Ex nihilo Neil

30 janvier 2026

Bravo les Brothers !

 

L'important sur cette image, c'est la partie en bas à droite.


Récemment, je me baladais entre les étals d'un célèbre bouquiniste parisien et je suis tombé sur l'album Panade à Champignac en occasion, que je guettais depuis longtemps. Et si je cherchais cette BD de Spirou et Fantasio, ce n'était pas pour l'histoire éponyme.

En effet, l'album Panade à Champignac est constitué pour une bonne moitié d'une histoire mettant en scène nos héros avec un Zorglub retombé en enfance, qui est amusante et bien fichue mais également annonciatrice de la dépression que traversait Franquin à l'époque. Les héros sont tournés en ridicule, l'intrigue absurde, le nihilisme présent, et c'est très bien... mais l'album contient surtout une autre histoire, Bravo les Brothers. Et là on passe à autre chose.

Bravo les Brothers se résume très facilement avec la vignette suivante :

Gaston offre trois chimpanzés dressés à Fantasio. L'hilarité s'ensuit.

Et oui, hilarité. Je pense très sincèrement que cette BD est un des sommets de l'œuvre de Franquin. C'est une des rares qui mêlent les univers de Spirou et de Gaston*, et celle qui le fait le plus magistralement. On sent que Franquin n'en peut plus des aventures du groom et qu'il souhaite se consacrer à temps plein à son héros sans emploi. L'intrigue ne laisse aucun doute : on est dans une aventure officielle de Spirou et Fantasio, mais c'est bien le petit monde de la rédaction qui est mis sens dessus-dessous ; on retrouve Prunelle**, Lebrac, Mamoiselle Jeanne, Boulier, M. De Mesmaeker... tous des piliers de l'univers gastonesque qui commence à bien prendre forme. 

Visuellement, c'est virtuose. Il n'y a pas une case à jeter : tout est mouvement, expression, enchaînement,  Franquin ne rate pas un trait, et les chimpanzés eux-mêmes, notamment, sont stupéfiants d'expressivité, avec une gestuelle particulièrement bien retranscrite, et trois caractères très affirmés sans jamais prononcer un seul mot. 

Mais regardez-moi la composition parfaite de cette case.
Où que vous posiez les yeux, votre regard est attiré sur la zone suivante.

 

C'est même relativement important pour le lore***, puisque cette BD marque la première apparition de Noé, le dresseur d'animaux misanthrope que l'on retrouvera plus tard dans les aventures du Marsupilami (le maître de Mars le noir, notamment). 

Bref, Bravo les Brothers, c'est une perle, dont je conseille la lecture à tous les fans de BD franco-belge et à tous ceux qui souhaitent un jour dessiner quelque chose de correct. Une masterclass, comme disent les jeunes.

* Avec, que je sache, La Foire aux gangstersLes Robinsons du rail et, dans une certaine mesure, le début de Panade à Champignac

** Prunelle qui est un personnage important pour moi puisque c'est sûrement le seul personnage de fiction secrétaire de rédaction. C'est mon métier, secrétaire de rédaction. 

*** Si tant est que le lore de Spirou, de Gaston et du Marsu vous intéresse. 



 

28 janvier 2026

Tournoi de puzzles

 

Le saviez-vous ? Bij et moi (enfin, surtout Bij, mais moi aussi un peu quand même) on adore les puzzles. Au point que le week-end dernier, nous avons rejoint sa sœur pour un séjour familial et un petit tournoi local organisé près de Pontarlier, dans le Doubs.

Eh ben on s'en est plutôt bien sorti, puisque Bij et sa sœur ont fini premières dans la catégorie 1 000 pièces, et Bij et moi troisièmes dans la catégorie 500 pièces. C'était cool et ça nous a permis de passer un beau week-end à la neige, que demander de plus ?

Le puzzle de 500 pièces, que nous avons fini trente secondes après
la sœur de Bij et sa coéquipière.

 
Le puzzle de 1 000 pièces, que les frangines ont terminé en 2h03.

26 janvier 2026

Le mal habite au 4

 

 

Ça y est, conformément à la tradition millénaire depuis cinq ans, j'ai fait mon Resident Evil de l'année, et cette fois ce fut le quatrième opus, considéré comme un des meilleurs de la série et comme un des meilleurs jeux vidéo tout court d'ailleurs, tant il a réinventé le genre du survival horror en ajoutant une grosse composante action. Et c'était effectivement super.

