Ex nihilo Neil

06 juillet 2020

On boucle !



Donc, là, on est crevés, le confinement a été long, le déconfinement pas fondamentalement plus reposant, je viens d'enchaîner un paquet de bouclages plus pas mal de soucis associatifs, et Bij croule sous le taf depuis février (en même temps, quelle idée de changer de boulot juste avant un confinement mondial).

Bref, on est au bout du rouleau, donc on va se reposer un bon moment. Je mets le blog en pause jusqu'à la mi-août, ou plutôt je mets mes posts en pause, parce qu'Ex nihilo Neil reste à l'ordre du jour.
En effet, comme l'épisode 8 est très long et que j'ai pas mal avancé dessus, vous aurez droit à une planche tous les vendredis, y compris pendant les vacances. Elles sont d'ores et déjà programmées, et j'espère que ça vous plaira.

Bon été à tous, on se retrouve à la rentrée, profitez bien.

01 juillet 2020

Je crois que je fatigue


Sous l'océan...
Sous l'océan...
Personne vous embête
Y a pas de requête
Ni de deadline !

Les longs bouclages vont se faire brosser
Sous l'océan pas de BAT !
Sous l'inverse du ciel
On reçoit pas de mail
Sous l'océan !

Sous l'océan...
Sous l'océan...
Y a juste Cthulhu
Qui dort qui l'eût cru
Et parfois se réveille
Pour manger ma cervelle
Comme mes clients
Qui me prennent tout mon temps
A moi qui ne suis pas
Sous l'océaaaaaaan...

Ftaghn !

29 juin 2020

La Chose dans les tuyaux



Ce week-end, parmi une foule d'autres activités, j'ai lancé la démo gratuite de Carrion, un jeu qui... ah, comment le décrire ?
Vous voyez ces films qui prennent place dans une base isolée, avec des gens qui doivent affronter une bestiole qui se balade dans les tuyaux de ventilation, et qui les décime les uns après les autres ? Genre Alien, The Thing, ce genre de truc ?
Ben Carrion, c'est ça.
Sauf que vous jouez la bestiole.

Aïeu, ça brûleu !


Ce n'est qu'une démo, donc on en fait le tour assez vite, mais c'est plutôt cool. Votre masse de chair tentaculaire est assez plaisante à prendre en main (et ce n'est pas une phrase qu'on a souvent l'occasion d'écrire), il y a des pouvoirs à acquérir (ça sent bon le metroidvania) et le pixel-art est plutôt classe.
Pour l'instant on peut craindre une certaine répétitivité, et l'absence de map se fait déjà sentir, mais ce sont des points qui devront être jugés sur le produit fini. D'ici sa sortie, n'hésitez pas à aller jeter un œil, c'est gratuit, c'est vite fait, c'est cool.

22 juin 2020

Le Mandalorieux



J'ai enfin fini de regarder The Mandalorian. Et j'ai envie de dire : « Meh... »

Bon, on va développer : pour être honnête, je pense que le bon adjectif pour décrire cette série c'est « compétente ». Tout transpire la compétence. Le scénario a été écrit par des professionnels, les designs, les musiques, les effets sont clairement le fait de très bons faiseurs qui ont eu à cœur de recréer la patte Star Wars, les acteurs sont impliqués juste ce qu'il faut, tout le monde a eu le temps et les moyens nécessaires à disposition pour travailler correctement. Il n'y a rien à redire à proprement parler. Mais il n'y a pas non plus de quoi empêcher un gaucho de faire sa sieste (10 000 dollars à celui qui trouve l'origine de cette expression !).

Hormis le dernier épisode, qui a clairement ses fulgurances (en même temps, il est réalisé par Taika Waititi – d'ailleurs la première scène, avec les scout troopers, est sans doute la meilleure de toute la série), ça manque cruellement de coups de génie, de ces moments où on se dit « Woah, ça je vais m'en souvenir ! Ça c'est appelé à devenir culte ! »
Mais je vois pas vraiment comment il aurait pu en être autrement.

Non parce que c'est une série qui raconte les aventures d'un chasseur de prime dans l'espace, avec une ambiance un peu far west. Et personnellement, j'ai déjà vu Cowboy Bebop et Firefly, alors tu peux courir Mando, mais tu ne te hisseras jamais à la cheville de n'importe laquelle de ces références.


Ah, et si quelqu'un peut m'expliquer en quoi ce machin est mignon au point d'envahir Internet, je suis preneur...

17 juin 2020

La légende de Black Jack Savage


Je l'évoquai il y a deux semaines, revenons dans le monde merveilleux de Walt Disney (littéralement, puisque ce feuilleton faisait partie de la collection « Le Monde Merveilleux de Walt Disney », parce que l'humilité, c'est pour les faibles) et rappelons-nous d'une série aujourd'hui oubliée : Les 100 Vies de Black Jack Savage.


Allez, pour le fun, le générique. Avec du saxo,
parce que dans les 90s, il fallait toujours un saxo dans les génériques !

L100VdBJS (on va peut-être éviter les abréviations) est donc une série Disney datant de 1991, dont se souviennent peut-être les acharnés de l'émission Disney Parade, qui enchantait les dimanches après-midi pluvieux.

