) qui nous faisaient baver. C'est bien simple, à l'époque, on voulait tous être Madureira.

Des explosions, des postures bad-ass, des gros nichons...
autant vous dire que le moi de 18 ans était au taquet.


Et puis les retards ont commencé. Il n'aura pas fallu longtemps d'ailleurs. Un mois de retard. Deux mois. Six mois. Un an... 
Au bout d'un moment, Battle Chasers était devenu une blague récurrente dans la boutique d'import de comics que je fréquentais à Bordeaux (le vénérable Antre des Dragons) : 
« Eh, patron, vous avez le dernier Battle Chasers ?
– Ah ah ah (rire collectif).
– Non mais j'ai Crimson.
– Ah... bah, envoie toujours. »



Et puis, après un épisode 9 arrivé en 2001 (trois ans après le début de la série !), Mad! a jeté l'éponge. On savait depuis longtemps qu'il voulait se lancer dans le jeu vidéo (on l'accablait assez en insinuant qu'il préférait tripoter sa manette de Playstation que ses stylos), apparemment il allait s'y jeter à corps perdu. Ok mec, vas-y, fais-toi plaisir. De toute façon, nous, ça faisait un moment qu'on avait renoncé à l'idée de voir la fin du premier cycle de Battle Chasers.

Le tome 9, dernier sorti, qui ne conclut rien, ne résout rien et qu'on n'espérait même plus...

Et puis...

13 octobre 2017

Mentons-nous un peu



Il y a quelques années, j'interviewai un spécialiste du mensonge.
Oui, dans la vraie vie je suis journaliste, il m'arrive d'interviewer des gens. 
Le bonhomme est donc spécialisé dans la détection du mensonge. Il se fonde sur de vraies études de sciences comportementales, sur les travaux de Paul Ekman et d'Aldert Vrij, bref ce n'est pas un marabout qui voit la vérité dans sa boule de cristal, il a une vraie méthodologie et de vrais résultats (évidemment pas garantis à 100 %), mais ce n'est pas ce dont je veux parler ici. Du reste, qu'il soit réellement performant ou un pur charlatan (ce dont je doute), il peut être considéré comme un expert sur le mensonge.

Et comme c'est à la base un scientifique, il a commencé par me donner une définition précise du mensonge, histoire qu'on parte sur de bonnes bases communes. Un mensonge, c'est « une tentative délibérée, réussie ou non, sans avertissement préalable, d'introduire chez un autre une croyance que l'on considère soi-même comme fausse ».
Cette définition est déjà intéressante en soi, puisqu'elle implique notamment qu'un acteur ne ment pas en jouant la comédie, puisque les spectateurs sont au courant qu'il ne dit pas la vérité. Idem pour un joueur de poker : les autres joueurs sont prévenus, par accord tacite, qu'il risque fort de bluffer. Cela fait partie du jeu, la confiance n'a pas sa place autour de la table.

« Mentir ? Moi ? Meuh non... »

Mais là où c'est devenu vraiment intéressant, c'est quand le monsieur a ajouté à sa liste d'exemples les vendeurs. Selon lui, quelqu'un qui essaie de vous vendre quelque chose n'est pas un menteur, puisque vous savez d'avance qu'il est susceptible d'enjoliver la vérité, de la déformer. C'est ainsi qu'il m'a présenté la chose, comme une évidence.
Or je pense qu'il y a là quelque chose d'éminemment important. Parce que je soutiens, moi, que nombreux sont les gens qui ne savent pas d'avance qu'un vendeur est susceptible de leur mentir. Je postule que cet accord tacite n'est pas du tout partagé par l'ensemble de la population. Or il semble bien, pour ce spécialiste du mensonge en tout cas, que la caste des vendeurs (qui recouvre un grand nombre de professions, du marchand de merguez au trader qui jongle avec les millions à longueur de journée) considère ce point comme un acquis.

Je sais pas pourquoi, quand on me dit « vendeur », je revois toujours
Pat Hibulaire en train de vendre des voitures avec sa bonne tête d'honnête homme...


Pourtant j'écoutais bien à l'école, je pense avoir gardé pas mal de souvenirs de mes cours d'histoire/géo/éducation civique, et je suis à peu près certain qu'on ne m'a jamais expliqué que les vendeurs mentaient. Idem dans ma famille : on a bien sous-entendu que les marchands avaient tendance à baratiner, mais c'était toujours pour rire, jamais sérieusement. Or je pense que les clients ne se comporteraient pas du tout de la même manière dans les magasins s'ils savaient que les mecs en face s'estiment fondés à leur mentir effrontément (vu que ce n'est pas du vrai mensonge).