Dans RE4, vous incarnez Leon Kennedy (le héros du deuxième), flic très spécial envoyé pour sauver la fille du président des États-Unis qui a été enlevée par une secte maléfique qui fait des expériences secrètes dans la cambrousse espagnole, et... oui, on va pas se mentir, le scénario c'est vraiment pas le point fort des Resident Evil. Enfin, d'un certain point de vue, parce que c'est objectivement hilarant de nanardise. Le héros solitaire et plus ténébreux qu'un sac de charbon, la greluche à sauver (qui a été nettement améliorée dans le remake*, dans l'original c'était vraiment une gourde qui passait son temps à hurler), l'agente spéciale Ada Wong qui débarque de nulle part en prenant la pose, le rigolo de service Luis qui meurt après rédemption tandis que le héros lui allume sa clope... et je ne parle même pas des méchants.

Vous allez en buter, du péquenaud hispanique.

Bref, chaque cinématique est un grand moment de rigolade**. Le reste du jeu est toujours nickel, avec de l'action, de la « réflexion » (jamais bien méchante), des clés à trouver pour ouvrir des passages en slalomant entre les zombis / paysans / créatures fongiques, des boss avec des points faibles évidents (visez les yeux, en général ils sont très gros, orange et pas du tout sur le visage, c'est facile), et plein d'armes différentes (mais je m'en sors généralement avec un pistolet, un fusil à pompe et un fusil de sniper, c'est largement suffisant).

 

Ah oui, y a lui aussi, le marchand qu'on croise à tous les coins de couloir, 
y compris dans les endroits les plus incongrus.
 

Vous avez peut-être remarqué que dans les jeux modernes, on se donne beaucoup de mal pour justifier toutes les petites contingences de gameplay dans l'intrigue. Eh bien Resident Evil, pour sa part, n'en a rien à braire. Les gars de chez Capcom assument complètement que vous jouez à un jeu vidéo, que vous savez que vous jouez à un jeu vidéo et que vous n'avez pas besoin de tout justifier. Donc oui, y a des quêtes secondaires où il faut détruire des médaillons bleus planqués un peu partout, y a du tir au pigeon pour gagner des bonus, y a un marchand qui se téléporte, y a des corbeaux qui dropent des émeraudes quand on les tue, et plein d'autres absurdités qu'on ne va pas s'emmerder à expliquer. Et c'est pas bien grave.

En tout cas voilà qui conclut mon rattrapage de la série (car le remake du 1 n'est pas ouf, et le 5 et le 6 sont considérés comme les canards boiteux de la série). Enfin, pour l'instant. Le 9 (Requiem) sort dans un mois, et je sais déjà que je le ferai un jour***.  

* Oui, car je joue aux remakes, qui sont sublimes, et en mode facile, parce que j'ai vraiment pas envie de me faire suer.  

** Et c'est encore mieux si vous essayez de relier l'intrigue avec celles des autres opus, tant le n'importe-quoi est grand, encore accentué par le côté très premier degré de la mise en scène. Maintenant que j'y ai joué, je réalise à quel point les films Resident Evil sont en fait des adaptations réussies dans une certaine mesure : des scénarios de nanar dans les deux cas. Sauf que les films n'ont pas un gameplay pour les sauver. 

*** D'autant qu'il semble annoncer un délire plus survival, avec une héroïne faible et démunie, ce qui change des gros bourrins genre Leon, Claire ou Jill... 

21 janvier 2026

Mouche des villes et rat des champs

 


Vous êtes une souris, de retour dans la forêt après la mort de vos parents, partis tenter leur chance à la mine. C'est l'hiver, votre ancienne maison est en ruine et votre seule famille encore vivante vient de se faire enlever par un hibou. Tout n'est-il pas réuni pour un jeu chill ?

