Ex nihilo Neil

20 février 2026

Manga à Guimet


J'ai eu l'occasion de visiter l'expo Manga - Tout un art !, qui se tient actuellement au musée Guimet*, avec ma nièce. C'est plutôt sympathique même si, comme l'ont noté certaines vidéastes, les mangakas femmes sont très peu représentées, ce qui est un peu la honte en 2026. Mais y a des planches originales cool et toute une salle sur Tezuka (le contraire eût été étonnant, mais bon, ça ne se refuse pas). 

* Si vous n'êtes pas parisien, il est possible que vous n'en ayez jamais entendu parler, sachez donc qu'il s'agit du Musée national des arts asiatiques, sis non loin du Trocadéro, dans un quartier qu'on dira pudiquement assez bourgeois. Très bon restaurant coréen au sous-sol.

Y a aussi un mur de Weeekly Shōnen Jump, le magazine iconique où sont nés tous les 
héros de notre enfance et des suivantes. 

 

18 février 2026

Michel, Michel et Boby en province




Saurez-vous trouver l'erreur commune commise par ces trois stars de la chanson française ?

Eh bien oui, les plus obsessionnels de règles syntaxiques l'auront repéré, les noms de départements français composés de deux cours d'eau coordonnés avec la conjonction « et » ne tolèrent pas l'article défini. C'est-à-dire qu'on ne doit pas dire « dans le Lot-et-Garonne » mais « en Lot-et-Garonne ». De même on ne doit pas dire « le Lot-et-Garonne » mais « le département de Lot-et-Garonne ».

Alors je n'en veux pas à Michel Sardou, d'autant que je connais bien le quarante-septième département de notre beau pays pour y être né et y avoir passé les dix-huit premières années de ma vie, et je peux confirmer que les habitants mêmes ne s'y gênent pas pour dire « le Lot-et-Garonne ». En effet, dans ces collines oubliées des dieux, la bienséance syntaxique n'est pas une obsession (survivre aux meutes de loups, aux épidémie de dengue et aux attaques des clans gersois et autres barbares landais occupe déjà bien les journées).

Je n'en veux pas non plus à Michel Delpech, même s'il pousse l'erreur jusqu'à l'insérer dans le titre de sa chanson, car il y reprend à dessein le typique parler lédocarien cher à ses ancêtres, auxquels l'œuvre rend hommage.

Et je n'en veux pas à Boby Lapointe, car jamais je n'en voudrai à Boby Lapointe, en bon membre de la secte des fanatiques de son œuvre, la plus incroyable anomalie musicale de notre pays.

Donc en fait ce post ne sert à rien, mais bon, j'ai pas mal de boulot en ce moment, alors vous vous en contenterez, et si par hasard je vous ai mis une chanson dans la tête pour la journée, de rien. 

16 février 2026

Duel of champions


Je ne savais pas trop quoi faire alors voici un combat à mort entre les trois créatures les plus meurtrières d'Afrique. 

Notez que j'attends toujours un film sur un hippopotame tueur, genre Razorback au Kenya... Et juste quand j'écris ça, qu'est-ce qui pope sur mes radars ?

13 février 2026

Le puits aux animaux

 


Je suis un blob, né d'une fleur. Je me promène dans une vaste caverne étrange et peuplée d'animaux fantomatiques. J'ai trouvé une carte, elle indique des flammes, j'essaie de les rallier pour voir. J'explore, j'ouvre des portes, je décrypte d'étranges énigmes. J'avance. 

Animal Well est un metroidvania, genre que j'aime tout particulièrement, mais qui a parfois tendance à se la jouer hardcore, j'suis trop dark, j'te mets des pièges partout et des sauts millimétrés de bâtard que si tu les rates tu repars dix écrans plus tôt (n'est-ce pas Silksong ?). Ben pas là. Animal Well, c'est cool. Oui, il y a des passages de plateforme un peu techniques, mais sans stress. Vous ratez votre saut ? C'est pas grave, vous recommencez. Vous ne comprenez pas comment fonctionne ce nouvel objet ? Vous allez avoir mille occasions de vous y faire. Vous vous dites qu'il y a un truc bizarre ici ? Notez-le sur votre carte, vous y reviendrez plus tard, plus au clair sur comment fonctionne ce monde.


 

Parce qu'Animal Well emprunte beaucoup plus à Fez et à Tunic* qu'à Blasphemous. On est sur un jeu de plateforme mignon** qui dissimule moult énigmes cachées, qui va vous faire traverser et retraverser ses tableaux à chaque nouvelle découverte d'objet, qui va se révéler petit à petit à travers de merveilleuses épiphanies. Vous allez chercher les flammes, en chemin vous allez traquer les œufs, et peut-être que vous allez tomber sur un lapin, ou des bébés lynx en cage, ou des chiens un peu joueurs, etc. J'en suis à vingt-cinq heures de jeu et je pense encore avoir des trucs à découvrir dans ce puits sans fond, sans en regretter une seconde. 

* Deux références assumées, d'ailleurs : appuyez donc plusieurs fois de suite sur le bouton haut de la flèche directionnelle, vous verrez. Puis, laissez appuyé le bouton de saut. 

** Enfin, mignon... y a des trucs bizarres, parfois. Limite cauchemardesques. Mais vraiment, ce n'est jamais difficile, c'est juste que vous n'avez pas encore compris comment faire. 

11 février 2026

Votre blog a vingt ans, que le temps passe vite...