Cette interview, mine de rien, a ouvert une petite porte dans mon cerveau. Je me disais qu'il n'était pas inutile de partager l'expérience...

11 octobre 2017

Le panache !

La semaine dernière, j'ai vu Edmond, une pièce d'Alexis Michalik sur la vie d'Edmond Rostand (auteur, si jamais vous l'ignoriez, de Cyrano de Bergerac) qui se joue actuellement au théâtre du Palais-Royal (Paris).




Comment vous dire...? Je vais repartir de zéro.
Alexis Michalik est également auteur et metteur en scène du Porteur d'histoires et du Cercle des illusionnistes, deux pièces que l'on me conseille depuis des années et que, malheureusement, je n'ai pas encore vues. On me les conseille en général en ces termes : « Julien, on te connaît, on connaît tes goûts, ces pièces sont faites pour toi ! »

Alors forcément, quand Michalik met en scène une pièce sur l'auteur d'une de mes œuvres préférées de tous les temps (car Cyrano et moi, c'est une vraie histoire d'amour), je... ne me précipite absolument pas, parce que j'ai un peu peur. 
Il faut dire que la dernière version de Cyrano qu'il m'avait été donnée de voir (celle avec Philippe Torreton) m'avait horriblement déçu (allons même jusqu'à dire que j'ai détesté). Mais finalement, la curiosité a été la plus forte.

Bon sang c'était génial.
C'était tout ce qu'une pièce de théâtre devrait être.
C'était vivant, virevoltant, virtuose mais jamais tape-à-l'œil... Les scènes sont très courtes, s'enchaînent très vite, les décors changeant en un clin d'œil grâce à trois ou quatre accessoires. Pas d'esbroufe, pas de titanesques plateaux tournants ostentatoires, juste une mise en scène millimétrée, quelques portes, chaises et tables d'époque, des cordes, des poulies... la machinerie du théâtre est à la fois utilisée et mise en valeur à travers la mise en abîme, puisqu'on a là une pièce qui parle de la genèse d'une pièce.

Parmi toutes les scènes, celles avec Feydeau sont particulièrement hilarantes.


L'histoire de Rostand est vraisemblablement romancée (je ne suis pas allé vérifier, ce qui ne me ressemble pas, mais j'ai trop peur de briser la magie !), mais qu'importe, on est emporté par le rythme impeccable, la finesse des situations, le surjeu délicieux des acteurs qui en font des caisses à dessein, la passion communicative de la troupe... 

Edmond, c'est la définition même d'un spectacle généreux, qui donne énormément à son public, du rire et des gorges nouées, des comédiens enthousiastes et des idées toutes les deux secondes, sans jamais sombrer dans le bêtement tragique ou l'inutilement comique. 

Je n'aime pas ce genre de formule définitive, mais si j'osais, je dirais que si vous n'aimez pas Edmond, c'est que vous n'aimez pas le théâtre. Ce qui n'est pas forcément grave, notez. Mais ça en fait un bon test du coup...

06 octobre 2017

Retour sur le chevalier vide



J'ai enfin fini Hollow Knight. A 100 %. Ça ne m'aura pris qu'une cinquantaine d'heures de jeu (!).
Et... c'était vraiment génial.
Pour rappel, Hollow Knight est un metroidvania, donc un jeu de plate-forme 2D mettant en avant l'exploration et le combat, dont les principales inspirations semblent venir des œuvres de Miyazaki. Hayao Miyazaki, pour l'aspect graphique, et Hidetaka Miyazaki, pour l'ambiance et certaines mécaniques de gameplay rappelant Dark Souls.

L'expérience est extraordinaire, et le combat final très intense. La fin n'est pas très joyeuse (Dark Souls spirit !), mais récompense amplement les efforts investis.
Hollow Knight est une réussite extraordinaire (a fortiori quand on pense que l'équipe qui l'a développé est toute petite), c'est beau, le gameplay est malin et intuitif, certains passages sont méchamment hardcore mais ils sont souvent facultatifs... 