Winter Burrow est un petit jeu « de survie », avec autant de guillemets que possible. Tous les ingrédients sont là : jauge de faim, jauge de froid, monde hostile, PNJ tristes voire désespérés... et pourtant Winter Burrow n'est pas difficile, pas du tout. On est plus sur une espèce de Don't Starve premier âge, idéal pour apprendre les rudiments du genre aux enfants, avec un patte graphique sublime de livre illustré et une belle histoire où on s'emploie à recréer du lien entre nos voisins dysfonctionnels. Bref, c'est beau comme tout, ça dure une dizaine d'heures et le seul reproche que je lui ferai est sa fin un peu abrupte. Idéal pour occuper les froides soirées d'hiver.



Vous êtes une mouche. Vous avez 80 secondes à vivre, et une liste de choses à faire avant de mourir. C'est parti.

Le concept de Time Flies est con comme la pluie, et rappelle d'ailleurs Untitled Goose Game, le plus célèbre des jeux à checklist. Vous vous baladez dans le niveau et vous interagissez avec ce que vous croisez, et parfois ça coche une des cases de votre bucket list. C'est tout bête, ça prend une heure et demie max et c'est si cool qu'on pardonne largement au jeu sa DA sur Paint (et encore, le Paint de Windows 95). Idéal pour occuper une froide soirée d'hiver, une seule, parce que c'est court.

19 janvier 2026

La tournée geek

 


Samedi dernier, j'ai été marcher en ville en suivant un parcours que je pratique assidûment depuis bien des années maintenant, et que j'appelle sobrement la tournée geek. 

Il s'agit de se tenir au courant des dernières sorties et de ne pas rater les bonnes occasions, surtout en ces lendemains de fête où tout le monde s'en va revendre aux bouquinistes ses cadeaux surnuméraires. Perso je me réserve quelques heures et je visite les échoppes dans l'ordre suivant :