 



Croyez-le ou non, mais ce blog vient de fêter ses vingt ans ! Incroyable, mais vrai, le 10 février 2006, je postai le premier article, qui se contentait d'annoncer que je lançais un blog. 

Est-ce que j'imaginais à l'époque que je le tiendrais encore deux décennies plus tard ? Sans doute pas. Ma vie était bieeeeeen différente en 2006, et il m'est arrivé bien des choses depuis. J'ai évolué, le blog pas beaucoup dans la forme, mais pas mal dans le fond. Bien sûr il ne touche pas des milliers de personnes, chaque post est lu par une quarantaine de fidèles à tout casser, mais je suis content d'avoir su préserver ma petite bulle personnelle dans les eaux tourmentées du web.

Je ne sais pas si je serai encore là dans vingt ans (sur le blog ou sur cette Terre, si tant est qu'elle sera encore vivable), mais j'en profite pour toutes et tous vous remercier infiniment de votre fidélité. J'espère que mes bêtises continuent de vous intéresser, de vous faire découvrir des choses ou à défaut de vous distraire deux minutes trois fois par semaine. Moi ça me fait du bien, et ça n'a pas l'air de faire du mal à grand-monde, alors je continue. 

09 février 2026

Andor : encore !

 


Nous avions prévu de regarder la saison 2 d'Andor avec un ami (que je ne désignerai que par son initiale, O) mais ce lâcheur nous a fourbement abandonnés sans nous prévenir. C'est pourquoi nous ne l'avons finalement visionnée que la semaine dernière. Bon Dieu que c'était bien.

C'est définitif, Andor est dans le top 3 qualitatif de tout ce qui peut être raccordé à Star Wars, avec L'Empire contre-attaque et la série Clone Wars (de Tartakovsky). Tout le reste, c'est du jardinage, comme dirait l'autre. 

Andor raconte la création de la Rébellion, sans faux-fuyants, sans romantisme inutile, sans se voiler la face. Oubliez l'épique space-fantasy, on est dans les dossiers noirs de la Résistance, avec la paranoïa qui s'ensuit, avec la solitude des agents de terrain réduits à suivre des ordres peut-être obsolètes, avec des politiques qui tentent de gratter trois voix au Sénat pour qu'une loi inique ne passe pas, avec les milliers de héros anonymes qui font ce qu'ils peuvent en sachant qu'ils ne verront sans doute pas la fin de ce qu'ils combattent.

Il y a beaucoup de personnages et l'acting est globalement incroyable,
au point que je n'en vois pas un à mettre au-dessus des autres.

En plus de ses thématiques terriblement actuelles*, la série se permet des fulgurances de mise en scène**, une vraie structure de série intelligente avec des ellipses pensées et réfléchies, des personnages d'une richesse insoupçonnée, sans jamais le moindre sabre-laser. Arrivés au bout, nous n'avons pas résisté à l'envie de revoir Rogue One***, dont la série est techniquement un préquel, et nous avons été stupéfaits par la parfaite fluidité, la cohérence absolue entre les deux œuvres, qui s'enchaînent impeccablement, au point qu'il est presque impossible a priori de dire laquelle dérive de l'autre.

Andor est non seulement un chef-d'œuvre, mais un chef-d'œuvre important, qui a quelque chose à dire d'essentiel aujourd'hui. Ne ratez pas cette série, et n'oubliez pas qui est l'Empire, et qui est la Rébellion. 

* Le discours de Mon Mothma au Sénat s'applique tellement à la situation de post-vérité dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui qu'il en est glaçant.  

** On a notamment un épisode entier d'Andor sans le personnage-titre, ce qui est très, très rare dans une série, et qui démontre clairement que le showrunner Tony Gilroy a eu les coudées franches. 

*** Dont j'avais parlé à sa sortie ici, et je ne changerai pas une virgule à ma critique de l'époque. Rogue One reste, malgré ses défauts, le meilleur film Star Wars après L'Empire contre-attaque

06 février 2026

Extraits de carnet

 



J'ai enfin réussi à me remettre à écrire, à la faveur d'influences heureuses et d'une lichette de temps libre, et ça me fait du bien. 

Je suis parti sur la suite de mon roman, peut-être sous forme de nouvelles, je ne suis pas encore sûr, mais mon carnet se remplit rapidement de croquis de personnages (surtout féminins puisque, comme l'a noté une amie lectrice, « les mecs prennent cher dans tes histoires »). Il s'agit essentiellement de versions plus âgées de personnages de mon roman. Les gamines d'hier sont devenues des jeunes femmes, avec toujours autant de caractère. On verra ce que ça donne.

04 février 2026

Shakespeare et chimères

 

Je voulais voir Avatar 3 (de guerre lasse), mais à mon grand étonnement c'était encore complet, des mois après la sortie. Ça doit vouloir dire que c'est bien. Du coup je me suis reporté sur le film dont toute la critique parle en ce moment, Hamnet.


 Hamnet, Chloé Zhao, 2026

Si on veut le résumer froidement, Hamnet raconte la vie de couple de William Shakespeare, comment il rencontre sa femme, comment ils ont trois enfants, comment ils en perdent un et comment ce drame lui inspire Hamlet. Ce résumé serait juste, mais passerait complètement à côté du film.

Hamnet est un film sur le deuil, c'est un film long, lent, et très sincèrement pendant la majeure partie du métrage je me suis un peu ennuyé. Certains passages sont à la limite de la parodie de mélo romantique, les acteurs jouent à fond les ballons, la réalisation qui s'attarde beaucoup sur les visages m'agace un peu, bref ça peut parfois être un poil trop pour le spectateur cynique. Puis il y a les quinze dernières minutes, ce moment de grâce qui m'a séché sur place et mis les larmes aux yeux. Au point de reconsidérer tout le film et de me demander si je ne venais pas de voir un chef-d'œuvre. 