Si ça m'a pris tant de temps, c'est notamment à cause de ce passage :
le Colisée des Fous, un combat très long en arène qui a été vraiment très, très chaud
et m'a demandé de longues heures d'entraînement...
Maintenant j'attends le DLC, Grimm Troupe, d'ores et déjà annoncé pour dans pas longtemps. Avec une nouvelle quête principale dont je reparlerai en temps voulu (quand je l'aurai finie).
D'ici-là je vous conseille l'excellent let's play d'Ex Serve (le même qui avait fait le guide de Dark Souls que j'ai suivi pour finir le jeu : ce jeune homme a de multiples talents, et son calme et sa voix profonde m'apaisent toujours beaucoup).


29 septembre 2017

Neil a vu... DuckTales 2017



La chaîne Disney XD a donc décidé de rebooter la bonne vieille série DuckTales (La Bande à Picsou en français, mais comme je regarde la série en VO, j'utiliserai les noms anglais, et je préciserai la traduction classique entre parenthèses).

Et c'était ce qui pouvait arriver de mieux à la franchise. Les créateurs de la série ont réussi à moderniser le concept tout en conservant à la fois le côté aventureux des vieilles BD de Carl Barks, l'aspect famille et la cohérence introduits par Don Rosa, l'humour des vieux dessins animés de Donald et en ajoutant une bonne louche de modernité, que ce soit au niveau graphique (les images parlent d'elles-mêmes) ou sur le plan caractérisation de personnages.

Dès le premier épisode (que je vous conseille d'aller voir immédiatement, surtout que je risque de divulgâcher dans la suite de l'article), on découvre une situation différente. Dans le DuckTales original, Donald confiait les neveux à son oncle Scrooge (Picsou) pendant qu'il travaillait comme mousse sur un porte-avions. On n'en savait pas beaucoup plus...
Cette fois, les relations entre Donald et son oncle sont beaucoup plus tendues : il semble que les deux canards soient froissés depuis plusieurs années, au point que Huey, Dewey et Louie (Riri, Fifi et Loulou) ne sachent même pas qu'ils sont apparentés au canard le plus riche du monde.

Tout va découler de là, et de la quête des triplés pour découvrir ce qui est arrivé à leur mère Della (un point jamais, au grand jamais abordé dans toute l'histoire des canards, même le grand Don Rosa n'a pas osé s'y attaquer).


Webby (Zaza), l'adorable petite fille insupportable de l'ancienne série, se dissimule sur cette image.

Par-dessus cette intrigue qui s'annonce fascinante, toute la palanquée de personnages habituels est présente, certains complètement réinventés, à commencer par les triplés (qui ont désormais chacun une personnalité) et surtout Mrs. Beakley (Mamy Baba) et Webby (Zaza), qui sont devenues des sortes d'héroïnes ninjas badass (Webby est instantanément passée du statut de souvenir désagréable de l'ancienne série à celui de personnage préféré de nombreux fans).

Dans l'épisode 3 (qui vient de sortir), on découvre aussi ce que sont devenus Gyro Gearloose (Géo Trouvetou) et Miss Emily Quackfaster (miss Frappe) dans les mains des character-designers fous de Disney, et c'est... différent et génial à la fois. Gyro est un jeune inventeur génial mais arrogant, Quackfaster une archiviste mystique et lunatique.

Même Lil Bulb (Filament) est devenu un personnage nouveau
(pour faire simple, il est un peu flippant).

Comment ? Vous ne voyez pas qui est miss Frappe à la base ?
Bah, cherchez, vous serez surpris de découvrir que ce personnage avait un nom.


Seulement trois épisodes sortis et je suis déjà fan hardcore de cette série. C'est tout ce qu'on pouvait espérer d'un reboot de DuckTales, et bien plus. Les références à Barks comme à la vieille série télé fourmillent dans les décors et les différentes traces écrites qu'on trouve un peu partout, les pistes d'intrigue foisonnent (on sent déjà poindre à l'horizon la venue de Gizmo Duck – Robotik...), j'ai hâte de voir où ils vont avec l'histoire de Della, de voir quels personnages vont apparaître prochainement (on nous promet Gladstone - Gontran -, Goldie...), de découvrir ce qu'ils ont fait de Magica de Spell (Miss Tick), de Ludwig von Drake (Donald Dingue), et pourquoi pas de Daisy ou de Fethry (Popop) ?



Une certaine vision de la classe. Rappelons que Scrooge a notamment inspiré Indiana Jones
(ce n'est pas une blague !).