  1.  L'Œuf Cube Sorbonne, anciennement boutique Descartes : magasin de jeux de société très bien achalandé, dont le rez-de-chaussée amusera vos cousins fans de Mille bornes. Mais au sous-sol, on attaque les vrais jeux sérieux, ainsi que les jeux de rôle, les puzzles et autres jeux d'enquête. On y vend même quelques fanzines communautaires et de la peinture pour figurines Warhammer. Les tenanciers savent de quoi ils parlent et épier les conversations des poilus du jeu de plateau qui fréquentent les lieux est un bon moyen d'orienter ses choix, ou de déguster de savoureuses anecdotes de grosbills.
  2. Album Toys : descendez la rue Saint-Jacques et à une portée de jet de pavé, vous trouverez la boutique Album dédiée au merchandising nippon. À vous les chapeaux de paille de Luffy, les traversins Rei Ayanami (« Non mais c'est pour dormir hein... ») et les figurines hors de prix dont le bon goût fera douter vos amis de l'opportunité de vous laisser garder leurs enfants. 
  3. Album Manga : traversez la rue et vous arrivez devant une petite boutique relativement récente dédiée aux illustrés nippons. Vous y trouverez à peu près tout ce que vous cherchez, en VF cependant, mais arrêtez d'essayer de faire croire que vous lisez le japonais, ça fait rire tout le monde.
  4. Album Comics : on attaque le dur, et mon principal repère (repaire ?) depuis plus de vingt ans. Album Comics, sis à l'angle de la rue Saint-Jacques et du boulevard Saint-Germain, propose à peu près tout ce qui sort aux États-Unis directement en importation (et oui, c'est là que j'achète mes albums du Energon Universe). En prime vous trouvez aussi toutes les traductions françaises, des figurines complètement ouf (dont en ce moment un gros revival de Maîtres de l'univers et de Transformers), du merch heroic-fantasy, SF, Disney et autres à des prix prohibitifs (si vous aimez Harry Potter, vous allez kiffer)... bref, c'est le paradis, et les vendeurs sont sympas et connaisseurs. Le pivot de la balade.
  5. Aapoum Bapoum : traversez le boulevard et pénétrez rue Dante, une des allées les plus geeks de la capitale. Ici, tout est fait pour vous, à commencez par Aapoum Bapoum, bouquiniste spécialisé dans la BD. On y trouve de tout à tous les prix, sous l'inquiétant regard d'un tenancier taciturne. Ça vaut toujours le coup d'y jeter un œil.
  6. Pulp's Comics : juste en face se trouve une boutique spécialisée dans les comics, autant d'import que traduits. C'est très bien tenu, parfaitement rangé, les commerçants sont avenants et prompts à vous renseigner, bref je n'ai que du bien à en dire... si ce n'est que je préfère Album Comics, pour de stupides raisons de préexistence historique. J'y vais quand ils n'ont pas ce que je cherche en face, ça arrive, et je n'ai jamais regretté.
  7. Album BD : ici vous trouverez le franco-belge, si ces choses vous intéressent. La boutique est vaste et avenante, les vendeurs prévenants, les albums bien exposés et mis en avant et il n'est pas rare d'y trouver un artiste venu dédicacer. 
  8. Metaluna : un poil plus loin dans la rue, vous tomberez sur cette emblématique boutique portée sur le cinéma bis, avec sa vitrine incroyable et ses rayonnages serrés à l'ancienne. J'y entre rarement, tant m'a passé le goût du DVD, mais c'est un endroit iconique de la culture geek parisienne, au point qu'ils y ont tourné la fin de l'épisode 11 de Chroma.
  9. Pulp's Toys : juste en face se tient cette boutique à l'enseigne prometteuse portant sur les jouets. Malheureusement, l'époque étant ce qu'elle est, elle ne contient plus que du merch japonais ou coréen, à base de cartes à collectionner, de porte-clés et autres figurines Funko Pop! (qui sont vraiment aux geeks ce que les Tribbles sont au personnel de l'Enterprise !). Une curiosité peu intéressante actuellement, mais les modes changent et il faut rester aux aguets. Notez aussi l'existence un poil plus loin d'une boutique de mangas et de quelques bouquinistes hautement spécialisés (genre tirages de Tintin de 1924 à des prix dont vous n'avez pas idée), qui sont à mon avis de peu d'intérêt. Il est temps de quitter la rue Dante : rebroussez chemin, prenez à droite boulevard Saint-Germain et rendez-vous dans la petite rue Serpente, un peu plus loin.
  10. Boulinier : vous passerez tout près du Boulinier de la rue Saint-Michel, pour lequel vous n'aurez qu'un regard de dédain. Cette enseigne naguère florissante et prodigue de bonnes affaires a rétréci sa cible et ne propose plus grand-chose aux geeks de passage. Passez votre chemin. 
  11. Aapoum Bapoum 2 : et oui, il y en a un autre, beaucoup plus caché, et beaucoup mieux fourni. Ici aussi vous trouverez de tout à tous les prix, mais cette fois il y a aussi du manga et du comics d'import, empilés dans un capharnaüm agréable et bon enfant. Une adresse moins connue mais très intéressante.
  12. Warhammer : tant que vous êtes dans le coin, profitez-en pour baver devant la vitrine de cette boutique, ex-Game Workshop. Ils proposent d'ailleurs des soirées découverte, je n'ai pas encore franchi le pas mais je compte bien un jour tester l'aventure du wargame crypto-fasciste.
  13. Gibert - Librairie générale : si vous aimez le peuple et les livres, l'arrêt est bien entendu obligatoire dans une des plus grandes bouquineries de la capitale. Gibert est une institution, avec cinq étages de rayonnages sur tous les thèmes et les célèbres bandeaux jaunes indiquant les nombreuses occasions. 
  14. Gibert - BD : il y a plusieurs boutiques dans le coin, dont la petite dernière est entièrement dédiée à la romance de fantasy (paraît que c'est un genre à part entière maintenant), mais le geek averti doit naturellement s'attarder dans l'officine spécialisée dans la bande dessinée. BD et comics au sous-sol, jeunesse au rez-de-chaussée, franco-belge auteurisant au premier et mangas au second, vous avez de quoi attaquer bien des collections à moindres frais. Et remplir votre sac avant de rentrer tranquillement chez vous, alourdi par les résultats de votre quête. 

 

Le cœur vibrant de la ville.

 

16 janvier 2026

E pluribus unum

 


J'ai récemment vu la série Plur1bus, dont tout Internet parle en ce moment (enfin... les critiques de séries en tout cas), et c'est vachement bien. 

Sans trop spoiler, l'humanité capte un message venu des étoiles qui va modifier une très large part de ses représentants, leur conférant une conscience collective. Est-ce le début d'une nouvelle ère de bonheur et de félicité, ou la fin de l'humanité ? 