Elle raconte l’histoire de Barry Tarberry, un homme d’affaires/arnaqueur qui se réfugie sur l’île de San Pietro, petite république bananière des Caraïbes, afin d’échapper à la justice de son pays. Il y possède une résidence secondaire, le château de Blackbird, et compte prendre du bon temps en attendant que les affaires se tassent, profitant de ses bonnes relations avec le gouverneur de l’île, Abel Vasquez.

Seulement voilà, le château est hanté par le fantôme du terrible pirate Black Jack Savage, mort pendu au XVIIe siècle et condamné à hanter son ancienne demeure en raison de ses mauvaises actions. Jack a la ferme intention d’échapper à son sort, et il compte sur Tarberry pour l’aider. En effet, le karma de ce dernier n’est pas non plus au beau fixe, et c’est l’enfer qui l’attend s’il ne rectifie pas radicalement le tir. Jack a donc passé un marché avec les instances supérieures : si Barry l’aide à sauver cent vies, tous deux auront gagné leur paradis. Et c'est le début de folles aventures aussi échevelées que caribéennes, qui vont nous entraîner durant des centaines d’épiso… durant sept épisodes. Parce que ça a fait un gros flop, faut pas se le cacher, et ça coûtait sûrement cher de tourner au soleil des Caraïbes.

En Black Jack, les plus vieux fans de Johnny Depp reconnaîtront Steven Williams,
rien moins que le capitaine Fuller de 21 Jump Street !
Alors pourquoi j'en parle ? Déjà parce que j'ai une vraie affection pour cette série. Évidemment, c'est ringard as fuck, plombé par un jeu d'acteur cabotin, des gimmicks assez ridicules (notamment le Blackbird, un trimaran customisé disons très... inspiré du Batboat) et une musique dramatiquement datée. Mais la base était solide. Non, sérieusement, relisez le résumé ci-dessus et venez me dire que c'est plus con que L'Agence tous risques (et ses 98 épisodes tous identiques !).

Et je n'ai pas parlé des personnages secondaires (Abel Vasquez, joué par Bert Rosario, que vous avez vu faire le chicano de service dans des centaines de trucs, et qui joue le cliché du chef d’État sud-américain avec un bel entrain, Logan Murphy alias « Proton Fluide » – FX en VO –, l'ingénieur à tout faire, et Danielle, la love interest, une flic journaliste écologiste activiste politique qui essaie de protéger la population contre les effets de la corruption de Vasquez), ni du fait que si Jack quitte le château, il se retrouve pourchassé par des snarks, bizarres bestioles chargées de le ramener directement en enfer, ni du fait que chaque épisode se concluait par un panneau indiquant « plus que x vies à sauver », donnant un vrai sentiment de progression...

Bref, y avait de quoi faire un truc bien. Donc, Disney, plutôt que de remaker des films déjà réussis à la base et qui ne demandent rien à personne, remakez ça !

15 juin 2020

La magie des légumes ancestraux




Comme tous les bobos parisiens, on achète de temps en temps des paniers de légumes bio-commerce-équitable-circuit-court-et-tout-ce-que-vous-voulez. C'est l'occasion de manger un peu plus sainement (sinon je pense que je me nourrirais exclusivement de poisson cru sur du riz et de charcuterie sur pâte à pizza), mais aussi de découvrir des légumes plus ou moins oubliés.

On avait déjà eu droit au chou-rave (dont le goût devait beaucoup à l'accompagnement), cette fois nous avons pu découvrir...


C'est une espèce de laitue chinoise, dont on peut cuisiner la « branche » (les feuilles pouvant de leur côté être consommées en salade, classiquement).


Bilan : ça a le goût de ce qu'on prépare avec.

10 juin 2020

Espoirs sanglants


Alors, ce n'est qu'une rumeur, qui forcément a enflé à très grand vitesse vu son importance, mais il est possible que Bloodborne soit adapté prochainement sur PC.

C'est très facile d'imaginer comment cette rumeur a pu naître : Horizon Zero Dawn, jusque-là exclusivité Playstation, est annoncé pour cet été sur nos machines de bourgeois (au passage, il a tout naturellement trouvé sa place dans ma wishlist). De là à imaginer que le concept « d'exclu Sony » ne veuille plus rien dire, il n'y a qu'un pas. Et dès lors, forcément, on se prend à espérer que le meilleur jeu de la console, celui qui me fait encore hésiter à acheter une PS4, arrive sur nos ordis !

Du coup j'essaie de ne pas me hyper, de garder la tête froide, parce qu'il est clair que cette rumeur non officielle n'est sans doute rien de plus. Mais bon sang (pun intended), j'annonce : si Bloodborne débarque sur PC, c'est achat day one et deux semaines de congés posées direct.

J'attends. Je ne suis pas pressé. J'attends.