Avec un pareil aréopage, on en oublierait presque notre personnage principal, Scrooge McDuck, canard le plus riche du monde, plus dur que les gros durs et plus malins que les petits malins. Et...
Il est parfait. Vieux mais décidé, malin, agile, vif, radin comme jamais, avec la voix exceptionnelle de David "docteur Who" Tennant qui a su trouver le ton parfait (les nouveaux seront peut-être surpris par son accent écossais, mais il l'avait déjà dans la première série en VO, les différents accents anglo-saxons étant rarement repris dans les doublages français). En plus ils lui ont redonné sa veste rouge (couleur d'origine dans les comics).

Bref, vous l'aurez compris, c'est pour moi l'événement télévisuel du moment, bien plus que les annonces plus ou moins grandiloquentes sur la fin de Game of Thrones ou la saison 2 de Stranger Things. Comme on dit chez les fans : Woo-hoo !


Même la reprise du générique dépote.

27 septembre 2017

Lisboa

Le week-end dernier, j'étais à Lisbonne, capitale du Portugal, cité des merveilles et de la morue.


Ah, Lisbonne, comme le déclamait le grand poète Pessoa : "Mas o que estou fazendo aqui?"


Lisbonne, terre de contraste, comme en témoigne cette entrée de la forteresse de Sen où, finalement, fort peu d'hommes-serpents nous attendaient...


Lisbonne et ses toits majestueux tous de tuiles rougies par le soleil ardent et les embruns salés de l'Atlantique. Ainsi que l'écrivit le grand poète Camões, "Quando o sol atinge, coloque um pouco de nata!"


Lisbonne et ses monuments grandioses, comme cette statue d'Alfonso de Albuquerque, militaire, navigateur, explorateur et politicien portugais dont la plus fameuse citation restera sans doute "Pessoalmente, não gosto muito de Breaking Bad."


Lisbonne enfin et son aquarium somptueux, où se croisent une foultitude de poissons et d'oiseaux majestueux comme ce très beau martin-pêcheur du Cap. Car comme disait Vasco de Gama : "Pinguim nos campos, inverno perverso."


22 septembre 2017

Chroma : season one

Le douzième et dernier épisode de Chroma est sorti la semaine dernière.



Ainsi donc se conclut cette émission/série (après tout il y a une intrigue globale, certes un peu foutraque, mais elle existe), et je peux enfin affirmer que j'ai adoré de bout en bout.

Karim Debbache et sa bande ne se sont pas contentés de produire une série de chroniques sur des films (pas tous mauvais du reste), ils se sont échinés à vulgariser à une profondeur incroyable le cinéma, la critique et même l'art en général. On a là de ces émissions qui gagnent une nouvelle signification à chaque nouveau visionnage.
C'est tout simplement beau, et j'ai hâte d'entendre parler d'une saison 2...

Bon, à part ça je me casse pour le week-end, à lundi.

Je pars au Laos, comme l'indique cette photo anticipée.

20 septembre 2017

Forge tes dés !



L'autre jour nous avons pu tester un nouveau jeu de plateau du nom de Dice Forge ("forge de dés" dans la langue de Jérémy Morvan).

Sur l'ambiance graphique, le jeu est fort classique puisque vous interprétez des héros qui défoncent des monstres (plutôt mythologiques avec des gorgones, des chimères, des cyclopes...) pour récupérer des points de victoires.

En revanche, concernant le gameplay, c'est plus original : à chaque tour (même quand ce n'est pas le vôtre), vous tirez vos deux dés et récupérez les ressources indiquées (il y en a trois : l'or, les pierres solaires et les pierres lunaires). Ces ressources permettent notamment d'affronter les fameux monstres (uniquement à votre tour cette fois), mais aussi de modifier vos dés à votre guise.





En effet, le principal gimmick de Dice Forge consiste à proposer des dés en kit, aux faces amovibles. Dès votre premier tour, vous aurez l'occasion de transformer une de ces ridicules faces "1 pépite d'or" par une face "3 pépites d'or", ou "1 pierre lunaire", etc. Plus tard, des faces "x 3" ou "1 pierre lunaire ou 1 pierre solaire", etc. seront accessibles...

Bien sûr il y a pas mal de petites subtilités, mais globalement le jeu est abordable et je pense qu'une foule de combos sont possibles pour bien humilier ses adversaires. Si vous avez l'occasion, testez-le, c'est une variation sympathique sur le principe du deck-building.