La série est tout le contraire d'une série d'invasion à la V, elle est calme, lente, se focalise sur peu de personnages. En outre elle est assez osée dans sa réalisation : il y a peu de dialogues, des séquences entières sont dans d'autres langues*... bref, c'est intéressant, ça soulève plein de questions subtiles sans en avoir l'air, l'acting est excellent et on retrouve bien la patte de Vince Gilligan, l'auteur de Breaking Bad et Better Call Saul (une bonne partie est d'ailleurs filmée à Albuquerque). Un petit événement à ne pas manquer, même si on a un peu le temps avant la saison 2, apparemment... 

* Oui, c'est très osé pour une série moderne, où tout doit être expliqué trois fois pour que les gens puissent suivre l'épisode sans lâcher leur smartphone.  

14 janvier 2026

Who you gonna call?


 

Vous êtes face à la bombe. Des câbles en sortent d'un peu partout, tous identiques, et de l'autre côté du talkie-walkie, votre partenaire doit couper le même que vous. Vous sentez la tension ? Bon, rajoutez des petits animaux mignons et une ambiance gentiment cartoon. Vous sentez la tension qui reste exactement au même niveau ?


 

Nous avions découvert Bomb Busters lors du salon d'Essen, l'an dernier, et ça sentait déjà le futur hit. Sans surprise, il a emporté le Spiel des Jahres (le grand prix du salon) 2025, et il faut reconnaître que c'est un des jeux coop familiaux les plus funs auxquels j'aie joué. Vous avez devant vous un certain nombre de câbles, représentés par des petites languettes de carton. Sur chaque languette, un chiffre. Le but : déterminer lequel de votre adversaire a la languette avec le même nombre, et où elle se trouve sur son petit présentoir. Le jeu mêle logique, stratégie et rigolade, avec juste le degré de tension pour s'amuser sans s'engueuler. Les parties dépassent rarement la demi-heure, et ne se répètent jamais grâce à un système de missions ajoutant plein de petite variations stimulantes. Une pépite que je conseille sans hésiter.

*

* *

Ah sinon fin 2025, le grand Peter Rustemeyer présentait une nouvelle mini-extension de Paleo, que je me suis fait rapporter d'Essen par une connaissance. Cette fois pas de module mais de nouvelles cartes Secret (ce qui est finement sous-entendu par le nom de l'extension, The New Secrets), qui apportent un peu plus d'aléatoire dans un jeu qui n'en manquait déjà pas. On a testé, c'est très cool, tuer le bébé mammouth reste vivement déconseillé, il est possible de recruter des cuisiniers qui buffent notre tribu et on peut même apprivoiser un bébé lion (ce qui est une très mauvaise idée dans la vraie vie mais très cool ici). 

12 janvier 2026

I'm the Walrus

 

Ce fut un week-end riche en galettes et fort froid, deux raisons qui me laissent assez somnolent en ce dimanche soir où je dois produire un post pour le début de la semaine... Alors comme j'ai un peu rejoué à Don't Starve récemment, j'ai dessiné un MacTusk vite fait.

MacTusk est une espèce de morse chasseur qui apparaît uniquement en hiver, et qui se promène autour de son igloo avec son fils et deux chiens de glace. Il n'est pas exactement difficile à vaincre (oui, il est hostile, comme à peu près tout dans Don't Starve) et peut droper deux ressources essentielles à votre partie : sa défense qui permet de fabriquer la canne de marche (qui vous accélère) et son chapeau, le tam o' shanter, meilleur couvre-chef du jeu (qui vous tient chaud et augmente votre santé mentale). 

Voilà voilà... il fait froid en ce moment, méfiez-vous des morses. 

09 janvier 2026

Ça est étrange

 


Deux séries viennent de se terminer, qui ne manquent pas de points communs : la première saison de It - Welcome to Derry et la dernière saison de Stranger Things.


Commençons par le prequel de It, célèbre adaptation du roman de Stephen King qui a (très littéralement) traumatisé toute une génération avec son clown tueur. Welcome to Derry entend proposer une série d'anthologie, avec des saisons se situant à différentes époques avec différents protagonistes, et la première nous transporte dans les années 1960. On suit une petite bande de gamins encore moins bien lotis que le futur club des Losers, qui vont devoir affronter une résurgence de Ça, l'entité maléfique vivant sous leur ville (et qu'en bon fan de Lovecraft j'appellerai plutôt les Lumières Mortes, un nom qui lui sied). 

