Ex nihilo Neil

04 mai 2012

Cultivons-nous en nous amusant


Du 2 au 27 mai, l'Université populaire gesticulante propose sa session annuelle de conférences gesticulées. J'en avais déjà parlé il y a quelque temps (et je développe d'ailleurs le sujet cette semaine dans un article sur Rhinocéros), les conférences gesticulées sont des sortes de spectacles à mi-chemin entre stand-up et cours magistral. C'est souvent drôle, parfois triste, toujours édifiant sur des sujets d'actualité, politique et autres.
C'est au théâtre du Grand Parquet, dans le XVIIIe arrondissement (près de la place de la Chapelle).
J'essaierai d'assister au maximum d'entre elles (j'en reparlerai sur Facebook et Le Grand Bazart), en attendant voici toujours le programme.


Du 2 au 27 mai - Nouvelle session de l'Université populaire gesticulante
Les Conférenciers gesticulants en escale à Paris, la SCOP Le Pavé, deux conférences spectacles et un conseil des Ministres

Mercredi 2 mai – 20 h
Conseil des ministres de l'altergouvernement
en partenariat avec les éditions Le Muscadier

Jeudi 3 mai
20 h : Pôle Emploi à la dérive "Sommes-nous encore là pour vous aider ?"
Par Jean-Pierre Battini, Marie-Pierre Bouly, Clément Dieulot, Sylvie Locher, Jacques Rousselin, Aline Schapira

Vendredi 4 mai
19h "Schizophrénie d'un parcours militant : comment l'éducation au développement durable changera le monde (ou pas)" par Alec SOMOZA
21h "Un monde de brutes, l’Artisanat" par GRANDYANN

Samedi 5 mai
19 h "(Con)science et progrès : la recherche scientifique au service de l'humanité (la plus aisée)" par Benjamin CAILLARD
21h 30 : "L’entreprise médicale nuit gravement à la santé" par Jérémy MUCCIO

Jeudi 10 mai
20 h "L'eau ça chie ! Une autre histoire de l'eau" par Anthony BRAULT et Samuel LANDE (SCOP LE PAVE)

Vendredi 11 mai
19h "Médias : une histoire de tuyaux" par Pierre LABRIET
21h30 "La critique des médias est un sport de combat (ou comment se battre contre des moulins à vent)" par Filipe MARQUES de L’Engrenage-Un Pavé à Tours

Samedi 12 mai
19 h "De l’idéologie médicale aux normes sociales, ou comment la santé m’a rendu malade !" par Benjamin COHADON

Dimanche 13 mai
15 h "La valse du temps perdu : un spectacle à vendre" par Gérard BARATON
17 h "La transition" par Désiré PRUNIER

Jeudi 17 mai
20 h "Bourdieu ni maître, Inculture(s) 3" par Joackim Rebecca (SCOP le Pavé)

Vendredi 18 mai
19 h "Détournement de fond" par Juliette RYSER
21 h "Tu (t’)enfanteras dans la douleur (?)" par Noémie MOUTEL

Samedi 19 mai
19 h "Paysans, agriculteurs ou exploités agricoles" par Lionel BARBOT
21 h 30 "Rurals ou la Convergence des rustres" par Hervé CHAPLAIS

Jeudi 24 mai
20 h "Le plein d'énergie, Inculture(s) 4" par Anthony BRAULT (SCOP le Pavé)

Vendredi 25 mai
19 h "En sortant de l’école" par Pauline CHRISTOPHE
21 h "Un dernier tango pour les services publics" par Thierry ROUQUET

Samedi 26 mai 
19 h "L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu !, Inculture(s) 1" par Franck LEPAGE (SCOP Le Pavé)

Dimanche 27 mai 
15 h "Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres… ou comment j’ai raté mon ascension sociale. Une autre histoire de l’éducation, Inculture(s) 2" par Franck LEPAGE (SCOP Le Pavé) Malheureusement ces deux conférences sont annulées, mais vous pouvez les découvrir en ligne.