 Les Chimères de Vénus, Alain Ayroles, Étienne Jung 
et Thierry Leprévost, éd. Rue de Sèvres

Dans un tout autre genre, le troisième et dernier tome des Chimères de Vénus vient de sortir. Il s'agit d'une série dérivée de la saga du Château des étoiles d'Alex Alice, dont j'avais parlé ici. Une série dérivée scénarisée par Ayroles !

J'avais lu ces albums à l'époque, et je dois reconnaître que je les avais moyennement appréciés. À ma grande honte, je comprends que je les ai méjugés sur une sotte comparaison graphique, le style de Jung pouvant sembler un peu fade à côté des fresques sublimes d'Alice. J'avais tort à tellement de niveaux que je ne sais plus où me mettre, alors j'en parle ici pour vous assurer que si, vraiment, c'est génial, ça vaut le coup. 

Déjà parce que le style de Jung est en fait très raccord avec l'ambiance Belle Époque de cette aventure où France et Angleterre tentent de se partager Vénus, planète luxuriante peuplée de dinosaures. C'est beau, habile et tout à fait adapté.

Ensuite parce qu'Alain Ayroles, évidemment ! Celui qui reste un de mes auteurs préférés se saisit de cette ambiance pulp en érudit, comme il a pu le faire pour le conte de fées (Garulfo), le roman de cape et d'épée (De cape et de crocs), le roman picaresque (Les Indes fourbes), le roman gothique (D), le roman épistolaire laclosien (L'Ombre des Lumières), bref, il applique sa méthode consistant à raconter une bonne histoire truffée de références jamais gênantes*, teintée d'analyse marxiste de la société, avec des personnages attachants malgré leurs défauts, chacun évoquant un archétype tout en le contournant habilement. C'est une petite merveille, en léger décalage et pourtant parfaitement intégrée dans la saga du Château des étoiles. Remarquable !

* Il y a une blague sur la corne des iguanodons ! Pour les trois fans de paléontologie du XIXe qui la comprendront ! j'adore ! 

 

02 février 2026

Fête des chandelles

 

Comme tous les quarantièmes jours après Noël, c'est la Chandeleur, une fête que j'aime beaucoup puisque j'adore les crêpes. J'adore les faire, j'adore les manger, j'adore en faire aux autres pour qu'ils les mangent, bref, la Chandeleur, c'est un peu ma fête.

Mais saviez-vous qu'au Luxembourg, pour la Chandeleur, les enfants se munissent de lanternes et vont de maison en maison quémander des friandises ? Eh oui, au Luxembourg, la Chandeleur, c'est Halloween. Quel peuple étrange (que nous devrions aller visiter dans le courant de cette année, qui s'annonce riche en voyages de toute sorte) !

Ah oui, et sinon, la Chandeleur, ça célèbre la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, événement durant lequel, que je sache, fort peu de crêpes au sucre furent mangées (cette tradition-là est apparemment arrivée bien plus tard, et on n'est pas trop sûr de pourquoi). 

30 janvier 2026

Bravo les Brothers !

 

L'important sur cette image, c'est la partie en bas à droite.


Récemment, je me baladais entre les étals d'un célèbre bouquiniste parisien et je suis tombé sur l'album Panade à Champignac en occasion, que je guettais depuis longtemps. Et si je cherchais cette BD de Spirou et Fantasio, ce n'était pas pour l'histoire éponyme.

En effet, l'album Panade à Champignac est constitué pour une bonne moitié d'une histoire mettant en scène nos héros avec un Zorglub retombé en enfance, qui est amusante et bien fichue mais également annonciatrice de la dépression que traversait Franquin à l'époque. Les héros sont tournés en ridicule, l'intrigue absurde, le nihilisme présent, et c'est très bien... mais l'album contient surtout une autre histoire, Bravo les Brothers. Et là on passe à autre chose.

Bravo les Brothers se résume très facilement avec la vignette suivante :

Gaston offre trois chimpanzés dressés à Fantasio. L'hilarité s'ensuit.

Et oui, hilarité. Je pense très sincèrement que cette BD est un des sommets de l'œuvre de Franquin. C'est une des rares qui mêlent les univers de Spirou et de Gaston*, et celle qui le fait le plus magistralement. On sent que Franquin n'en peut plus des aventures du groom et qu'il souhaite se consacrer à temps plein à son héros sans emploi. L'intrigue ne laisse aucun doute : on est dans une aventure officielle de Spirou et Fantasio, mais c'est bien le petit monde de la rédaction qui est mis sens dessus-dessous ; on retrouve Prunelle**, Lebrac, Mamoiselle Jeanne, Boulier, M. De Mesmaeker... tous des piliers de l'univers gastonesque qui commence à bien prendre forme. 

Visuellement, c'est virtuose. Il n'y a pas une case à jeter : tout est mouvement, expression, enchaînement,  Franquin ne rate pas un trait, et les chimpanzés eux-mêmes, notamment, sont stupéfiants d'expressivité, avec une gestuelle particulièrement bien retranscrite, et trois caractères très affirmés sans jamais prononcer un seul mot. 

Mais regardez-moi la composition parfaite de cette case.
Où que vous posiez les yeux, votre regard est attiré sur la zone suivante.