18 septembre 2017

Ex nihilo Neil 6.04

Désolé pour le retard. On reprend l'intrigue, et j'ai pris de l'avance pour au moins les trois prochaines semaines.

15 septembre 2017

Ernesto fait l'Espagne


Ernesto est un vieux monsieur qui vit à Tours. A une époque, il est venu d'Espagne avec sa fille, qui lui a donné une petite-fille, qui lui a donné une arrière-petite-fille pleine de vie. 
Ernesto est fatigué. Ce vieux grincheux vient d'ailleurs de faire un malaise, et a eu comme une révélation : il aimerait revoir son pays d'origine. Avec son meilleur copain, ils s'embarquent donc dans un périlleux road trip, et finissent par rencontrer la communauté espagnole de Bordeaux...

Si je vous parle d'Ernesto, c'est bien sûr parce que Marion Duclos, c'est ma copine, on se connaît depuis un bail maintenant et je ne peux pas ne pas vous le signaler quand elle sort un album (j'avais parlé du précédent ici).
C'est aussi parce que Ernesto, ça fait dix ans que j'en entends parler, dix ans qu'à chaque discussion avec Marion, je ressens l'importance qu'elle accorde à ce projet, je constate à quel point cet album est important pour elle.

Et c'est enfin parce que le résultat est à la hauteur : Ernesto est une BD magnifique, dans la forme avec ses dessins tout en souplesse et ses couleurs toutes en douceur. Et dans le fond, avec ses petites histoires qui rejoignent la grande, et où l'auteure, sans misérabilisme, sans même de vrais flashbacks, nous raconte l'histoire des émigrés espagnols ayant fui le franquisme, à travers des témoignages édifiants et beaucoup, beaucoup de tendresse. 

Ernesto est actuellement un succès critique, n'hésitez pas à en faire un succès de librairie.

13 septembre 2017

Séries du moment


Comme un peu tout le monde, les vacances ont été l'occasion de (re)découvrir quelques séries... Ma sélection a été très simple, et plutôt appréciée en ce qui me concerne.

- Game of Thrones s. 07 : comme beaucoup, j'ai trouvé cette saison à la fois cool (il se passe enfin des choses qu'on attend depuis très longtemps) et décevante (il ne se passe pas grand-chose d'autre que ce qu'on attend depuis très longtemps). La série a perdu ce rythme très lent qui la caractérisait (tous les personnages se téléportent en une ellipse dès que le script en a besoin), donnant une impression de rush parfois désagréable. Mais bon, eh, on va pas râler, on a enfin un espoir de voir la fin de la saga.

- American Gods : j'étais un grand fan du roman de Neil Gaiman (et de toute l’œuvre du monsieur d'une manière générale), j'étais curieux de voir son adaptation. C'est extrêmement bien, très esthétisé (la première scène, hyper violente sans trop de raison, éloignera sans doute pas mal de fans potentiels...), les acteurs sont excellents (mention spéciale à Ian McShane, parfait en Wednesday) et on a très envie de voir où ça va finir (vu que c'est difficile à prévoir).

- DuckTales : quand Disney XD a annoncé vouloir rebooter la vieille série DuckTales (La Bande à Picsou chez nous), j'étais très dubitatif, mais en grand fan du canard le plus riche du monde, je me demandais sur quoi ils allaient partir. Après visionnage du pilote (seul élément disponible pour l'instant), puis revisionnage pour le plaisir, je suis obligé de le reconnaître : je suis complètement hypé. Le studio a réussi à synthétiser l'ambiance action/aventure de Carl Barks, l'ancrage familial de Don Rosa, les vieux dessins animés avec Donald, la série des années 1980 et... un gros plus de modernité qui rend le tout extrêmement digeste. Je suis un fan instantané de la série, et j'en reparlerai forcément plus dans le futur, donc je vais en rester là... mais allez voir le pilote. Ça vaut vraiment, vraiment le coup.

11 septembre 2017

Souvenirs de vacances


Un des grands projets des vacances consistait à réaménager le "salon" de ma maison d'enfance en une bibliothèque (destinée à accueillir un certain nombre de BD et DVD accumulés ces dernières années).
Nous avons donc investi dans cinq grandes étagères de type Conforama (j'aurais bien pris des Billy, mais l'Ikea le plus proche est à une centaine de bornes).