30 avril 2012

Tribute to... Jasper Fforde


Shades of Grey (audacieusement traduit La Tyrannie de l'arc-en-ciel en français, Niveaux de gris c'était sûrement trop compliqué) est sans doute l'univers post-apocalyptique le plus barré que j'ai jamais lu. Dans un monde où les citoyens sont hiérarchisés en fonction des couleurs qu'ils parviennent à discerner, les Gris sont considérés comme des esclaves quand les Pourpres dominent tout en haut du spectre.

Edward Rousseau est un jeune Rouge transféré avec son père dans un village proche de la frontière pour un travail sans intérêt général suite à une mauvaise blague. Il va se retrouver embarqué dans une histoire hautement improbable remettant en cause tout ce en quoi il croyait jusque-là.

Shades of Grey est le premier tome d'une future trilogie de Jasper Fforde, le Gallois complètement cinglé déjà responsable des aventures de Thursday Next (j'en parlais ici).
Une des grandes forces de Fforde consiste à créer des univers aux fondements totalement absurdes, qui pourtant finissent par tenir debout (et là-dessus il enfonce allègrement Terry Pratchett, pourtant aliéné notoire). Dans la Chromocratie, on chasse la foudre en boule au harpon, on se méfie des attaques de cygnes géants et d'arbres carnivores, sortir la nuit équivaut à un suicide et on suit aveuglément les Règles de Munsell, y compris les plus absurdes (il est notamment interdit de fabriquer des cuillères !).

Et pourtant ce livre de près de 600 pages (qui ne raconte jamais que quatre jours – bien remplis il est vrai – de la vie d'Eddie Rousseau) tient parfaitement la route, pour peu que vous aimiez vous sentir déstabilisés (à l'instar de livres comme Le Trône de fer ou Hypérion, vous arrivez in media res : aucune explication, vous suivez Eddie qui connaît déjà l'univers dans lequel il évolue et vous vous raccrochez aux branches et aux quelques mots qui vous évoquent quelque chose). Mais franchement, ça vaut le coup de réviser votre théorie CMJN.

27 avril 2012

Le Grand Bazart

A partir de cette semaine et tous les jeudis, vous pourrez retrouver ma nouvelle chronique sur LE GRAND BazART.com. J'y parlerai de choses et d'autres, selon l'inspiration et mes activités du moment, toujours en 9 cases, toujours sur 1 semaine. Du coup ça s'appelle 1 semaine en 9 cases.

25 avril 2012

Rhinogradisme

Connaissez-vous les Rhinogrades ?
Il s'agit d'un ordre de la classe des Mammifères, présentant l'amusante originalité de posséder un organe nasal surdéveloppé pouvant notamment leur servir de support ambulatoire.

Les Rhinogrades, c'est aussi et surtout un des plus célèbres canulars de la patabiologie. Édité dans les années soixante, le texte fondateur imitait si bien les publications zoologistes que beaucoup y ont cru. L'objectif de ce hoax reste méconnu (l'identité de son auteur est par ailleurs sujette à cautions), mais bien des épistémologues s'y réfèrent encore comme un modèle de pseudoscience utilisant le langage scientifique sans aucun fondement autre qu'une imagination débordante.

Depuis le 1er avril (hum), le Muséum national d'histoires naturelles propose une micro-exposition sur les rhinogrades dans sa galerie des espèces disparues. Ce ne sont que deux vitrines dans un coin, mais c'est plutôt bien fait. On y apprend notamment la vérité sur la disparition de l'expédition de La Pérouse et la possible parenté entre l'ordre des Rhinogrades et celui des Marsupilamiens (ce qui est totalement ridicule, les marsupilamis étant des monotrèmes, forcément très éloignés des placentaires que sont les rhinogrades !).

Découverte récente : le Nasoperforator, un rhinograde inconnu.
J'adore cette histoire. J'adorerais écrire une histoire d'exploration scientifique à la recherche des rhinogrades sur l'archipel des Aïeaïeaïes, une bonne vieille aventure à l'ancienne avec baroudeurs, scientifiques, tribus de sauvages... mais comme j'ai pas le temps, je vous ai juste fait une compil de mes idées sous la forme du journal de bord de la reporter de l'expédition. Si j'ai l'occasion, je pousserai un peu le concept.