La série a des atouts à faire valoir : déjà, une esthétique travaillée, directement héritée des adaptations récentes du roman par Andy Muschietti, qui orchestre la série. Les effets sont impressionnants, le clown Pennywise terrifiant et les décors comme les costumes sont au poil. L'ambiance malsaine est également au rendez-vous, notamment à travers les différentes hallucinations induites par Ça, qui sont proprement terrifiantes, souvent originales et qui n'épargnent vraiment, mais alors vraiment pas les gosses. On a en outre une vraie volonté de s'inscrire dans l'univers de Stephen King, avec notamment la présence de Dick Hallorann, personnage récurrent qui intervient notamment dans The Shining.

Mais des points faibles sont aussi présents : l'intrigue principale avec les militaires est cousue de fil blanc et reprend un trope complètement dépassé aujourd'hui (un militaire veut faire de Ça une arme au service des États-Unis, paye ton idée de génie), tous les acteurs ne sont pas au cordeau (notamment chez les gamins) et, surtout, tout ça ressemble beaucoup à ce qui arrive dans le roman, vingt-sept ans plus tard. En outre, et c'est terriblement ironique, de nombreuses scènes font penser à Stranger Things, série qui s'inspire ouvertement des romans et adaptations de King, ce qui donne l'impression que l'original arrive après la copie. 

Rien de tout cela ne gâche la série, qui reste bien supérieure au deuxième volet du It de Muschietti, mais ça reste toutefois à réserver aux spectateurs avertis (parce que ça tranche). 


Et puisqu'on en parle, la dernière saison de Stranger Things est enfin sortie. Et il faut qu'on l'évoque, évidemment, parce qu'on est quand même sur un blog de geeks.

Déjà, on ne va pas se voiler la face : Stranger Things est une série qui a été conçue comme une pompe à fric, surfant sur la nostalgie des années 1980. C'est totalement assumé dès la saison 1, on est dans le fan service léché, travaillé, ciselé, mais le fan service tout de même. Cette dernière saison ne fait que confirmer ce statut : la série n'a pas grand-chose à dire, ce n'est pas une réflexion sur le mal et la corruption genre Les Soprano ou Breaking Bad, c'est une série pop-corn très bien réalisée. Ne lui en demandons pas plus. 

Chaque saison a ses qualités et ses défauts (en dehors de la première qui reste impressionnante aujourd'hui), mais à mesure que le temps a passé, on a pu se rendre compte du principal souci : les scénaristes ne veulent tuer personne. En clair, plus vous êtes dans la série depuis longtemps, moins vous avez de risques de mourir, ce qui génère deux problèmes :

  • d'une part, ça tue les enjeux : allez donc faire croire qu'un perso est en danger dans ces cas-là (c'est d'ailleurs pourquoi la scène dite « de Kate Bush » a autant marqué dans la saison 4 : pour la première fois depuis longtemps, un personnage principal semblait réellement en danger de mort) ;
  • d'autre part, ça fait qu'au fil des saisons s'accumulent des personnages dont on ne sait plus que faire. Ainsi dans cette saison 5, Mike, Joyce, Hopper, Lucas et pas mal d'autres ne font que bouffer du temps d'antenne qui nous empêche de profiter davantage de Steve, Dustin, Robin et Max, sans conteste les meilleurs personnages*.

En outre, la série souffre clairement de sa durée de tournage puisque les acteurs ont pris dix ans quand ils auraient dû ne vieillir que de cinq, ce qui perturbe profondément l'appréhension des scènes. J'ajoute que certains (notamment Millie Bobby Brown) semblent avoir perdu leur talent en route, ce qui est un peu triste mais surtout pas très bon pour le peu d'attachement qu'on avait encore pour leur personnage.

Parallèlement, les nouveaux venus, notamment enfants (en l'occurrence Holly et, dans une moindre mesure, Derek) brillent au contraire par leur jeu et leur importance dans l'intrigue. Comme quoi tuer quelques personnages dans les saisons précédentes aurait sans doute aidé à maintenir le niveau.