08 juin 2020

Le paradoxe Lovecraft


Ce week-end, je me suis offert un petit plaisir en faisant imprimer en livret mon résumé de nos vacances américaines de l'an dernier. Après des mois de confinement, c'est marrant comme ces quinze jours sur la côte de Nouvelle-Angleterre semblent avoir été rêvés, et j'avais bien besoin de ces textes et photos pour me rappeler que oui, j'y suis vraiment allé, et c'était génial.

J'ai trouvé un titre original.
La photo, c'est Marblehead, un très joli village de la côte.

En le feuilletant, je me faisais une réflexion : l'influence de l'œuvre de Lovecraft sur la pop culture moderne est complètement folle quand on y pense. 
A l'heure où tout le monde ne jure plus que par les « classiques » des années 1980, il faut bien comprendre que sans Lovecraft, pas de Stephen King, pas de John Carpenter, pas de H. R. Giger, pas de From Software, pas de Neil Gaiman, pas de Guillermo del Toro, pas de Peter Jackson... en tout cas pas tels qu'on les connaît. 
En musique, on ne compte plus les groupes de hard metal prog rock (j'y connais rien) qui se sont inspirés de son œuvre. Les références s'accumulent dans les jeux vidéo, de trucs confidentiels genre The Last Door aux univers gigantesques à la World of Warcraft. Les rayons de la Fnac croulent sous les études, analyses, anthologies et autres variations sur le thème Cthulhu à la plage... Bref, Lovecraft est un auteur très vivant dans la culture moderne.

Y a même des livres pour enfants !

Et parallèlement à ça... personne ne connaît ! Je veux dire : en dehors de mes potes à peu près tous issus d'études de sciences, qui ont lu du fantastique et pratiqué le jeu de rôle, je ne crois pas avoir jamais rencontré de gens à qui le nom évoque quelque chose. « Stephen King ? Oui, bien sûr, j'en lisais quand j'étais ado. » « Alien ? Oui, trop flippant, je l'ai vu sur Canal + ! » Mais Lovecraft ? Ça ne dit rien à personne. 

Et je trouve ça fou qu'un truc aussi influent et aussi cité en permanence par les œuvres autour de nous semble passer aussi inaperçu. Je ne dis pas que c'est grave, hein, mais c'est impressionnant.

03 juin 2020

La légende de l'enfant de verre

Ce week-end, je suis arrivé au terme d'une quête personnelle de 35 ans environ.
Laissez-moi vous parler d'un autre temps, d'une époque révolue où les médias se consommaient sur un appareil appelé téléviseur, et où le nombre de canaux disponibles était incroyablement réduit.
Laissez-moi vous parler des années 1980...



En cet âge sombre où personne n'imaginait l'an 2000 autrement qu'avec des voitures volantes, l'enfant que j'étais passait sa vie devant la télévision. Il était particulièrement friand de dessins animés, mais ne ratait aucune émission estampillée « Disney », car il avait bien compris que cette marque s'adressait particulièrement à lui.

A l'époque, France 3 s'appelait FR3,
et c'était la chaîne Disney. Oui, c'est fou.


Or, ce que le jeune homme ignorait, c'est que Disney n'était pas qu'une marque, c'était un studio californien qui produisait de très nombreux programmes, de qualité variable il fallait bien l'admettre, mais c'est le lot de tous les studios. Et pas que de l'animation, loin de là. Il y avait chez Disney une longue tradition du feuilleton télé, et chacun se souvient des épisodes de Zorro, ce cavalier qui surgit hors de la nuit, ou de Davy Crockett et son raton laveur mort sur la tête.

Guy Williams, qui pour beaucoup d'entre nous fut le premier Batman.
Ben oui. Zorro, Batman, me dites pas que vous voyez pas un cousinage ?


Et à l'époque dont nous parlons, les feuilletons Disney, ils passaient dans Disney Channel (l'émission, pas la chaîne, qui n'existait pas encore), Samdynamite (animé par Brenda, dont j'étais amoureux) puis Disney Parade (le dimanche après-midi, avec Jean-Pierre Foucault et Anne, dont j'étais amoureux, mon Dieu j'avais vraiment un problème !).
Il y en a eu des tas, qui vous évoqueront peut-être quelque chose à vous aussi, tant ils passaient et repassaient sans aucune cohérence d'ordre. Vous vous souvenez peut-être d'Un vrai petit génie, où un gamin s'improvise détective en recourant aux services d'un acteur cabotin, du Vagabond, où un berger allemand sauvait des gens avant de partir faire son lonesome cowboy à la fin de chaque épisode, ou encore des 100 Vies de Black Jack Savage, avec son générique überkitsch et son concept aussi génial que complètement foiré.

Celui-là je le garde au chaud pour en reparler un jour,
c'était assez savoureux...

Et parmi tous ces trucs que je suivais aussi assidûment qu'il était humainement possible, il en est un qui m'a particulièrement marqué. C'était une histoire avec une petite fille fantôme, et un gamin qui était le seul à pouvoir communiquer avec elle. Ça devait se passer dans la campagne américaine. Il y avait une histoire de poupée. Et une scène terrifiante dans un puits, où le gamin était tombé, et sa meilleure amie appelait le fantôme au secours alors qu'elle savait ne pas pouvoir communiquer avec elle...