 

C'est même relativement important pour le lore***, puisque cette BD marque la première apparition de Noé, le dresseur d'animaux misanthrope que l'on retrouvera plus tard dans les aventures du Marsupilami (le maître de Mars le noir, notamment). 

Bref, Bravo les Brothers, c'est une perle, dont je conseille la lecture à tous les fans de BD franco-belge et à tous ceux qui souhaitent un jour dessiner quelque chose de correct. Une masterclass, comme disent les jeunes.

* Avec, que je sache, La Foire aux gangstersLes Robinsons du rail et, dans une certaine mesure, le début de Panade à Champignac

** Prunelle qui est un personnage important pour moi puisque c'est sûrement le seul personnage de fiction secrétaire de rédaction. C'est mon métier, secrétaire de rédaction. 

*** Si tant est que le lore de Spirou, de Gaston et du Marsu vous intéresse. 



 

28 janvier 2026

Tournoi de puzzles

 

Le saviez-vous ? Bij et moi (enfin, surtout Bij, mais moi aussi un peu quand même) on adore les puzzles. Au point que le week-end dernier, nous avons rejoint sa sœur pour un séjour familial et un petit tournoi local organisé près de Pontarlier, dans le Doubs.

Eh ben on s'en est plutôt bien sorti, puisque Bij et sa sœur ont fini premières dans la catégorie 1 000 pièces, et Bij et moi troisièmes dans la catégorie 500 pièces. C'était cool et ça nous a permis de passer un beau week-end à la neige, que demander de plus ?

Le puzzle de 500 pièces, que nous avons fini trente secondes après
la sœur de Bij et sa coéquipière.

 
Le puzzle de 1 000 pièces, que les frangines ont terminé en 2h03.

26 janvier 2026

Le mal habite au 4

 

 

Ça y est, conformément à la tradition millénaire depuis cinq ans, j'ai fait mon Resident Evil de l'année, et cette fois ce fut le quatrième opus, considéré comme un des meilleurs de la série et comme un des meilleurs jeux vidéo tout court d'ailleurs, tant il a réinventé le genre du survival horror en ajoutant une grosse composante action. Et c'était effectivement super.

Dans RE4, vous incarnez Leon Kennedy (le héros du deuxième), flic très spécial envoyé pour sauver la fille du président des États-Unis qui a été enlevée par une secte maléfique qui fait des expériences secrètes dans la cambrousse espagnole, et... oui, on va pas se mentir, le scénario c'est vraiment pas le point fort des Resident Evil. Enfin, d'un certain point de vue, parce que c'est objectivement hilarant de nanardise. Le héros solitaire et plus ténébreux qu'un sac de charbon, la greluche à sauver (qui a été nettement améliorée dans le remake*, dans l'original c'était vraiment une gourde qui passait son temps à hurler), l'agente spéciale Ada Wong qui débarque de nulle part en prenant la pose, le rigolo de service Luis qui meurt après rédemption tandis que le héros lui allume sa clope... et je ne parle même pas des méchants.

Vous allez en buter, du péquenaud hispanique.

Bref, chaque cinématique est un grand moment de rigolade**. Le reste du jeu est toujours nickel, avec de l'action, de la « réflexion » (jamais bien méchante), des clés à trouver pour ouvrir des passages en slalomant entre les zombis / paysans / créatures fongiques, des boss avec des points faibles évidents (visez les yeux, en général ils sont très gros, orange et pas du tout sur le visage, c'est facile), et plein d'armes différentes (mais je m'en sors généralement avec un pistolet, un fusil à pompe et un fusil de sniper, c'est largement suffisant).

 

Ah oui, y a lui aussi, le marchand qu'on croise à tous les coins de couloir, 
y compris dans les endroits les plus incongrus.
 

Vous avez peut-être remarqué que dans les jeux modernes, on se donne beaucoup de mal pour justifier toutes les petites contingences de gameplay dans l'intrigue. Eh bien Resident Evil, pour sa part, n'en a rien à braire. Les gars de chez Capcom assument complètement que vous jouez à un jeu vidéo, que vous savez que vous jouez à un jeu vidéo et que vous n'avez pas besoin de tout justifier. Donc oui, y a des quêtes secondaires où il faut détruire des médaillons bleus planqués un peu partout, y a du tir au pigeon pour gagner des bonus, y a un marchand qui se téléporte, y a des corbeaux qui dropent des émeraudes quand on les tue, et plein d'autres absurdités qu'on ne va pas s'emmerder à expliquer. Et c'est pas bien grave.

En tout cas voilà qui conclut mon rattrapage de la série (car le remake du 1 n'est pas ouf, et le 5 et le 6 sont considérés comme les canards boiteux de la série). Enfin, pour l'instant. Le 9 (Requiem) sort dans un mois, et je sais déjà que je le ferai un jour***.  

* Oui, car je joue aux remakes, qui sont sublimes, et en mode facile, parce que j'ai vraiment pas envie de me faire suer.  

** Et c'est encore mieux si vous essayez de relier l'intrigue avec celles des autres opus, tant le n'importe-quoi est grand, encore accentué par le côté très premier degré de la mise en scène. Maintenant que j'y ai joué, je réalise à quel point les films Resident Evil sont en fait des adaptations réussies dans une certaine mesure : des scénarios de nanar dans les deux cas. Sauf que les films n'ont pas un gameplay pour les sauver. 

*** D'autant qu'il semble annoncer un délire plus survival, avec une héroïne faible et démunie, ce qui change des gros bourrins genre Leon, Claire ou Jill... 