23 avril 2012

Happy World Land


Et donc ce week-end j'étais à Disneyland, le pays magique où la vie est plus chère, et nous fûmes la proie des problèmes techniques puisque après quarante minutes de queue, on nous fit évacuer le manoir hanté, activité fort ludique qui fut suivie de quarante-cinq minutes de queue à Big Thunder Mountain (manège plus connu sous le nom de "train de la mine", et meilleure attraction du parc classique sans contredit possible) ayant fini de la même façon. 
Si on ajoute les multiples pannes du Buzz Lightyear Laser Blast, j'ai un peu mal à mes soixante euros.
En plus on y était presque !

20 avril 2012

Tribute to... A Goofy Movie

L'autre jour on parlait de nos Disney préférés, et dans ce domaine je dois dire que je sors des sentiers battus puisque je cite rarement Le Livre de la jungle, Les 101 Dalmatiens ou Robin des Bois (bon, Aladdin met généralement tout le monde d'accord*). J'ai plutôt tendance à me rabattre vers Les Aventures de Bernard et Bianca, que j'adore, et vers les délires plus récents du studio, produits dans les années quatre-vingt-dix juste avant l'invasion de la 3D : Kuzco l'empereur mégalo (quel titre débile !) et, donc, Dingo et Max (A Goofy Movie en VO).

Dingo et Max est sorti durant l'été 1995, j'avais donc quinze ans quand je fis partie des cinq personnes qui s'étaient déplacées au Plaza de Marmande (47) pour visionner ce film qu'un gérant audacieux avait programmé pour la semaine. J'étais en pleine phase Disney, mais aussi en début de crise d'adolescence, et si ce film parle d'une chose c'est bien des difficiles relations entre un fils et son père, même et surtout quand ce dernier déploie des efforts considérables. En reprenant la trame ultraclassique du père célibataire surprotecteur qui veut resserrer les liens avec sa progéniture en l'emmenant pêcher, le réalisateur Kevin Lima** réussissait une petite merveille de drôlerie et de sensibilité, en confiant au personnage de Dingo un rôle délicat et inattendu***. 

On voit souvent au cinéma des acteurs comiques exceller dans les rôles plus sérieux, c'est un peu ce que l'on ressent dans ce film. Surtout, on s'attache très vite au duo Dingo/Max, on projette facilement leurs difficultés de compréhension à sa propre expérience, et quelques scènes sentent quasiment le vécu, ce qui est quand même le comble pour un dessin animé !

Bref, pour ça et pour d'autres raisons plus personnelles, Dingo et Max est un de mes Disney préférés, un de ceux que j'ai vus et revus et, surtout, que je peux revoir aujourd'hui en l'appréciant comme au premier jour. Il n'est pas sûr que ça marcherait aussi bien avec tous.

* Au passage, la ressortie du Roi Lion en 3D est probablement pour quelque chose dans mon regain d'intérêt pour les œuvres de tonton Walt... mais non, Le Roi Lion n'est certainement pas dans mon top 5. En dehors de la chanson d'ouverture (et encore, l'intro), le film ne vaut pas tripette.

** Lima continua de travailler pour Disney avec des résultats plus ou moins heureux (Tarzan, Les 102 Dalmatiens et le plutôt sympathique Il était une fois..., sorti en 2007). 

*** Le film était officiellement une version longue de la série animée La Bande à Dingo (Goof Troop). Il est en tous points supérieur même aux meilleurs épisodes de cette sitcom très moyenne. On notera un bel effort de design des personnages, qui retrouvent leur beau côté monochrome des grandes années cartoons. Et les voix magnifiques de Gérard Rinaldi (ex-Charlot mais vrai bon doubleur) en Dingo et Alain Dorval (la voix de Stallone) en Pat Hibulaire plus salopard que jamais.