Ça explique d'ailleurs peut-être ma fascination pour les enfants médium,
et (me souffle Bij) pourquoi l'un des personnages principaux
d'Ex nihilo Neil en est un.



Ce truc m'a marqué à mort, au point que je m'en souviens encore aujourd'hui alors que je suis certain de ne l'avoir vu qu'une fois.
J'avais cherché sur le net, régulièrement, avec tous les mots-clés que je pouvais imaginer (poupée, petite fille fantôme, puits...), mais jamais ne l'avais retrouvé.

Et puis, le week-end dernier, je ne sais pourquoi, j'ai retenté. Et le nouveau site chroniquedisney.fr (probablement concomitant avec l'émergence de l'offre Disney +) m'a donné la réponse sans problème, comme ça, comme si ce n'était pas important, comme si ça n'annonçait pas la conclusion de 25 ans d'obsession !

Pan, les eighties dans ta face. Sauf que non, en fait
ça date de 1978 ! Les seventies dans ta face !


Le téléfilm en question s'appelait Child of Glass (L’Énigme en VF, c'est pas avec le titre que j'allais le retrouver). Et d'après ce que j'en lis sur les forums, la scène du puits semble en avoir marqué plus d'un. Une fois que j'ai su quoi chercher, je n'ai eu aucun mal à le retrouver, et on a pu organiser une petite séance nostalgie.

Booooouuuh, je suis le fantôme d'une petite fille qui joue mal...
booooouuuhhh...


Bon, en fait, et sans surprise, c'est pas terrible. La scène du puits n'est pas du tout comme je m'en souvenais, d'ailleurs le fantôme n'y intervient absolument pas, mon cerveau a mélangé plusieurs points de scénario du téléfilm. Les acteurs sont tous un peu falots, et pour vous situer le truc on est au niveau de Peter et Elliott le dragon, si vous voyez le genre, un truc sympatoche mais au final assez faiblard.
Mais c'était chouette de retomber en enfance pour un court instant.

Et je suis sûr que vous avez le même genre de souvenirs à demi enfouis. Sachez qu'il existe sur le net des tas de forums où des experts vous aident à retrouver les titres perdus, n'hésitez pas à aller y traîner, c'est impressionnant à quelle vitesse l'évocation d'une vieille bribe de souvenir peut obtenir des réponses ultraprécises.



01 juin 2020

Arlequinade


Il y a quelques semaines, je faisais je ne sais quelle recherche sur YouTube, quand la plate-forme s'est mise en tête de me proposer des extraits d'une série dont je ne soupçonnais absolument pas l'existence : Harley Quinn.

Comme tous les gens de mon âge, je suis un vieux fan de la série animée Batman des années 1990, celle de Paul Dini et Bruce Timm, avec Richard Darbois en Bruce Wayne et Pierre Hatet en Joker, vous voyez de quoi je parle. 
Et comme tous les jeunes garçons de l'époque (et pas mal de filles aussi, me suis-je laissé dire), le personnage d'Harley Quinn m'avait fortement marqué. Cette fille folle amoureuse du Joker, drôle, cinglée et diablement sexy avait exercé un fort effet sur moi, et pas que sur moi, puisqu'elle est depuis devenue un personnage récurrent des comics. Jusqu'à être incarnée à l'écran par Margot Robbie dans le cataclysmique Suicide Squad (depuis il y a eu Birds of Prey, mais ma résistance à la douleur a ses limites).

Dr. Harleen Quinzel, aka...

Mais rien ne m'avait préparé à ce qu'en ont fait les studios d'animation Warner. J'ai enquillé toute la première saison, puis le début de la deuxième (en cours), et je peux le dire : c'est excellent !
Alors, déjà, c'est pas un programme familial : c'est hyper vulgaire, hyper violent, ça massacre dans tous les sens sans complexe (on note d'ailleurs que 5 minutes de Harley Quinn sont plus violentes et transgressives que tous les films du DC Cinematic Universe réunis, ce qui en dit long sur la mollesse de ce dernier)... et c'est surtout très drôle (et régulièrement émouvant).

Une belle bande de vainqueurs !

Parmi les idées géniales, on a la réinterprétation totale de plusieurs personnages secondaires comme Bane, reconverti en débile politiquement correct, Clayface, qui passe d'horreur tragique à acteur cabotin, ou encore King Shark, un... homme-requin blanc community manager en hoodie qui me fait mourir de rire rien que par son concept. Sans même parler de Kite Man, parce que oui, il y a Kite Man. En outre, la série fait régulièrement des références à tous les films Batman (y compris celui des années 1960 parce que, oui, il y a aussi un spray antirequin !), souvent aussi bien vues que drôles.

Le casting vocal est parfait, avec Kaley Cuoco (Penny dans The Big Bang Theory) qui s'éclate comme jamais en campant une Harley explosive, et Lake Bell, contrepoint parfait en Poison Ivy BFF, calme et cynique. 
Bref, Harley Quinn c'est la meilleure série DC/Warner depuis la première série Batman, et je dis ça alors que je ne les ai pas toutes vues, c'est dire si je suis objectif. Aujourd'hui c'est férié, profitez-en pour aller voir ça !



