Ex nihilo Neil
07 avril 2020
Soutenir un beau projet
Il y a quelques semaines, je vous parlais du festival WeToo, un beau projet « féministe et familial » qui lançait son financement participatif et devait avoir lieu du 5 au 9 mai. Las, vous vous en doutez, ça tombe à l'eau.
Mais peut-être pas ! (ta-ta-taaaa !)
L'équipe a décidé de reporter l'événement en septembre, période durant laquelle le quartier de Montmartre n'est pas moins beau, et pendant laquelle la pensée féministe ne sera pas moins nécessaire (sauf métamorphose sociale majeure peu probable), et maintient donc le Ulule du projet.
Je ne peux donc que vous encourager à aller jeter un œil à la page d'accueil, qui vous dira tout ce qu'il est besoin de savoir, et si jamais, pourquoi pas verser une petite obole.
06 avril 2020
Suivre Kalon, Morgoth et Vertu
Quand on me demande quel est mon auteur de fantasy préféré (ce qui, reconnaissons-le, n'arrive jamais), je réponds systématiquement Terry Pratchett. Alors que ce que j'aime chez Pratchett, ce n'est pas tant l'aspect fantasy que l'humour et le côté sociologique.
Mais quand on me demande quel est mon auteur de fantasy français préféré (ce qui arrive encore moins souvent), malgré mon amour pour Alain Damasio et Jean-Philippe Jaworski, je réponds encore aujourd'hui ASP Explorer.
ASP n'a jamais rien publié, tous ses récits se trouvent en ligne, soit sur son vieux site qui pique les yeux, soit en versions pdf rassemblées par des fans dans mon genre. Alors comme ça n'a jamais vu d'éditeurs, il y a des fautes, mais rien de dramatique qui pourrisse la lecture.
Et surtout c'est super bien. Bien écrit, avec des personnages hauts en couleur, des retournements de situation vraiment imprévus, des scénarios aux petits oignons, beaucoup de références et d'humour très moderne (qui rendent à jamais impossible une parution officielle) et une vraie sensation d'aventure épique.
L'œuvre est décomposée en plusieurs cycles, à lire de préférence dans l'ordre (tous se déroulent dans le même univers et sont relativement indépendants, mais la qualité de plume va croissante, donc autant éviter de se gâcher l'expérience des premiers en mettant la barre très, très haut dès le début) :
- le cycle de Kalon le Barbare, qui commence gentiment comme une parodie de Conan (sans blague ?) mais monte vite en puissance ;
- le cycle de Morgoth l'Empaleur, équivalent du Seigneur des anneaux, où une compagnie d'aventuriers part pour une très longue quête aux conséquences inattendues ;
- le cycle de la Catin de Baentcher, préquel de Morgoth qui se concentre sur la jeunesse de sa mentor Vertu, et qui atteint des sommets d'epicness ;
- le cycle des Cretinous Star Sauvageons, qui se déroule une ou deux générations plus tard et parodie Star Trek avec les codes de la fantasy ;
- quelques apartés comme le cycle de Bralic eul'Destructeur (qui nous narre, le temps de deux épisodes, la geste d'un idiot du village extrêmement chanceux), les Gôshisantes Aventures des Ordinaries (parodie de super héros) et autres bêtises.
C'est sans doute l'auteur que j'ai le plus relu de ma vie.
05 avril 2020
Kiffer la pâte à choux
Voici une recette bien moins compliquée qu'on aurait pu le craindre, qu'on aime beaucoup par chez moi et, qui plus est, flexible : on peut la faire « sucrée » et obtenir des chouquettes ou bien « salée » et obtenir des gougères !
Il vous faudra :
- 1/4 L d'eau
- 150 g de farine
- 100 g de beurre
- 4 gros œufs
- 1 accessoire sucré (perles de sucre) ou salé (comté, cantal ou parmesan)
* Je ne sais pas si cette touche est cruciale ou non, mais c'est l'ustensile dédié dans ma famille !
** Là, c'est important pour le gonflant des choux ! Si la pâte colle, c'est qu'il reste trop d'eau, donc continuez à mélanger : comme l'eau est très chaude, elle s'évaporera gentiment jusqu'à ce que la pâte arrête de coller. Normalement, ça va assez vite.
Maintenant, il est temps de choisir !
Si vous voulez faire des chouquettes, il ne vous reste plus qu'à faire des petites boules de pâte et à les déposer sur une plaque. Saupoudrez de perles de sucre pour finir vos chouquettes. Enfournez à 180 °C pendant une quinzaine de minutes (selon la taille des boules de pâte).