Tout ceci étant dit, au final, est-ce que la saison 5 est décevante ? Franchement non. Ça traîne un peu en longueur, c'est un peu bavard et il y a des facilités scénaristiques éculées, mais le final est cool, l'anticlimax bien fichu, et l'épilogue, quoiqu'un peu long, tout à fait satisfaisant, avec un vrai faux twist bien ficelé qui fait parler les fans sur les forums**. Le dernier épisode dure deux heures mais est un vrai plaisir, et il conclut très honorablement ce qui restera dans les mémoires comme une curiosité des années 2010. Maintenant il serait temps de passer à autre chose et de laisser les eighties à leur place, dans le passé***. 

* Et les meilleurs comédiens, en particulier Sadie Sink (Max) qui surfe à des kilomètres au-dessus de ses potes en termes d'acting.

** En gros, il y a un twist de type Inception, genre on ne sait pas si A ou B. Et franchement on s'en fiche, l'intérêt même de ce type de final est qu'il reste indécidable, chacun peut ainsi préférer croire ce que bon lui semble. Je note toutefois que l'épilogue porte également sur la notion d'histoire (comme le faisait celui de la série Game of Thrones), mais c'est ici totalement cohérent avec les thématiques de la série et l'hommage aux histoires des années 1980 (donc pas du tout comme la série Game of Thrones), donc moi ça me convient très bien.

*** Ce que ne comptent évidemment pas faire les showrunners, qui ont déjà annoncé un spin-off en animation supposé s'inspirer des dessins animés des années 1980 (et rien qu'à voir les premières images, ils ont tapé complètement à côté, vu que ça ressemble plus à Arcane qu'à G.I. Joe). 

07 janvier 2026

Röki & Roll

 

La petite Tove n'a pas de chance. Non seulement son père la néglige depuis que sa mère est morte, mais en prime une espèce d'immense troll vient de détruire leur maison et d'enlever son petit frère. Bon, chez nous ce serait horrible, mais en Laponie on appelle ça un jeudi...

Avant les vacances, nous avons donc lancé Röki, un point & click qui traînait dans mon backlog. Nous y incarnons la petite Tove qui va partie à la recherche de son frangin Lars, enlevé par la reine des Neiges (pas Elsa, hein, plutôt la version Andersen bien vénèr). Niveau mécanique, on est dans le point & click très classique, pas de grande originalité, vous récupérez des objets inattendus que vous utilisez de manière non moins inattendue pour obtenir des résultats tout aussi inattendus. Niveau ambiance, on est dans le conte de fées scandinave, dans tout ce que ça implique de froid, de mort, de glace, de fatalisme et d'enfants enlevés, voire décédés*. You know, for kids!

Sans être parfait techniquement, c'est quand même très joli.

Je ne vais pas vous raconter que c'est mon point & click préféré de tous les temps, il y a quelques longueurs, mais l'histoire est plutôt prenante, et il parvient à bien raconter ce qu'il veut nous dire. Les métaphores sont fortes et fonctionnent, et la conclusion a tout de même réussi à m'émouvoir un brin. Une bonne aventure à faire en famille au coin du feu, avec un bon chocolat chaud, tandis qu'il neige dehors (ce qui est plus ou moins le cas au moment où j'écris ces lignes). 

* Quand je chantais encore dans une chorale, nous avions consacré toute une année aux chants de Noël du Grand Nord, et la thématique « Dors, petit enfant, dans cette neige qui te fait une couverture, maintenant que tu es mort, tu es heureux » revenait un nombre assez alarmant de fois.

05 janvier 2026

... et bonne année !

Durant les fêtes, ma maman est venue nous rendre visite, ce qui a permis pas mal de sorties.


Et encore, je ne parle pas des autres expos, des films, des repas avec les copains, de l'enregistrement de La Dernière à laquelle nous avons pu assister... C'était de chouettes vacances, joyeuses et reposantes, rendant ce jour de rentrée particulièrement peu engageant. 

Mais bon, c'est comme ça, donc je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2026 (même si elle n'a pas perdu de temps pour partir en vrille au niveau international). Je ne prends plus de résolutions parce que ça ne sert pas à grand-chose, mais bon, vous connaissez le secret du sens de la vie, hein : essayez d'être gentils avec les gens, évitez de manger gras, lisez un bon livre de temps en temps, marchez un peu, et essayer de vivre en paix et en harmonie avec les peuples d'autres croyances et nations. Rien d'inaccessible.