27 mai 2020

L'usine de l'amour

J'ai mis les doigts dans Satisfactory, et le piège s'est refermé. Je suis totalement accro.

Je vais trop vite, reprenons depuis le début.
Satisfactory est un jeu de gestion sorti en accès anticipé sur l'Epic Game Store.
Et déjà je vous entends : « Y a pas un mois tu nous disais que les jeux de gestion c'était pas ton truc ! », « Et je croyais qu'il fallait jamais acheter en accès anticipé ? », « Et moi j'achète que sur Steam ! », « Et c'est quand la suite d'Ex nihilo Neil ? », etc.

Alors, en effet, je ne suis pas très bon en jeu de gestion. Mais c'est parce que dans les jeux de gestion, y a toujours de l'enjeu, il faut aller vite, optimiser dans le stress... Alors que Satisfactory, ce n'est pas stressant. On est à la limite du city-builder : vous créez votre petite usine qui va fabriquer des plaques de fer, tranquillou. Vous l'optimisez pour que les entrées et les sorties s'équilibrent bien. Et vous remplissez l'objectif du moment. Puis vous étendez votre usine pour fabriquer des tubes de fer, et des vis, et vous assemblez le tout pour faire des plaques de fer renforcées, et ça y est vous êtes foutu.

Petite usine de base, avec trois fourneaux qui fabriquent du lingot de fer
à partir du minerai extrait derrière. Quand vous en êtes là,
c'est déjà quasi foutu pour vous.

Le jeu est hyper addictif. Déjà parce qu'il est bienveillant : les ressources sont infinies, vous pouvez tout démonter et remonter sans pertes d'éléments, il y a plein de trucs à faire pendant que vos usines tournent comme explorer la carte, découvrir des organismes exotiques, trouver des disques durs cachés qui débloquent de nouvelles recettes...
Le seul petit truc gênant, c'est l'énergie électrique en early game : vous devez ramasser des kilotonnes de feuilles pour alimenter vos générateurs à biomasse. Mais dès que vous avez réussi à automatiser le minage du charbon, tout ça ne devient plus qu'un lointain souvenir et vous pouvez sombrer dans la folie de l'optimisation.

Une usine un chouia plus poussée.
Non, j'en suis pas là.

Et c'est incroyable. On perd deux heures sans même s'en rendre compte, rien que pour modifier la ligne de production, dériver un tapis roulant pour augmenter la cadence d'approvisionnement en vis...
Le truc à savoir avec Satisfactory, c'est que quand vous éteignez l'ordinateur, vous n'éteignez pas Satisfactory. Il reste avec vous. J'essaie de me cantonner à des sessions de deux heures pas jour mais c'est un leurre : même en allant me coucher et, plus grave, même en me réveillant, j'ai des schémas logistiques dans la tête qui se tracent tout seuls, avec des flux et des reflux de barres de fer, de fils de cuivre, de rotors et de câbles à assembler...

Ah, et pour répondre aux trois autres questions : le jeu est déjà très bien optimisé, il y a des bugs mais rien de bien grave, et les patchs apportent régulièrement des dizaines de nouveautés géniales. 
Le jeu sera prochainement disponible sur Steam, si vous êtes allergique à l'Epic Game Store (mais je vous encourage à changer d'avis sur ce dernier point, je suis vraiment très satisfait du système).
Quant à Ex nihilo Neil... hé, hé, hé...

25 mai 2020

Mermay 2020


Apparemment, en mai, il faut dessiner une sirène, parce que #mermay. Du coup j'ai fait une sirène. Et comme elle est pas mal, je vous la montre.

22 mai 2020

Ex nihilo Neil 7,5

Acte I, Scène 1

Une ruelle sordide et mal éclairée. Des cartons, un conteneur poubelle, des débris. La suite de la ruelle, côté cour, est bloquée par une grille et quelques caisses. Candela apparaît côté jardin et semble analyser les lieux. La voix de Max retentit, extradiégétique au début.

MAX : « Ainsi donc, au long de la venteuse venelle, avançait vivement Viviane aux cheveux de feu. »

CANDELA : C’est donc ici que ça s’est passé… étrange, je ne vois pas de résidus.

MAX : « Elle cherchait quelque chose, et ne semblait le trouver. Peut-être… »

CANDELA : Qui est là ?

Un jeune homme apparaît de nulle part alors qu’elle regardait sous un carton. Elle prend peur en le voyant, puis se rassure.

MAX : Du calme, point de mal je ne te veux.

CANDELA : Où te cachais-tu ? Je n’ai vu personne en arrivant !

MAX : J’étais juste là. Tu n’as pas assez bien regardé, c’est tout. Qu’est-ce que tu fais ?

CANDELA : (hésitante) Je cherche quelque chose.

MAX : C’est bien ce que je pensais. « Elle cherchait quelque chose, et ne semblait le trouver. Peut-être ce quelque chose est-il dissimulé. Ou peut-être n’y a-t-il simplement rien à trouver. » (il semble compter sur ses doigts) Oui, ça marche…

CANDELA : Pardon ? Qu’est-ce que c’était que ça ?