Si vous voulez faire des gougères, vous pouvez d'abord ajouter à la pâte du sel, du poivre, de la noix de muscade et 100-120 g de fromage râpé (voir exemples de fromage ci-dessus). Ensuite il ne vous reste plus qu'à faire des petites boules de pâte et à les déposer sur une plaque. Parsemez encore 80-100 g de fromage râpé (ou un peu moins si vous n'êtes pas vraiment gourmands) par-dessus. Enfournez à 180 °C pendant une quinzaine de minutes (selon la taille des boules de pâte). Une alternative est de former une unique couronne avec la pâte, auquel cas rallongez la durée de la cuisson à une trentaine de minutes.
Miam :)
04 avril 2020
Apprendre la trompette
Enfin, pas vraiment... je veux dire : ce serait le moment idéal pour vous remettre à un instrument que vous aviez commencé mais jamais retouché depuis. Moi, ça fait des années que j'ai envie de me mettre à la trompette, pour laquelle j'ai toujours éprouvé une affection particulière.
Peut-être parce que j'ai appris la flûte traversière, qui est un bel instrument, mais qui ne sert pour ainsi dire que dans un contexte symphonique. A la limite pour accompagner une reprise d'Il est cinq heures, Paris s'éveille. Mais c'est tout.
Alors que la trompette trouve sa place dans la musique classique, mais aussi dans le jazz, la fanfare et dans plein d'autres styles. Elle a un son clair, rond, lumineux, sans le côté soufflé de la flûte.
J'ai deux coups de cœur en termes de trompette. L'un, c'est le concerto pour trompette de Joseph Haydn (j'aime beaucoup Haydn, un jour j'expliquerai pourquoi). Ici par Alison Balsom, trompettiste qui déchire.
L'autre, c'est la musique entêtante de Mulatu Astatke, inventeur du jazz éthiopien, que vous avez peut-être entendue dans la BO de Broken Flowers, de Jim Jarmusch.
Je ne sais pas si ça vous occupera aujourd'hui, mais j'avais juste envie de partager ça. Disons que le message c'est : ne passez pas le confinement dans le silence, mettez de la musique, ça aide (et pour ceux qui ont des gosses, parfois on est surpris de voir à quel point ils aiment aussi).
03 avril 2020
Réviser l'histoire-géo
Oui, je sens la semaine thématique spéciale « révisions ». J'ai bien compris que les parents souffrent actuellement un martyre difficilement imaginable (sauf par les professeurs, qui doivent jubiler durant les quarante-cinq minutes libres quotidiennes que leur laisse leur apostolat) à devoir faire la leçon à leur progéniture.
J'ai donné un petit moyen de réviser la géométrie mardi (plus pour les parents que les enfants, je pense), voici de quoi bosser votre histoire (et votre géographie, qui n'est jamais que l'histoire du présent).
Je ne sais pas vous, mais moi je n'accrochais pas du tout à l'histoire-géo durant ma scolarité. On me répondra, comme souvent : « Mais c'est parce que tu as eu des mauvais profs, moi une fois j'ai eu un mec génial, il rendait son cours trop vivant, j'ai appris plein de trucs ! », mais je ne pense pas que ce soit ça. Déjà parce qu'il m'est aussi arrivé d'avoir des profs cool. Mais surtout parce que je pense que les programmes sont mal fichus. Pendant sept ans, j'ai vraiment eu la sensation de devoir apprendre par cœur des suites de dates sans aucun sens ni lien entre elles. Et autant j'aime bien manipuler des chiffres pour faire des maths, autant additionner des dates, ça ne mène pas bien loin.
J'ai redécouvert l'histoire et son intérêt avec les vulgarisateurs de YouTube, qui mettent un sens derrière les anecdotes, et qui bien souvent abordent le sujet sous un angle plus sciences humaines, sociologique. Alors en voici quelques-uns que j'aime bien.
Nota Bene
Sans doute le plus connu : Bénabarbe (mais tout le monde l'appelle Nota Bene maintenant) vous propose des émissions de 15-20 minutes sur un sujet précis, bien défini, et vous berce de sa jolie voix chaude de gros nounours lanceur de haches. Sans être bouleversant d'originalité, son format est bien fichu, abondamment illustré, ça a l'air assez documenté et ça aborde un peu tous les sujets. Une valeur sûre.
Confessions d'histoire
Là, on est dans une logique plus télévisuelle : le principe de Confessions d'histoire est de mettre en scène les grandes figures historiques comme dans un confessionnal de téléréalité. Ça pourrait tomber dans le gag un peu bas du front avec des clichés qu'on n'oserait même plus dans Astérix (au fait, Uderzo est mort, c'est triste), mais au contraire les auteurs sont partis pour vraiment coller à la réalité historique, tout en modernisant à fond les textes (on sent l'influence d'un certain Kaamelott notamment). C'est brillant, malheureusement il n'y a que peu d'épisodes.