21 janvier 2026

Mouche des villes et rat des champs

 


Vous êtes une souris, de retour dans la forêt après la mort de vos parents, partis tenter leur chance à la mine. C'est l'hiver, votre ancienne maison est en ruine et votre seule famille encore vivante vient de se faire enlever par un hibou. Tout n'est-il pas réuni pour un jeu chill ?

Winter Burrow est un petit jeu « de survie », avec autant de guillemets que possible. Tous les ingrédients sont là : jauge de faim, jauge de froid, monde hostile, PNJ tristes voire désespérés... et pourtant Winter Burrow n'est pas difficile, pas du tout. On est plus sur une espèce de Don't Starve premier âge, idéal pour apprendre les rudiments du genre aux enfants, avec un patte graphique sublime de livre illustré et une belle histoire où on s'emploie à recréer du lien entre nos voisins dysfonctionnels. Bref, c'est beau comme tout, ça dure une dizaine d'heures et le seul reproche que je lui ferai est sa fin un peu abrupte. Idéal pour occuper les froides soirées d'hiver.



Vous êtes une mouche. Vous avez 80 secondes à vivre, et une liste de choses à faire avant de mourir. C'est parti.

Le concept de Time Flies est con comme la pluie, et rappelle d'ailleurs Untitled Goose Game, le plus célèbre des jeux à checklist. Vous vous baladez dans le niveau et vous interagissez avec ce que vous croisez, et parfois ça coche une des cases de votre bucket list. C'est tout bête, ça prend une heure et demie max et c'est si cool qu'on pardonne largement au jeu sa DA sur Paint (et encore, le Paint de Windows 95). Idéal pour occuper une froide soirée d'hiver, une seule, parce que c'est court.

19 janvier 2026

La tournée geek

 


Samedi dernier, j'ai été marcher en ville en suivant un parcours que je pratique assidûment depuis bien des années maintenant, et que j'appelle sobrement la tournée geek. 

Il s'agit de se tenir au courant des dernières sorties et de ne pas rater les bonnes occasions, surtout en ces lendemains de fête où tout le monde s'en va revendre aux bouquinistes ses cadeaux surnuméraires. Perso je me réserve quelques heures et je visite les échoppes dans l'ordre suivant :

  1.  L'Œuf Cube Sorbonne, anciennement boutique Descartes : magasin de jeux de société très bien achalandé, dont le rez-de-chaussée amusera vos cousins fans de Mille bornes. Mais au sous-sol, on attaque les vrais jeux sérieux, ainsi que les jeux de rôle, les puzzles et autres jeux d'enquête. On y vend même quelques fanzines communautaires et de la peinture pour figurines Warhammer. Les tenanciers savent de quoi ils parlent et épier les conversations des poilus du jeu de plateau qui fréquentent les lieux est un bon moyen d'orienter ses choix, ou de déguster de savoureuses anecdotes de grosbills.
  2. Album Toys : descendez la rue Saint-Jacques et à une portée de jet de pavé, vous trouverez la boutique Album dédiée au merchandising nippon. À vous les chapeaux de paille de Luffy, les traversins Rei Ayanami (« Non mais c'est pour dormir hein... ») et les figurines hors de prix dont le bon goût fera douter vos amis de l'opportunité de vous laisser garder leurs enfants. 
  3. Album Manga : traversez la rue et vous arrivez devant une petite boutique relativement récente dédiée aux illustrés nippons. Vous y trouverez à peu près tout ce que vous cherchez, en VF cependant, mais arrêtez d'essayer de faire croire que vous lisez le japonais, ça fait rire tout le monde.
  4. Album Comics : on attaque le dur, et mon principal repère (repaire ?) depuis plus de vingt ans. Album Comics, sis à l'angle de la rue Saint-Jacques et du boulevard Saint-Germain, propose à peu près tout ce qui sort aux États-Unis directement en importation (et oui, c'est là que j'achète mes albums du Energon Universe). En prime vous trouvez aussi toutes les traductions françaises, des figurines complètement ouf (dont en ce moment un gros revival de Maîtres de l'univers et de Transformers), du merch heroic-fantasy, SF, Disney et autres à des prix prohibitifs (si vous aimez Harry Potter, vous allez kiffer)... bref, c'est le paradis, et les vendeurs sont sympas et connaisseurs. Le pivot de la balade.
  5. Aapoum Bapoum : traversez le boulevard et pénétrez rue Dante, une des allées les plus geeks de la capitale. Ici, tout est fait pour vous, à commencez par Aapoum Bapoum, bouquiniste spécialisé dans la BD. On y trouve de tout à tous les prix, sous l'inquiétant regard d'un tenancier taciturne. Ça vaut toujours le coup d'y jeter un œil.
  6. Pulp's Comics : juste en face se trouve une boutique spécialisée dans les comics, autant d'import que traduits. C'est très bien tenu, parfaitement rangé, les commerçants sont avenants et prompts à vous renseigner, bref je n'ai que du bien à en dire... si ce n'est que je préfère Album Comics, pour de stupides raisons de préexistence historique. J'y vais quand ils n'ont pas ce que je cherche en face, ça arrive, et je n'ai jamais regretté.
  7. Album BD : ici vous trouverez le franco-belge, si ces choses vous intéressent. La boutique est vaste et avenante, les vendeurs prévenants, les albums bien exposés et mis en avant et il n'est pas rare d'y trouver un artiste venu dédicacer. 
  8. Metaluna : un poil plus loin dans la rue, vous tomberez sur cette emblématique boutique portée sur le cinéma bis, avec sa vitrine incroyable et ses rayonnages serrés à l'ancienne. J'y entre rarement, tant m'a passé le goût du DVD, mais c'est un endroit iconique de la culture geek parisienne, au point qu'ils y ont tourné la fin de l'épisode 11 de Chroma.
  9. Pulp's Toys : juste en face se tient cette boutique à l'enseigne prometteuse portant sur les jouets. Malheureusement, l'époque étant ce qu'elle est, elle ne contient plus que du merch japonais ou coréen, à base de cartes à collectionner, de porte-clés et autres figurines Funko Pop! (qui sont vraiment aux geeks ce que les Tribbles sont au personnel de l'Enterprise !). Une curiosité peu intéressante actuellement, mais les modes changent et il faut rester aux aguets. Notez aussi l'existence un poil plus loin d'une boutique de mangas et de quelques bouquinistes hautement spécialisés (genre tirages de Tintin de 1924 à des prix dont vous n'avez pas idée), qui sont à mon avis de peu d'intérêt. Il est temps de quitter la rue Dante : rebroussez chemin, prenez à droite boulevard Saint-Germain et rendez-vous dans la petite rue Serpente, un peu plus loin.
  10. Boulinier : vous passerez tout près du Boulinier de la rue Saint-Michel, pour lequel vous n'aurez qu'un regard de dédain. Cette enseigne naguère florissante et prodigue de bonnes affaires a rétréci sa cible et ne propose plus grand-chose aux geeks de passage. Passez votre chemin. 
  11. Aapoum Bapoum 2 : et oui, il y en a un autre, beaucoup plus caché, et beaucoup mieux fourni. Ici aussi vous trouverez de tout à tous les prix, mais cette fois il y a aussi du manga et du comics d'import, empilés dans un capharnaüm agréable et bon enfant. Une adresse moins connue mais très intéressante.
  12. Warhammer : tant que vous êtes dans le coin, profitez-en pour baver devant la vitrine de cette boutique, ex-Game Workshop. Ils proposent d'ailleurs des soirées découverte, je n'ai pas encore franchi le pas mais je compte bien un jour tester l'aventure du wargame crypto-fasciste.
  13. Gibert - Librairie générale : si vous aimez le peuple et les livres, l'arrêt est bien entendu obligatoire dans une des plus grandes bouquineries de la capitale. Gibert est une institution, avec cinq étages de rayonnages sur tous les thèmes et les célèbres bandeaux jaunes indiquant les nombreuses occasions. 
  14. Gibert - BD : il y a plusieurs boutiques dans le coin, dont la petite dernière est entièrement dédiée à la romance de fantasy (paraît que c'est un genre à part entière maintenant), mais le geek averti doit naturellement s'attarder dans l'officine spécialisée dans la bande dessinée. BD et comics au sous-sol, jeunesse au rez-de-chaussée, franco-belge auteurisant au premier et mangas au second, vous avez de quoi attaquer bien des collections à moindres frais. Et remplir votre sac avant de rentrer tranquillement chez vous, alourdi par les résultats de votre quête. 