MAX : Un poème. J’écris.

CANDELA : Sans papier ni crayon ?

MAX : Ah, en effet… disons, je rime. Et versifie.

CANDELA : (air soupçonneux) D’accord… Qu’est-ce que tu fais exactement dans cette ruelle sombre, toi ?

MAX : Je me suis perdu. Je cherche mes parents.

CANDELA : Et tu les cherches en rimant ?

MAX : Il faut bien s’occuper. Les ombres sont bien longues et la brise est maligne. J’aime la poésie.

CANDELA : Mais elle ne t’aime pas. Tes vers sont horribles. Et je ne suis pas certaine de ton décompte de pieds.

MAX : Bien sûr que si, ça marche. Attends… « Elle-cher-chait-quel-que-chose… » Oui, ça marche. Treize.

CANDELA : Les alexandrins, c’est douze.

MAX : Ah mais je laisse les alexandrins aux petits rimailleurs. Que m’importe la légende d’Alexandre. Moi je fais du draculestin. C’est bien plus beau, plus puissant.

CANDELA : (dubitative) Mouais. Écoute, c’est très intéressant, mais je cherche vraiment quelque chose, donc si tu ne veux pas m’aider, tu peux éventuellement aller rimer plus loin ?

MAX : Je peux t’aider à chercher. Dis-moi juste quoi.

CANDELA : Tu ne devrais pas plutôt t’inquiéter de tes parents ?

MAX : Oh, ils peuvent se débrouiller sans moi. Je m’appelle Max.

CANDELA : Max ?

MAX : Maximilian T. Demourn. Max, c’est plus simple.

CANDELA : Très bien, Max. Je cherche une trace.

MAX : Une trace de quoi ?

CANDELA : Ce n’est pas très clair.

MAX : C’est le moins que l’on puisse dire.

CANDELA : Il s’est passé quelque chose ici, hier soir. Et ce quelque chose a laissé une trace. C’est tout ce que je sais.

MAX : « Si des réponses étaient apportées par son explication / Elles étaient loin d’égaler les nouvelles questions. »

CANDELA : Un truc magique, ok ? Un événement magique est arrivé hier soir. Je l’ai senti. Et il reste des… vibrations. Dans l’éther. Écoute, c’est vraiment très compliqué…

MAX : J’ai trouvé.

CANDELA : Quoi ?

MAX : Ici, derrière cette caisse. Un symbole inscrit sur le mur. Avec de la peinture rouge.

CANDELA : Montre voir… Ah oui, ça peut être ça. Je ne reconnais pas le symbole. En revanche, ce n’est pas de la peinture rouge, c’est du sang.

MAX : Brrrrr.

CANDELA : Quoi ?

MAX : Ben, du sang sur le mur, ça fait peur, non ?

CANDELA : Je doute que le sang te fasse très peur.

MAX : Ah bon ? Et pourquoi ?

CANDELA : Tu es un vampire, non ?

MAX : (surpris) Comment le sais-tu ?

CANDELA : Je vois des gens qui sont morts.

MAX : (agacé) On n’est pas mort quand on est un vampire. On est juste… différent.

CANDELA : Je sais.

MAX : Alors ne dis pas que…

CANDELA : Ce n’est pas ce que j’ai dit. Je vois des gens qui sont morts. J’en vois autour de toi. Et quand les fantômes s’accrochent comme ça autour d’un vivant, c’est en général parce que ce vivant les a tués.

MAX : Ils sont autour de moi ?

CANDELA : Oui.

MAX : Et ça ne t’effraie pas ?

CANDELA : Moins maintenant. Je préfère que tu sois un vampire plutôt qu’un tueur en série. J’imagine qu’un vampire est forcément obligé de tuer quelques personnes dans sa vie.

MAX : Je n’ai pas tué tant de monde que ça…

CANDELA : Au moins quatre.

MAX : C’était il y a longtemps.

CANDELA : Ils ne sont pas habillés comme au Moyen Âge.

MAX : Je ne le fais plus maintenant.

CANDELA : Tu vas me mordre ?

MAX : (choqué) Non !

CANDELA : Alors ça va.

MAX : Tu t’appelles comment ?

CANDELA : Candela.

MAX : C’est bizarre. C’est français ?

CANDELA : Non, ça vient du latin. Ça veut dire chandelle.

MAX : Ah. Et ton nom de famille ?

CANDELA : Tu cherches quoi en vrai ? Un vampire ne se retrouve pas par hasard dans ce genre d’endroit, non ?

MAX : Pourquoi pas ?

CANDELA : Vous ne vivez pas dans de grands châteaux au fin fond de la forêt ?

MAX : Et toi, tu ne serais pas mieux dans une chambre rose avec des images de licorne affichées partout ?

CANDELA : Gnagnagna. Tu viens d’où ?

MAX : Londres. On était de passage avec mon père, je me promenais et…

CANDELA : Tu as vraiment un père ?

MAX : En quelque sorte. Il n’y a pas de mot en français pour dire ce que c’est. Disons un père adoptif. Ou un précepteur.