Puis on les a garnies avec tout ce que j'avais descendu de mon ancien appartement parisien. 


Résultat : le salon, où on n'allait pour ainsi dire jamais, est devenu notre pièce préférée du reste des vacances.

08 septembre 2017

Souvenirs de vacances


Pendant les vacances nous avons pris la voiture et parcouru les routes du Sud-Ouest, à travers les Landes, le Béarn et le Pays basque...

Parmi les villes béarnaises dont je vous conseille la visite, il y a clairement le vieux Pau, Salies-de-Béarn, Sauveterre-de-Béarn et Navarrenx (les trois dernières se font en une journée, mais à elles seules résument le Béarn et ses paysages). Pour le Pays basque, on a pu profiter d'Hasparren, Saint-Étienne-de-Baïgorry, Saint-Jean-Pied-de-Port (ici en photo) et, bien sûr, Bayonne.

Et pour les Landes, ben rien, y a pas grand-chose à voir à part du maïs et du pin maritime. Mais on y mange bien.

07 septembre 2017

Souvenirs de vacances


Miramont-de-Guyenne accueille désormais le premier escape game de Lot-et-Garonne (à noter qu'un autre a ouvert depuis à Agen). Et pendant le festival des arts de rues, ils avaient proposé une "caravane escape" qui donnait une idée du concept en 20 minutes. 
Bon, on l'a fait en 8, mais c'est vraiment grâce à ma mère qui, sous ses airs de "non mais je vais vous gêner", a trouvé le fin mot de l'histoire en cinq sec. Bravo maman !

Pour info, le site de Bastid'Escape propose même des énigmes à résoudre pour obtenir une réduction, allez-y c'est très sympa (même si on en est venus à bout assez vite).

06 septembre 2017

Souvenirs de vacances


Ah, descendre la Dordogne, sous la garde des orgueilleux châteaux d'anciens nobles oubliés, guider son frêle esquif entre les piles de ponts millénaires, observer les poissons slalomer entre les pagaies, arroser les petites-cousines mal élevées qui tentent d'en faire autant, manipulées par un oncle sans scrupules...

Pour découvrir la Dordogne, je vous suggère les locations de canoë de Beynac, près de Sarlat. De très bons trajets pour tous les niveaux.

26 juillet 2017

Bonnes vacances


Ouais bon, allez, on va partir en vacances parce que hein, on est fatigués (et je vais essayer de faire du dessin d'avance pour la rentrée). On se retrouve à mi-août, parce que...


24 juillet 2017

La relève


Aujourd'hui je suis un peu pris (dégât des eaux surprise en arrivant au bureau), donc je me contente de vous proposer la toute première bande dessinée de ma nièce, 4 ans

Ça claque, hein ? J'ai pas tout bien compris l'histoire, je crois que ça parle d'un village tranquille jusqu'à ce que Moïse vienne le submerger, y a un poisson tête en bas, puis une reine avec des couettes et une fleur qui sauve la situation... ouais, je suis pas sûr.

N'empêche que j'ai l'impression qu'il y a une situation initiale, un événement perturbateur et une résolution, donc une certaine maîtrise des codes narratifs, quand même !

19 juillet 2017

Zymase revival : le dernier





Comme promis, la dernière BD que j'avais effectuée pour le magazine Zymase, sur le thème du « bon goût ». 
A noter qu'elle date d'une époque où j'étais peut-être légèrement frustré sentimentalement, mais tout cela est bien loin, hein, c'est de l'humour, tout ça, et d'ailleurs ce mec n'a jamais existé et n'est certainement pas enterré sous un pin du parc Montsouris.

17 juillet 2017

L'araignée, l'araignée...


J'ai vu Spider-Man Homecoming, qui signe le grand retour (même si on l'avait déjà vu dans Captain America Civil War) de l'Homme-Araignée dans le Marvel Cinematic Universe.
Ça me fait bien plaisir puisque Spider-Man est sans doute mon héros préféré (juste après Batman, hein, faut pas exagérer), et que le voir faire face à Tony Stark (Robert Downey Jr., définitivement le VRP de la licence) en père de substitution très maladroit est super cool. C'est une réinterprétation cohérente et logique des personnages, que je ne peux qu'applaudir.