 

Le cœur vibrant de la ville.

 

16 janvier 2026

E pluribus unum

 


J'ai récemment vu la série Plur1bus, dont tout Internet parle en ce moment (enfin... les critiques de séries en tout cas), et c'est vachement bien. 

Sans trop spoiler, l'humanité capte un message venu des étoiles qui va modifier une très large part de ses représentants, leur conférant une conscience collective. Est-ce le début d'une nouvelle ère de bonheur et de félicité, ou la fin de l'humanité ? 

La série est tout le contraire d'une série d'invasion à la V, elle est calme, lente, se focalise sur peu de personnages. En outre elle est assez osée dans sa réalisation : il y a peu de dialogues, des séquences entières sont dans d'autres langues*... bref, c'est intéressant, ça soulève plein de questions subtiles sans en avoir l'air, l'acting est excellent et on retrouve bien la patte de Vince Gilligan, l'auteur de Breaking Bad et Better Call Saul (une bonne partie est d'ailleurs filmée à Albuquerque). Un petit événement à ne pas manquer, même si on a un peu le temps avant la saison 2, apparemment... 

* Oui, c'est très osé pour une série moderne, où tout doit être expliqué trois fois pour que les gens puissent suivre l'épisode sans lâcher leur smartphone.  

14 janvier 2026

Who you gonna call?


 

Vous êtes face à la bombe. Des câbles en sortent d'un peu partout, tous identiques, et de l'autre côté du talkie-walkie, votre partenaire doit couper le même que vous. Vous sentez la tension ? Bon, rajoutez des petits animaux mignons et une ambiance gentiment cartoon. Vous sentez la tension qui reste exactement au même niveau ?


 

Nous avions découvert Bomb Busters lors du salon d'Essen, l'an dernier, et ça sentait déjà le futur hit. Sans surprise, il a emporté le Spiel des Jahres (le grand prix du salon) 2025, et il faut reconnaître que c'est un des jeux coop familiaux les plus funs auxquels j'aie joué. Vous avez devant vous un certain nombre de câbles, représentés par des petites languettes de carton. Sur chaque languette, un chiffre. Le but : déterminer lequel de votre adversaire a la languette avec le même nombre, et où elle se trouve sur son petit présentoir. Le jeu mêle logique, stratégie et rigolade, avec juste le degré de tension pour s'amuser sans s'engueuler. Les parties dépassent rarement la demi-heure, et ne se répètent jamais grâce à un système de missions ajoutant plein de petite variations stimulantes. Une pépite que je conseille sans hésiter.