CANDELA : C’est un vampire aussi ?

MAX : Oui. Chez les vampires, c’est un peu compliqué. Il y a tes parents biologiques, puis il y a celui qui te transforme en vampire, puis il y a celui qui t’éduque…

CANDELA : Et celui que tu appelles ton père, c’est celui-là ?

MAX : Oui.

CANDELA : Il est gentil ?

MAX : Un peu vieux jeu, mais ça va. Et toi, tu vis avec tes parents ?

CANDELA : Non.

MAX : Tu vis toute seule ?

CANDELA : Je me débrouille. Et j’ai un ami qui veille sur moi.

MAX : Il est où ?

CANDELA : Avec lui, on ne sait jamais.

MAX : D’accord.

CANDELA : Tu sais voler ?

MAX : Quoi ? Non. Et je ne me change pas en chauve-souris non plus !

CANDELA : Dommage, ça aurait été pratique. Il y a quelque chose là-haut, je ne sais pas quoi…

MAX : Mais je sais grimper, ça c’est facile. (Il grimpe très vite en haut de la grille) Je cherche quoi ?

CANDELA : Je ne sais pas, mais il y a des… comme des vapeurs de magie qui traînent là-haut.

MAX : Je vois juste des poils. Qui ne sentent pas bon.

CANDELA : Je ne pense pas qu’un chien serait monté là-haut.

MAX : Non, pas un chien. Je pense que c’est un loup garou.

CANDELA : Ça n’existe pas, les loups garous.

MAX : Ah bon ? Les vampires, les fantômes, ça va, mais les loups garous c’est trop ?

CANDELA : Bien sûr. Pourquoi quelqu’un se changerait en loup à la pleine lune ? C’est absurde. Et regarde, toi tu es bien dehors et il fait jour. Comme quoi ce qu’on raconte c’est bidon.

MAX : On est à l’ombre.

CANDELA : Même. Selon les contes populaires, tu devrais passer la journée dans un cercueil enterré dans ton sol natal. C’est où ton sol natal ?

MAX : Northampton. C’est une petite ville en Angleterre.

CANDELA : Voilà, on est un peu loin. Tu me rapportes les poils ?

MAX : (descendant aussi rapidement qu’il est monté) Voilà. C’est un peu dégueu.

CANDELA : Moui. (se concentre) C’est bizarre comme poils, je ne vois pas grand-chose autour.

MAX : On peut peut-être revenir à la marque ? Elle m’évoque quelque chose, mais j’ai du mal à me souvenir… Il me semble que c’est un blason d’une vieille famille.

CANDELA : Vieille famille vampirique ?

MAX : Mmmmh… Pas la mienne en tout cas. Mais ça ressemble. Mon père me donne des cours d’héraldique, mais je ne suis pas un très bon élève. Il s’en plaint assez d’ailleurs. Mais c’est la matière la plus ennuyeuse du monde, il faut apprendre tout un vocabulaire, c’est comme une langue étrangère, en pire. « Croix inversée en chef sur champ losangé d’argent et de gueules », ce genre de description…

CANDELA : J’aurais pensé que ces phrases à rallonge te plairaient, vu ton amour de la poésie.

MAX : L’héraldique, ce n’est pas de la poésie, c’est de la science. « Vertueuse valkyrie sillonnant les venelles / Écartant toute crainte, niant la chair de poule / Candela maudissait alors contre le sort cruel / Qui pour allié lui offrait une improbable goule. » Ça, c’est de la poésie.

CANDELA : C’est… vraiment pas terrible. Je crois. Je ne suis pas experte. Et on peut dire « goule » ?

MAX : Plus trop aujourd’hui, c’est devenu insultant. J’ai fait une licence poétique.

CANDELA : Et quand tu as dit « allié », c’était une licence aussi ou je peux compter sur ton aide ?

MAX : Ne fais-je pas que cela depuis notre rencontre ? T’aider, je veux dire ?

CANDELA : Il y a un petit rituel que je peux faire et qui devrait révéler ce qui s’est passé ici… Mais j’ai besoin d’un assistant.

MAX : Je connais deux-trois trucs en magie. Qu’est-ce que je peux faire ?

CANDELA : Tiens cette chandelle le plus haut possible, et tant que je ne te l’ai pas dit, ne la descends pas plus bas que ta tête.

MAX : Très bien. C’est amusant, « chandelle », « Candela »…

CANDELA : C’est fait exprès. En gros, la chandelle, c’est moi, et tant que tu la tiens haut, je ne risque rien.

MAX : D’accord.

CANDELA : Je vais invoquer le souvenir de celui qui a perdu ces poils, et comme je suis medium je devrais le voir.

MAX : Très bien.

CANDELA : En avant. (Elle fait plusieurs gestes cabalistiques, marmonne des incantations, jette un peu de poudre). Tu tiens la chandelle bien haut, hein ?

MAX : Oui, oui.

CANDELA : Et tu ne la laisses pas s’éteindre !

MAX : Non, non.

