Cet été a été particulièrement riche en films et gros blockbusters. Certains ont été d'énormes succès pas toujours très mérités (n'est-ce pas Jurassic World ?), d'autres d'énormes bides franchement pas davantage mérités (n'est-ce pas Pixar ?), mais je les ai tous vus (en gros), alors petit retour sur les derniers mois.
Jurassic World - Rebirth, Gareth Edwards, 2025
Le précédent Jurassic World était une honte totale et sans rédemption possible, les producteurs ont donc cette fois fait appel à un bon réalisateur, capable de mener à bien de grosses machines avec de gros machins dedans. Malheureusement, si Gareth Edwards fait de superbes images, ses histoires ne sont pas toujours à la hauteur (son Godzilla en est le meilleur exemple), et cette fois c'est pire. Muni d'un scénario de jeu vidéo assez navrant (il faut récolter l'ADN d'un dino de l'eau, d'un dino de la terre et d'un dino de l'air en évitant un dino mutant), le film ne réserve aucune surprise, et même Scarlett Johansson ne le sauve pas (d'autant qu'elle semble avoir bien compris que ce ne serait pas le rôle le plus marquant de sa carrière et s'est clairement mise en sous-régime). Au point que j'ai préféré les aventures parallèles de la petite famille perdue sur l'île, qui au moins me parlait un peu plus.
Ceci étant dit, ce n'est pas la honte totale et sans rédemption possible (oui je le répète parce que merde, sérieux !) du précédent, ça reste un blockbuster plutôt regardable. Mais bon, de la part de cette licence, je veux du grandiose, pas du potable.
Superman, James Gunn, 2025
J'avais totalement confiance en James Gunn pour porter correctement l'univers DC à l'écran. Cette foi, je la dois bien sûr à son The Suicide Squad, que j'adore viscéralement, mais aussi à son Super, qui montre à quel point il connaît le sujet des comic-books, ce qu'ils véhiculent, et ce qu'ils ne véhiculent pas. Ce premier film du nouvel univers partagé part à l'opposé total de celui de Zack Snyder : un film optimiste, positif, coloré, à l'image de son héros et de ce qu'il incarne. Peut-être bien ce dont on a besoin dans la période sombre qui s'ouvre à nous. Les acteurs sont bons, l'action est fun, l'humour bon enfant sans être débile, l'univers des comics est respecté et c'est un spectacle pour toute la famille, ce qui n'était vraiment pas le cas des films précédents (qui s'adressaient juste aux ados edgy « j'suis trop dark »).
The Fantastic 4 - First Steps, Matt Shakman, 2025
La tendance est décidément aux films de super héros colorés puisque le nouveau film du MCU nous transporte dans une réalité parallèle, une sorte de rétrofuturisme sixties (on pense beaucoup aux Jetson...), avec là aussi une transposition fidèle et décomplexée des comics originaux de Jack Kirby. Il y a l'Homme-Taupe, il y a Galactus, le vrai, il y a tout le délire nécessaire à une bonne adaptation des Quatre Fantastiques... S'il y avait ne serait-ce qu'un gramme d'humour fonctionnel, ce film serait un chef-d'œuvre, mais non. J'ai vaguement souri par moment, mais c'est vraiment trop sage, et on se demande où est passé le fun qui devrait être de rigueur dans ce genre de long-métrage. C'est vraiment dommage parce que ça s'est joué à rien.
Elio, Adrian Molina, Domee Shi
et Madeline Sharafian, 2025
Le dernier Pixar a fait un four monumental, et ça me rend triste parce que ce n'est pas la soupe tiède que tout le monde prétend. Comme toujours avec Pixar, Elio va attaquer un sujet important (ici la solitude, le deuil et l'amitié) par un angle inattendu. En l'occurrence le jeune Elio a perdu ses parents et se réfugie dans une obsession insensée où il rêve de se faire abducter par des extra-terrestres. Le jour où ça arrive vraiment, il va se découvrir une famille d'adoption, mais aussi se rendre compte que sa vraie famille compte. C'est un joli film avec un joli message, qui ne se perd pas en route, il méritait mieux que son triste destin.
Eddington, Ari Aster, 2025
Crise du Covid : dans le trou du cul du Nouveau-Mexique, le shérif Joe Cross décide de se présenter aux élections locales pour remplacer ce connard de maire progressiste qui l'empêche d'aller faire ses courses sans masque. On connaissait Ari Aster comme nouveau maître de l'horreur (Hérédité, Midsommar), on le découvre sociologue. Eddington choisit de décrire toute la folie de cette période de 2020 où la pandémie, expliquée et déformée par le prisme des chaînes de télé et des réseaux sociaux américains, a divisé la société comme jamais auparavant. Le résultat est stupéfiant, surprenant aussi bien souvent, avec des droitards rendus étonnamment sympathiques (mais en fait non), des gauchistes rendus étonnamment antipathiques (mais en fait oui) et une société globalement à l'agonie. Une vision édifiante de l'Amérique du XXIe siècle, déconseillée aux personnes sensibles (parce qu'après un départ tendu mais propre, ça vire au très sale).
L'Accident de piano, Quentin Dupieux, 2025
Six mois sans Quentin Dupieux, c'est comme une journée sans enfant qui trébuche : on survit, mais c'est moins marrant. Son nouveau film met donc en scène Adèle Exarchopoulos, comme tous les films français de ces dernières années (en même temps elle est incroyable et semble prête à jouer absolument n'importe quoi, alors pourquoi se priver ?) qui joue une youtubeuse à la Jackass, qui se fait mal en live pour le bonheur de ses fans et de son compte en banque. Une « artiste » imbuvable dont l'activité va bien sûr susciter de funestes conséquences. Comme d'habitude avec Dupieux, il vaut mieux ne pas trop en savoir en entrant dans la salle, mais vous ne serez pas déçus.
K-Pop Demon Hunters, Maggie Kang, 2025
Je l'ai gardé pour la fin, mais vous le savez, surtout si vous avez des pré-ados à la maison, le vrai succès monstrueux de l'été, c'est K-Pop Demon Hunters. Oui, le titre sonne comme une blague (un peu comme Lesbian Vampire Killers en son temps), mais non, ce n'est pas un gros nanar à cent balles, c'est une grosse production Netflix par les studios Sony Pictures Animation, à qui on doit les Spiderverse, et ça se voit. Animation au top, musique entêtante, chorégraphies de ouf (j'annonce : l'été prochain, toutes les fêtes scolaires de fin d'année proposeront au moins une choré sur Golden ou Soda Pop !) et thématique dans la même veine que La Reine des neiges (mais légèrement mieux maîtrisée).
Seul regret de mon côté : je m'attendais à quelque chose d'un poil plus poussé sur certains aspects (j'espérais notamment une révolution des démons qui se retourneraient contre leur maître), mais non, le film est plus basique que ça. Ça reste cool comme rarement, et de toute façon je vous conseille de l'aimer parce que, comme pour Let it Go, on n'a pas fini d'entendre ces p... de chansons !
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