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Ah sinon fin 2025, le grand Peter Rustemeyer présentait une nouvelle mini-extension de Paleo, que je me suis fait rapporter d'Essen par une connaissance. Cette fois pas de module mais de nouvelles cartes Secret (ce qui est finement sous-entendu par le nom de l'extension, The New Secrets), qui apportent un peu plus d'aléatoire dans un jeu qui n'en manquait déjà pas. On a testé, c'est très cool, tuer le bébé mammouth reste vivement déconseillé, il est possible de recruter des cuisiniers qui buffent notre tribu et on peut même apprivoiser un bébé lion (ce qui est une très mauvaise idée dans la vraie vie mais très cool ici). 

12 janvier 2026

I'm the Walrus

 

Ce fut un week-end riche en galettes et fort froid, deux raisons qui me laissent assez somnolent en ce dimanche soir où je dois produire un post pour le début de la semaine... Alors comme j'ai un peu rejoué à Don't Starve récemment, j'ai dessiné un MacTusk vite fait.

MacTusk est une espèce de morse chasseur qui apparaît uniquement en hiver, et qui se promène autour de son igloo avec son fils et deux chiens de glace. Il n'est pas exactement difficile à vaincre (oui, il est hostile, comme à peu près tout dans Don't Starve) et peut droper deux ressources essentielles à votre partie : sa défense qui permet de fabriquer la canne de marche (qui vous accélère) et son chapeau, le tam o' shanter, meilleur couvre-chef du jeu (qui vous tient chaud et augmente votre santé mentale). 

Voilà voilà... il fait froid en ce moment, méfiez-vous des morses. 

09 janvier 2026

Ça est étrange

 


Deux séries viennent de se terminer, qui ne manquent pas de points communs : la première saison de It - Welcome to Derry et la dernière saison de Stranger Things.


Commençons par le prequel de It, célèbre adaptation du roman de Stephen King qui a (très littéralement) traumatisé toute une génération avec son clown tueur. Welcome to Derry entend proposer une série d'anthologie, avec des saisons se situant à différentes époques avec différents protagonistes, et la première nous transporte dans les années 1960. On suit une petite bande de gamins encore moins bien lotis que le futur club des Losers, qui vont devoir affronter une résurgence de Ça, l'entité maléfique vivant sous leur ville (et qu'en bon fan de Lovecraft j'appellerai plutôt les Lumières Mortes, un nom qui lui sied). 

La série a des atouts à faire valoir : déjà, une esthétique travaillée, directement héritée des adaptations récentes du roman par Andy Muschietti, qui orchestre la série. Les effets sont impressionnants, le clown Pennywise terrifiant et les décors comme les costumes sont au poil. L'ambiance malsaine est également au rendez-vous, notamment à travers les différentes hallucinations induites par Ça, qui sont proprement terrifiantes, souvent originales et qui n'épargnent vraiment, mais alors vraiment pas les gosses. On a en outre une vraie volonté de s'inscrire dans l'univers de Stephen King, avec notamment la présence de Dick Hallorann, personnage récurrent qui intervient notamment dans The Shining.

Mais des points faibles sont aussi présents : l'intrigue principale avec les militaires est cousue de fil blanc et reprend un trope complètement dépassé aujourd'hui (un militaire veut faire de Ça une arme au service des États-Unis, paye ton idée de génie), tous les acteurs ne sont pas au cordeau (notamment chez les gamins) et, surtout, tout ça ressemble beaucoup à ce qui arrive dans le roman, vingt-sept ans plus tard. En outre, et c'est terriblement ironique, de nombreuses scènes font penser à Stranger Things, série qui s'inspire ouvertement des romans et adaptations de King, ce qui donne l'impression que l'original arrive après la copie. 

Rien de tout cela ne gâche la série, qui reste bien supérieure au deuxième volet du It de Muschietti, mais ça reste toutefois à réserver aux spectateurs avertis (parce que ça tranche). 


Et puisqu'on en parle, la dernière saison de Stranger Things est enfin sortie. Et il faut qu'on l'évoque, évidemment, parce qu'on est quand même sur un blog de geeks.

Déjà, on ne va pas se voiler la face : Stranger Things est une série qui a été conçue comme une pompe à fric, surfant sur la nostalgie des années 1980. C'est totalement assumé dès la saison 1, on est dans le fan service léché, travaillé, ciselé, mais le fan service tout de même. Cette dernière saison ne fait que confirmer ce statut : la série n'a pas grand-chose à dire, ce n'est pas une réflexion sur le mal et la corruption genre Les Soprano ou Breaking Bad, c'est une série pop-corn très bien réalisée. Ne lui en demandons pas plus. 

Chaque saison a ses qualités et ses défauts (en dehors de la première qui reste impressionnante aujourd'hui), mais à mesure que le temps a passé, on a pu se rendre compte du principal souci : les scénaristes ne veulent tuer personne. En clair, plus vous êtes dans la série depuis longtemps, moins vous avez de risques de mourir, ce qui génère deux problèmes :

  • d'une part, ça tue les enjeux : allez donc faire croire qu'un perso est en danger dans ces cas-là (c'est d'ailleurs pourquoi la scène dite « de Kate Bush » a autant marqué dans la saison 4 : pour la première fois depuis longtemps, un personnage principal semblait réellement en danger de mort) ;
  • d'autre part, ça fait qu'au fil des saisons s'accumulent des personnages dont on ne sait plus que faire. Ainsi dans cette saison 5, Mike, Joyce, Hopper, Lucas et pas mal d'autres ne font que bouffer du temps d'antenne qui nous empêche de profiter davantage de Steve, Dustin, Robin et Max, sans conteste les meilleurs personnages*.