CANDELA : (observe attentivement, puis semble voir quelque chose). Je… je le vois. Tu avais raison, c’est un loup garou. Enfin… quelque chose qui ressemble. C’est moche. Poilu et… dégoulinant… Il descend des caisses. En principe il ne peut pas me voir, c’est juste un souvenir…

MAX : Tant mieux. Je n’en ai jamais croisé, mais on m’a toujours dit de les éviter quand ils sont sous forme lupine, ils sont très dangereux.

CANDELA : Il… il vient vers moi. Il ne peut pas me voir pourtant, ce n’est pas normal… Il flaire… Il est tout près de moi…

MAX : Tu veux que…

CANDELA : Ne baisse pas la chandelle ! Je crois qu’il sait que je suis là… mais même s’il me voyait, il ne pourrait pas me faire de mal tant que la… oh non.

MAX : Qu’est-ce qui se passe ?

CANDELA : Il s’est retourné vers toi… Ce n’est pas possible, vous n’êtes pas du tout sur le même plan, il ne peut pas savoir que tu es là… Il… il s’approche de toi…

MAX : Euh… je fais quoi ?

CANDELA : Je ne sais pas ! Je ne sais pas s’il pourrait te toucher !

MAX : Je ne peux pas me défendre sans baisser la chandelle !

CANDELA : Oh mon… Il est tout près de toi, il avance une griffe, il… il ouvre la gueule…

MAX ET CANDELA : NON ! (les deux crient en même temps et Max a un mouvement de recul, mais il garde la chandelle haute. Un silence passe. Puis Candela éclate de rire, et Max aussi, rapidement après).

CANDELA : Ah ah ah ah ah… désolée, c’était… hi hi hi, c’était trop tentant.

MAX : (riant très sincèrement) Ah ah ah ah, c’était trop fort, tu racontes trop bien, j’y ai cru !

CANDELA : Hi hi hi… bon, je pense que cette piste est froide, il n’y a rien à en tirer.

MAX : C’est ennuyeux ?

CANDELA : Bof, des événements comme ça, il s’en passe dix par mois, c’est juste que là je l’avais senti alors j’ai voulu voir par moi-même. Pas de quoi s’inquiéter. Ah, et… tu peux baisser la chandelle.

(On entend une voix au loin qui appelle Max)

MAX : Ah, c’est mon père je crois… Sir ! Je suis là !

CANDELA : Sir ?

MAX : Ben, c’est plus ou moins l’usage d’appeler son… son précepteur par son titre. Mais c’est un peu pour me moquer aussi. Je l’appelle « sir Sam », ça l’énerve.

CANDELA : Ils sont tous nobles, les précepteurs ?

MAX : Tous les vampires sont nobles.

CANDELA : Tu restes en ville longtemps ?

MAX : Je ne sais pas trop, ça ne dépend pas de moi. Mais on se refait une chasse aux monstres quand tu veux.

(Samuel entre en scène. C’est un homme brun d’apparence trentenaire, bien vêtu d’un complet sombre et d’un long manteau noir, moderne mais sobre. Il a l’air rassuré de retrouver Max).

SAMUEL : Maximilian, enfin ! Qu’est-ce que vous… bonjour.

CANDELA : Bonjour monsieur.

MAX : C’est Candela. On jouait.

SAMUEL : Ah. Eh bien, enchanté mademoiselle. (Saluant très courtoisement) Sir Samuel S. Delorm, IVe du nom.

CANDELA : Candela. Tout court.

SAMUEL : Merci d’avoir veillé sur Max. J’espère qu’il ne vous a causé aucun… désagrément.

MAX : Je sais me tenir, merci !

CANDELA : Il a été tout à fait courtois.

SAMUEL : Charmante enfant. Désirez-vous que nous vous raccompagnions chez vous ?

CANDELA : Non, ça ira, merci. J’ai encore quelques bricoles à faire.

SAMUEL : Très bien. Dans ce cas, voici ma carte, si d’aventures vous vouliez revoir Maximilian, n’hésitez pas à appeler à ce numéro. Nous avons encore quelques affaires à mener en ville, et je ne voudrais pas qu’il s’ennuie de nouveau au point de disparaître, seul, comme il vient de le faire.

MAX : Si j’avais mon propre portable, elle pourrait m’appeler directement, vous savez ?

SAMUEL : Ces saletés grillent le cerveau. Mademoiselle Candela, au plaisir de vous revoir.

MAX : Salut, à bientôt peut-être ?

CANDELA : Sûrement.

MAX : (sa voix s’estompe alors qu’il récite) « Ainsi naquit l’amitié inédite / D’un vampireau et d’une médiumette / En attendant la suite de l’historiette / Retournons-en à la vie cénobite... »

SAMUEL : (depuis les coulisses, faible) Vos vers sont de pire en pire.

CANDELA : (restée seule) Alors, voyons cette marque… (sortant son portable, elle la prend en photo) Sait-on jamais. Je dois avoir quelques livres sur les croisades vampires… et j’ai une soudaine envie de me cultiver.

Candela va pour sortir côté jardin, se ravise, revient pour ramasser la chandelle restée par terre. Elle sourit, puis s’en va.