Idem pour le Vautour : beaucoup de méchants de l'univers Spider-Man sont fondamentalement peu intéressants (la plupart du temps ce sont juste des bandits qui se retrouvent avec des superpouvoirs, sans grande profondeur psychologique), et les films les ont souvent modifiés pour les approfondir un peu. C'est le cas ici, avec une refonte complète du personnage d'Adrian Toomes, le Vautour, qui pour le coup bénéficie du jeu génial de Michael Keaton, sans problème une des grandes forces du film.

L'autre grande force, c'est Tom Holland, très bon Peter Parker qui a vraiment l'air d'avoir quinze ans, sans se forcer. Ses potes de lycée font tout aussi ado (et Flash Thompson, même s'il est toujours un imbécile, n'est plus le capitaine de foot américain décérébré ordinaire, et ça fait du bien), et tante May s'est reconvertie en bombasse italienne (le film ne cesse de nous la décrire comme "hot", au point que c'en est un peu gênant tant l'actrice choisie, Marisa Tomei, n'est pas particulièrement sublime – elle est très bien, hein, mais pas du tout dans les canons habituels de la "mégabombasse").

On appréciera en outre une intrigue à hauteur d'homme, loin des ampleurs cosmiques des Gardiens de la galaxie ou des Avengers (c'est bien le cosmique, mais de temps en temps s'occuper des voleurs et des trafiquants ça fait du bien).

Et donc, du coup, avec tous ces bons points, que vaut le film ? Eh bien il est... correct. Sans plus. Il se regarde bien, surtout en ces chauds après-midis de jours fériés, les acteurs ne déméritent pas, la réalisation est convenable, il y a au moins une scène grandiose (le face à face à dans la voiture, je ne spoile rien, mais là on a du grand Michael Keaton). Mais sinon, ben ça va pas bien loin, ça ne prend pas de risque, et au final ça ronronne un peu. Ce n'est pas très grave si, comme moi, vous considérez le MCU comme une grosse série dont certains épisodes sont fatalement meilleurs que d'autres. 
Mais bon, voilà quoi.

Spider-Man Homecoming, Jon Watts, 2017

14 juillet 2017

Fin du calcul


Bon alors, déjà, je vous présente Hercule le calcul, l'abominable petite saloperie qui me fait ch... depuis deux mois et demi et que, après une crise de colite néphrétique agonisante et deux lithotrities, j'ai fini par expulser sous la douche hier matin. Ça n'a peut-être l'air de rien, mais c'est quand même un gros machin à faire passer par les voies naturelles.
Je me sens BEAUCOUP mieux depuis, j'ai l'impression de recouvrer la vue, c'est rien de le dire.

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 Sinon j'avais pensé vous mettre un dessin compromettant sur Liyl parce que ça me faisait rire, mais bon, je me suis dit que c'était pas sympa et qu'il valait mieux garder ça au chaud dans son dossier. 
Donc à la place voici un dialogue quasi authentique de la partie de jeu de rôle que j'ai animée dimanche dernier. 


1939. Nos amis sont dans un avion parti de Calcutta, à destination de Delhi.

– Sam, tu entends du bruit dans une malle, derrière ton siège.
– Comment ça du bruit dans une malle ?
– Ah, ça s’est arrêté.
Attends… y a écrit quelque chose sur la malle ?
Oui, [nom du personnage de Stéph].
(les regards se tournent vers Stéph)
Non mais y a rien qui peut bouger dans ma malle !
Y a quoi dans ta malle ?
Mais rien !
Bon, j’ouvre la malle.
Je sors mon flingue.
Je sors mon couteau.
Ok. Dans la malle vous trouvez une jeune fille crade, en haillons, qui a l’air assez effrayé.
(les regards se tournent de nouveau vers Stéph)
MAIS J’Y SUIS POUR RIEN !!!
Elle est attachée ?
Hein ? Non, non, pas du tout, elle est juste recroquevillée.
MAIS JE TRANSPORTE PAS DES JEUNES FILLES ATTACHÉES DANS MES BAGAGES ! 

Ou comment introduire un nouveau PJ de manière subtile et roleplay.

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Last but definitely not least, le troisième (et dernier) tome de Providence vient de sortir.
Si vous voulez lire le plus fabuleux, hallucinant, monumental hommage à l’œuvre de Lovecraft, je vous encourage fortement à lire Neonomicon, puis Providence (car les deux ouvrages se répondent fortement). Je vous préviens, on n'en sort pas intact, mais c'est une expérience... cosmique.