C'est une autre histoire
Manon Bril (oui, y a un jeu de mot) ne parle pas forcément que d'histoire, mais aussi d'iconographie, d'archéologie et d'art, ce qui ne fait qu'enrichir sa chaîne. Elle évoque la mythologie, examine des représentations artistiques, plonge dans l'histoire d'une ville et même, depuis peu, sort des petites vidéos animées, avec une animation toute choupette (sur des sujets souvent beaucoup moins choupinous, genre les enfants sauvages ou les démons japonais). C'est très chouette et on apprend plein de trucs.
Histony
J'aime bien Histony, même si j'ai souvent l'impression que c'est lui qu'Alby parodie avec son Quelle histoire ! Le dispositif est spartiate : l'internaute parle face caméra, pas d'illustrations ou si peu. Comme en outre, il n'a pas la présence charismatique d'un Bénabarbe ou des acteurs professionnels de Confessions d'histoire, on peut fatiguer face à ses tunnels interminables sur la Révolution française ou la bataille de Poitiers. Mais ce n'est pas comme ça qu'il faut l'aborder. Histony, c'est comme de la radio, ça s'écoute en faisant autre chose. Moi par exemple j'écoute en colorisant, ce qui ne nécessite aucune concentration particulière mais est long et fastidieux. Mais ça marche aussi en faisant la peinture ou en écossant les haricots.
Henri Guillemin
Un jour Usul a dit (je sais plus où, j'ai la flemme de retrouver) « Mon Youtubeur préféré, c'est Henri Guillemin, mais il est mort y a vingt-cinq ans ! » Henri Guillemin était un historien (entre autres) suisse, chrétien de gauche, qui a enregistré un paquet de conférences tout à fait fascinantes, notamment sur Voltaire et sur la Révolution française, avec un point de vue plutôt iconoclaste par rapport à ce qu'on apprend à l'école. Le gars n'était pas un charlot, et son point de vue est remarquablement intéressant.
02 avril 2020
Applaudir aux fenêtres... ou pas...
Vous savez, il y a une polémique en ce moment... enfin, non, il y a quatorze milliards de polémiques en ce moment (conséquence prévisible d'avoir mis la population mondiale face aux réseaux sociaux), mais l'une d'elle oppose ceux qui applaudissent le personnel soignant aux fenêtres le soir, et ceux qui estiment que c'est n'importe quoi, qu'on aurait mieux fait de les applaudir avant, que tout ça c'est de hypocrisie et... bon, vous avez compris.
Ça me rappelle vachement Charlie. Vous vous souvenez des attentats de Charlie Hebdo ? Y a des chances. A l'époque, il y avait eu des marches dans Paris, un truc impressionnant. Et à l'époque, je m'étais demandé s'il fallait y aller ou non. Parce que j'avais envie d'y aller, j'avais envie de communier ma peine, mon inquiétude, ma détresse avec des milliers d'autres gens. Moi qui ne cours pourtant pas après la foule, j'avais envie, besoin même d'y aller.
Et en même temps je savais que l'événement allait être récupéré par des politiques de tous poils, notamment penchant vers la droite de la droite (sans parler des dictateurs qui se sont carrément invités), et ça me faisait sacrément caguer d'aller apporter du poids à leurs propos en grossissant le défilé qu'ils allaient s'approprier.
Au final, j'avais conclu que je ne concevais simplement pas de ne pas y aller. Mais je ne peux pas dire que je n'entendais pas les arguments des autres : je les avais longuement pesés et soupesés.
Pour cette histoire d'applaudissements, je ne vais évidemment pas vous dire quoi faire. Ou plutôt si : faites comme vous en avez envie. Il n'y a pas de honte à vouloir remercier le personnel soignant, les éboueurs, les balayeurs, les routiers, les vendeurs de supérette, etc. Et il n'y a pas de honte à avoir conscience que oui, on ne serait pas dans ce merdier si tous ces métiers avaient été mieux considérés avant.
Faites ce que vous avez envie de faire, et laissez les autres faire ce qu'ils ont envie de faire. Mais ne les jugez pas là-dessus. On n'est pas dans leur tête. Applaudir ou pas, ça ne change à l'arrivée pas grand-chose, alors gardez l'esprit ouvert.
01 avril 2020
Faire repousser ses cheveux
Après bien des années à me raser le dessus de la tête, j'ai décidé de profiter de
Bon, pour l'instant ça marche moyen, mais j'ai une jolie barbe de sapeur toute poivre et sel (de plus en plus salée quand même), en visioconférence c'est très rigolo de se voir comme ça. Par contre elle frotte contre mon pull, du coup je suis chargé en statique au point que j'éteins l'écran de l'ordi rien qu'en passant à côté.
Oui, bien sûr, c'est un poisson d'avril, évidemment que je ne me laisse pas repousser les cheveux du dessus, je sais que mon public m'aime pour mes choix radicaux en termes capillaires (le coup de la statique, en revanche, c'est vrai !).
Pour rester sur le sujet, le premier titre de l'album de Gilles Stella est sorti. Vous pensez si j'aime !
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