En outre, la série souffre clairement de sa durée de tournage puisque les acteurs ont pris dix ans quand ils auraient dû ne vieillir que de cinq, ce qui perturbe profondément l'appréhension des scènes. J'ajoute que certains (notamment Millie Bobby Brown) semblent avoir perdu leur talent en route, ce qui est un peu triste mais surtout pas très bon pour le peu d'attachement qu'on avait encore pour leur personnage.

Parallèlement, les nouveaux venus, notamment enfants (en l'occurrence Holly et, dans une moindre mesure, Derek) brillent au contraire par leur jeu et leur importance dans l'intrigue. Comme quoi tuer quelques personnages dans les saisons précédentes aurait sans doute aidé à maintenir le niveau.

Tout ceci étant dit, au final, est-ce que la saison 5 est décevante ? Franchement non. Ça traîne un peu en longueur, c'est un peu bavard et il y a des facilités scénaristiques éculées, mais le final est cool, l'anticlimax bien fichu, et l'épilogue, quoiqu'un peu long, tout à fait satisfaisant, avec un vrai faux twist bien ficelé qui fait parler les fans sur les forums**. Le dernier épisode dure deux heures mais est un vrai plaisir, et il conclut très honorablement ce qui restera dans les mémoires comme une curiosité des années 2010. Maintenant il serait temps de passer à autre chose et de laisser les eighties à leur place, dans le passé***. 

* Et les meilleurs comédiens, en particulier Sadie Sink (Max) qui surfe à des kilomètres au-dessus de ses potes en termes d'acting.

** En gros, il y a un twist de type Inception, genre on ne sait pas si A ou B. Et franchement on s'en fiche, l'intérêt même de ce type de final est qu'il reste indécidable, chacun peut ainsi préférer croire ce que bon lui semble. Je note toutefois que l'épilogue porte également sur la notion d'histoire (comme le faisait celui de la série Game of Thrones), mais c'est ici totalement cohérent avec les thématiques de la série et l'hommage aux histoires des années 1980 (donc pas du tout comme la série Game of Thrones), donc moi ça me convient très bien.

*** Ce que ne comptent évidemment pas faire les showrunners, qui ont déjà annoncé un spin-off en animation supposé s'inspirer des dessins animés des années 1980 (et rien qu'à voir les premières images, ils ont tapé complètement à côté, vu que ça ressemble plus à Arcane qu'à G.I. Joe). 

07 janvier 2026

Röki & Roll

 

La petite Tove n'a pas de chance. Non seulement son père la néglige depuis que sa mère est morte, mais en prime une espèce d'immense troll vient de détruire leur maison et d'enlever son petit frère. Bon, chez nous ce serait horrible, mais en Laponie on appelle ça un jeudi...

Avant les vacances, nous avons donc lancé Röki, un point & click qui traînait dans mon backlog. Nous y incarnons la petite Tove qui va partie à la recherche de son frangin Lars, enlevé par la reine des Neiges (pas Elsa, hein, plutôt la version Andersen bien vénèr). Niveau mécanique, on est dans le point & click très classique, pas de grande originalité, vous récupérez des objets inattendus que vous utilisez de manière non moins inattendue pour obtenir des résultats tout aussi inattendus. Niveau ambiance, on est dans le conte de fées scandinave, dans tout ce que ça implique de froid, de mort, de glace, de fatalisme et d'enfants enlevés, voire décédés*. You know, for kids!

Sans être parfait techniquement, c'est quand même très joli.

Je ne vais pas vous raconter que c'est mon point & click préféré de tous les temps, il y a quelques longueurs, mais l'histoire est plutôt prenante, et il parvient à bien raconter ce qu'il veut nous dire. Les métaphores sont fortes et fonctionnent, et la conclusion a tout de même réussi à m'émouvoir un brin. Une bonne aventure à faire en famille au coin du feu, avec un bon chocolat chaud, tandis qu'il neige dehors (ce qui est plus ou moins le cas au moment où j'écris ces lignes). 

* Quand je chantais encore dans une chorale, nous avions consacré toute une année aux chants de Noël du Grand Nord, et la thématique « Dors, petit enfant, dans cette neige qui te fait une couverture, maintenant que tu es mort, tu es heureux » revenait un nombre assez alarmant de fois.

05 janvier 2026

... et bonne année !

Durant les fêtes, ma maman est venue nous rendre visite, ce qui a permis pas mal de sorties.


Et encore, je ne parle pas des autres expos, des films, des repas avec les copains, de l'enregistrement de La Dernière à laquelle nous avons pu assister... C'était de chouettes vacances, joyeuses et reposantes, rendant ce jour de rentrée particulièrement peu engageant. 

Mais bon, c'est comme ça, donc je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2026 (même si elle n'a pas perdu de temps pour partir en vrille au niveau international). Je ne prends plus de résolutions parce que ça ne sert pas à grand-chose, mais bon, vous connaissez le secret du sens de la vie, hein : essayez d'être gentils avec les gens, évitez de manger gras, lisez un bon livre de temps en temps, marchez un peu, et essayer de vivre en paix et en harmonie avec les peuples d'autres croyances et nations. Rien d'inaccessible.